S’il y a bien un jeu qui m’a fait mariner pendant de longues années, c’est sans aucun doute Biomutant. Annoncé en 2017 prévu pour 2018, c’est finalement en 2021 qu’il eut enfin le droit à sa sortie sur PC et la génération précédente de console. Je n’en avais pas parlé l’an passé, on corrige cela avec la mise à jour « newgen » dispo depuis quelques jours. Même si tout n’est pas parfait, la production de 101 Experiment et éditée par THQ Nordic est fun.
Biomutant nous place dans un univers post-apo où l’humanité n’existe plus. Seuls persistent encore quelques boules de poils ayant subits des mutations en tout genre à coup de radiations j’en passe et des meilleurs. L’arbre vie a pour rôle d’équilibrer et maintenir le peu de vie restante, mais quatre mange-mondes s’attaquent à ces racines et menacent la planète. On incarne une de ces bestioles ayant vécu quelque peu exclues du monde, une sorte d’élu désigné pour anéantir les mange-mondes et décider ensuite du sort de l’arbre vie. Mais la première étape consiste d’abord à se créer son propre avatar avec une classe ayant comme conséquence les stats et armements de base en plus de son skin.
On découvre un monde intrigant et plaisant incluant même des langages créés pour l’occasion et énormément de choix scénaristiques impactant directement le monde dans lequel on se trouve aussi bien que notre Karma où chaque action est commentée par le narrateur, la petite voix off qui nous raconte l’histoire. L’univers post-apo de Biomutant est coloré, travaillé et peuplé d’innombrables bestioles en tout genre et PNJ de tout horizon. La direction artistique est réussie et fait mouche, accompagnée par une bande-son efficace et un doublage intégral dans notre langue (côté narrateur, UI, ST, etc.). L’ambiance est décalée, avec des situations loufoques faisant lâcher un sourire régulièrement. Le bestiaire suit la même lignée avec des créatures aussi belles que moches par moment.
Une nouvelle mutation pour notre héros
La mouture Playstation 5 fait passer le titre de 101 Experiment un bon cran au-dessus. On dispose de trois presets graphiques : performance, graphique, et un dernier essayant de joindre les deux mondes une définition 4K couplée à un framerate non lock et c’est sur ce mode que j’ai fait la majorité de mon second run. L’image a gagné en netteté, le popping présent sur PS4 est bien amoindri et l’aliasing sur le pelage par exemple a fortement réduit aussi. Même dans ce preset, le nombre d’images par seconde tient le coup. Certes, on n’est surement pas aussi stable/constant que le mode performance, mais il permet d’allier confortablement la définition d’image, preset et une certaine fluidité. Les chargements via les SSD sont plus que réduits encore une fois. On sent une vraie progression face au jeu sur PS4/One.
Kungfu Tanuki
Le gameplay de Biomutant offre une prise en main aisée une fois qu’on a apprivoisé la bête. On dispose d’une attaque au corps à corps, à distance, d’une esquive et du blocage. Tirer en esquivant déclenche une sorte de bullet time façon film d’action. L’armement est varié, et la présence de quelques capacités et pouvoirs spéciaux enrichit quelque peu la formule. Certes, l’inertie du personnage, et les hitboxes parfois étranges nécessitent un chouia d’adaptation, mais l’assimilation ne demande que deux ou trois bastons à tout casser pour avoir en main le bestiau. À côté de l’explo et des affrontements, quelques variations de gameplay apparaissent comme des QTE ou même des missions dans un gros mecha de combat ou encore des énigmes / puzzles à résoudre en un certain temp / nombre d’essai. Basique, classique, mais efficace.
Syndrome Open World
Le monde proposé est plaisant à voir, le contexte et la DA font le boulot, le gameplay bien que majoritairement classique remplit son office. Quid du contenu ? Comme beaucoup de mondes ouverts de ces dernières années, Biomutant est impacté par les mêmes maux. Ce n’est pas foncièrement un reproche, mais cela implique de la redondance notamment dans la structure de la progression et/ou des objectifs. On arpente cet univers avec comme but de libérer (ou détruire) l’arbre monde en se débarrassant d’abord des quatre mange-mondes.
Avant de s’attaquer à chacun d’entre eux, on suit une ligne directrice plus ou moins similaire passant par la découverte d’un nouvel accessoire, la prise de position dans une lutte de territoire entre des clans afin qu’il n’en reste qu’un, etc. Vous avez fait Far Cry 5 ou 6 ? Vous voyez alors de quoi je parle. Le monde regorge de contenu annexe que cela soit des quêtes additionnelles données par des PNJ, des lieux à explorer, de la gestion de clan avec 6 gangs présents et j’en passe. Compter aux alentours de 20 h pour voir le bout du titre.
La dimension RPG prend vraiment son sens en difficulté haute. On ne rencontre pas de réel problème en normal ce qui ne nous force pas à creuser le système de compétence ou de crafts à son plein potentiel. Le choix d’amélioration n’impacte pas réellement l’expérience non plus dès qu’on ne pousse pas les curseurs côté difficulté.
Biomutant est original que cela soit sa direction artistique ou son univers. La liberté laissée pour l’évolution du monde, le choix final même ou le système de Karma est efficace. Il est certes loin d’être parfait avec notamment les défauts inhérents aux mondes ouverts ou encore son gameplay ne semblant pas novateur, mais sa direction artistique, son monde déjanté, sa dimension RPG complète (si on joue le jeu) ou encore sa technique à présent sur les dernières consoles en font un titre plaisant à jouer et assez fun. Disponible en plus à présent à petit prix (39,99 e voir moins via une version ancienne gen d’occaz et MAJ gratuite), Biomutant est un titre qui devrait facilement trouver preneur dès que vous n’êtes pas allergique aux mondes ouverts.