J’ai une petite attirance pour toutes les productions estampillées Prime Matter, le label d’édition Koch Media renommé récemment Plaion et jusqu’à présent je ne me suis pas trompé. Il était donc tout logique que je lorgne sur The Last Oricru avec sa DA fantasy et futuriste dans un RPG aux influences oldschool et un gameplay exigeant. Sortant aujourd’hui (en numérique uniquement), je vous propose un avis tout chaud en provenance de la planète Wardenia.
Le début de l’aventure nous laisse totalement dans le flou. Notre avatar, Silver, a une vision. Il se trouve enfermé dans une capsule spatiale et voit un alien s’approcher armé d’une lame tué une personne avant de nous mettre nous aussi à mort avant qu’on se « réveille » face à une créature étrange dans une place forte. On est totalement perdu, comme Silver, se demandant comment on est arrivé ici, qui sont ces créatures ayant mis en esclavage des rats humanoïdes. On découvre très vite qu’on est « immortel » (on meurt, mais on revient à la vie) grâce à une technologie inconnue, que nous ne sommes pas les seuls humains sur place aussi déboussolés par la situation que nous. On entend parler d’Oricru, d’élevés, sans comprendre ce que sont ces mots et ce qu’ils signifient. Le début de l’aventure nous laisse dans ce brouillard et pourtant on nous fait face à notre première décision importante.
La production de Goldknights inclut une composante narrative forte et à de nombreux moments nos actions (choix de nos actes, agir ou non, les lieux qu’on décide de traverser ou non) ont un impact direct sur la suite des évènements. On découvre plusieurs factions, dont les Naborus (les indigènes nous ayant recueillis) et les Ratkins (le nom est parlant, leurs esclaves rats). Une troisième faction débarque ensuite. Notre moral est souvent mis à mal, car dans toute guerre personne n’est tout blanc ou tout noir et nos agissements peuvent amener une personne ou une faction jusqu’à la mort. Nos décisions modifient forcément le relationnel qu’on entretient avec ces factions d’autant qu’un allié peut vite devenir un ennemi et il n’est pas impossible qu’il éclate un conflit au sein d’une même faction. Je sens que le studio a désiré construire un univers cohérent, riche et surtout avec une certaine rejouabilité. Je me souviens d’ailleurs l’an passé sur la démo avoir refait la première zone plusieurs fois et j’avais bien décelé plusieurs « embranchements » pour mon avatar et ceci se confirme tout au long de l’aventure. On comprend nos origines, le pourquoi nous sommes là, en avançant, doucement mais surement.
C’est un réel plaisir de parcourir ce monde aux influences médiéval — fantasy avec des relents de technologie futuristes et sa surcouche sci-fi qu’on découvre au fil de l’eau. La narration est bien menée et la construction globale me fait un peu penser aux RPG occidentaux à l’ancienne, quelques années en arrière (en bien). Pour le coup, The Last Oricru est plutôt qualitatif grâce à un lore et une rejouabilité répondant au rendez-vous !









Du classique?
Manette en main, on fait face à un A-RPG exigeant, reprenant les codes de ce que propose le genre avec la gestion de l’endurance, une mort rapide en cas de coup encaissé, les traditionnelles esquives, parades et blocages et j’en passe. Certes, Silver est un poil rigide, mais on prend vite en main notre personnage. La petite différence se situe au niveau de l’attaque secondaire qui varie selon l’arme équipée : une consommant de l’endurance, ou du mana si compétence magique. On recharge cette ressource via une attaque spéciale, mais pour équiper le bon item il faut avoir atteint certaines stats. D’ailleurs, cette composante est toujours valable selon l’arme qu’on veut équiper : des paliers de force, intelligence et/ou dextérité doivent être atteints. Pour gagner en puissance, le système habituel des Souls-like est présent avec des composants amassés à chaque kill qu’on dépense à la structure technologique unique du niveau et qu’on laisse au sol à notre mort, qui disparaissent si on meurt une nouvelle fois si on n’arrive pas à les récupérer. On loot/achète de l’équipement tel que des plastrons, casques, bijoux, etc., et on équipe ce qui nous intéresse le plus selon la façon dont on veut jouer : corps à corps, magie, etc. Du classique ? Assurément, mais qui fait le boulot. The Last Oricru n’innove pas et cherche l’inspiration ailleurs, mais est-ce un mal ?
La difficulté est bien présente par défaut, même le titre propose un mode histoire afin de réduire (considérablement) l’exigence du combat afin d’ouvrir son univers à un maximum de joueur ! On apprécie que personne ne soit mis de côté !
La progression passe par une succession de zones qu’on découvre, reliées les unes aux autres, avec des objectifs principaux (et annexes, qu’on décide ou non de compléter). Pas d’UI ultra détaillée, indiquant la direction à suivre, au joueur de prêter attention à son environnement. C’est sobre, minimaliste et suffisant. La construction des niveaux est plaisante dans le sens où on dispose toujours de plusieurs chemins pour rallier un objectif, des culs-de-sac avec des trésors et ressources au bout récompensant l’exploration sans tomber dans le panneau du monde vaste pour rien. On se repère assez facilement, mais l’impression de grandeur persiste tout de même. Le travail effectué est remarquable d’autant qu’on se souvient que The Last Oricru est la première production (sauf erreur de ma part) de Goldknights !
Côté technique The Last Oricru, quand on remet le contexte du jeu en tête (taille du studio, envergure du projet et placement tarifaire), semble plutôt solide. Même si certains rendu sont un peu inégaux (l’aliasing prononcé sur la chevelure des personnages lors des cutscènes, quelques soucis de texture ci et là un peu plus « cheap »), le tout s’en sort relativement bien sous Unreal Engine avec même quelques jolis plans et des effets de lumières / feu quali’. C’est plus sur la finition que j’ai rencontré quelques problèmes avec des ralentissements et chute de framerate assez visible sur Playstation 5 ou des soucis de collisions.
À noter la présence d’un mode coop en splitscreen pour dérouler l’aventure intégrale en couch coop. Ce détail sera complété un peu plus tard n’ayant pas eu le temps de m’y plonger, mais le peu aperçu semble stable et prometteur.
The Last Oricru ne peut laisser indifférent. Certains pourraient s’arrêter à l’aspect visuel « loin » des standards des blockbusters à plusieurs millions de dollars de cout, mais ce serait une mauvaise analyse car il a réellement pas mal à offrir. La production de Goldknights propose un univers travaillé, complet et cohérent à la rejouabilité assurée nécessitant pas loin de 20 h pour un run. Le gameplay est certes classique pour le genre, mais il fonctionne toujours aussi bien. La difficulté se module selon le profil du joueur. Que demander de plus ? J’ajouterai même que son petit côté oldschool général fait justement partie de son charme. Disponible dès aujourd’hui à 39,99 € uniquement, The Last Oricru est une nouvelle production Prime Matter que je valide et en tant que première production d’un studio c’est prometteur.