Dès son annonce, The Callisto Protocol m’a vendu du rêve. Il faut dire que le pedigree de l’équipe aux commandes en impose : ce ne sont autres que les créateurs de Dead Space, un de mes titres préférés de l’ère PS360. Testé sur Playstation 5, c’est une vraie claque côté technique, mais d’autres points entachent un peu plus la formule où j’en ressors parfois mitigé voir frustré. La production de Striking Distance Studio a du potentiel et des atouts, mais il ne plaira pas à tout le monde, loin de là.
The Callisto Protocol est un titre narratif à la troisième personne mêlant action, shoot, survival et une pointe d’horror. L’histoire prend place dans un futur lointain où on incarne Jacob, coursier spatial. Au cours d’une de ces missions, il est attaqué par des pirates de l’air et s’écrase sur Callisto, une lune de Jupiter. Alors que les secours sont sur place, Jacob se croit tiré d’affaire, mais au même titre que les assaillants de sa navette, il est placé en détention dans la prison de haute sécurité Black Iron. Alors qu’il est dans sa cellule en train de se réveiller, l’alarme retentit ! La prison est plongée dans le chaos, offrant une fenêtre de sortie à Jacob pour une évasion, mais en tentant d’accéder au PC sécurité, il découvre que les autres détenus se transforment en créatures monstrueuses. Jacob n’a pas d’autres alternatives que prendre les armes et trouver une échappatoire à Black Iron pour ne pas y laisser sa peau.
Tout au long des huit chapitres (et à peu près autant d’heures), l’expérience se veut dirigiste et linéaire. On enchaine les couloirs les uns derrière les autres, sans jamais vraiment se retourner. On avance, on débloque une porte, on continue, on accède à une nouvelle zone et ainsi de suite avec la rencontre de quelques alliés en chemin tout comme quelques trésors sur notre route. On ne fait face à aucune réelle énigme ou puzzle complexe pour jalonner notre progression. Pour certains joueurs cela pourrait être un défaut, mais pour moi c’est très loin d’en être un. Cet élan massif d’open world a eu raison de moi depuis la gen PS4 d’autant que souvent, ce sont des jeux très longs avec une énormément de contenu sans saveur ou peu intéressant gonflant artificiellement la durée de vie. The Callisto Protocol a fait le choix de garder le joueur sous tension en continu sur une « courte » durée. il est par contre de dommage de ressentir une certaine routine s’installer dès les premières heures au niveau du cheminement ou de la progression.




De bonne facture l’histoire reste classique sans offrir de réel gros rebondissement nous surprenant, mais le tout reste bien mené et nous garde tout de même attentif durant les quelques heures nécessaires. Mais quand on sait qui est derrière le titre, on se dit qu’il y a clairement une belle marge de progression encore possible.
La direction artistique du titre de Striking Distance Studio est surement l’un des points forts de The Callisto Protocol avec une atmosphère tout simplement géniale. L’ambiance générale qui se dégage du jeu provoque une sensation permanente de tension. Je ne parlerais pas de jumpscare ou de réelle frayeur pendant les runs, mais bien de tension. On ne sait jamais sur quoi on va tomber, on sent que la mort peut frapper n’importe où tant les sources d’ennuis sont nombreuses avec un bestiaire varié, et convaincant. Couplé à une technique de haute volée, le show est assuré.
Du début à la fin du périple (parcouru sur PS5, en preset performance), c’est une claque. Que cela soit la modélisation des avatars (on reconnait sans le moindre problème, même sans réussir à mettre forcément un nom dessus, les acteurs Josh Duhamel et Karen Fukuhara), des monstres, ou même les décors avec énormément de jeux de lumière, cela déboite. Les animations aussi bien de Jacob que des ennemis lors des cutscènes sont soignées, et rendent hommage au gore de l’instant avec des projections de sang à tout va, des démembrements en veux-tu en voilà. C’est gore, trash, sanglant et on aime ça haha. Certes, le mode graphique offre un rendu vraiment un cran au-dessus avec notamment des ombres beaucoup plus détaillées (ou présentes tout simplement) et le ray tracing, mais j’ai encore une fois privilégié la fluidité pour question de gout. Dans les deux cas, je n’ai rencontré aucune problématique majeure.
The Callisto Protocol a été stable de mon côté, non touché par des problèmes qui malheureusement ont semblé affecté pas mal de joueurs précédemment hormis un ou deux rares cas avant la sortie du titre et du gros patch day one. Le titre s’avère maintenant assez bien polish aujourd’hui sauf en VF (entièrement doublé) où on a rencontré énormément de problèmes de synchronisation labiale quand ce n’est pas des passages où le jeu switchait en anglais le temps d’une phrase ou deux. Il y a plusieurs mises à jour depuis la sortie du jeu et ce matin encore sur une dernière session rapide d’avant publication, j’ai rencontré le cas. Dommage !




Côté gameplay, The Callisto Protocol lorgne aussi bien du côté de l’action, que de l’infiltration et la survie. Jacob débute avec une barre à mine très vite remplacée par une matraque électrique. On enchaine quelques frappes avant de devoir esquiver un ou plusieurs coups avec le joystick gauche avec une alternance de direction à conserver sous peine de se faire éclater. Par la suite on récupère cinq autres armes, via plan pour du craft, qu’on utilise selon le cas.
Les armes à feu deviennent obligatoires quand on rencontre les ennemis capables de muter en plein combat nécessitant qu’on tir rapidement et efficacement sur leurs tentacules pour stopper le processus sous peine de se retrouver face à un monstre sous testostérones. On n’oublie pas notre gant qui permet de faire léviter objet ou ennemi qu’on projette ensuite à notre guise. Lancer une bonbonne de gaz sur un monstre ? Bonne idée, tout comme en jeter un sur une palissade métallique bardée de lame ! À cela s’ajoutent plusieurs options plus ou moins facultatives sur la furtivité. Surprendre un adversaire dans son dos permet de l’annihiler directement ce qui peut nous sauver surtout quand ces créatures sont en groupe ! Pire, on croise des robots de sécurités tellement dangereux que toute confrontation est synonyme de mort.
Sur le papier, The Callisto Protocol propose énormément de bonnes idées changeant parfois radicalement par rapport à ce que propose la concurrence et ce dont à quoi on est habitué, mais la réalité nous rattrape aussi et parfois violemment. Il m’est arrivé à de nombreuses reprises, malgré une esquive qui me semblait bien engagée, de prendre tout de même la tarte ennemie en pleine face. La caméra, lorsqu’on fait face à plusieurs aliens, pose souvent problème. Une partie adverse est dans un angle mort et nous cogne dessus sans qu’on ne puisse rien faire. Quand on meurt de la sorte c’est rageant surtout quand on doit refaire une séquence de 10 min de jeu malgré une sauvegarde manuelle faite 30 secondes avant (le titre a des checkpoints bien définis, sauvegarder entre les deux est souvent… inutile. Là aussi c’est raté). Pire encore quand on pense avoir réussi à passer une vague d’ennemi hardcore et qu’un robot (vue à aucun moment) sorti dont ne sait où nous one shot… Le plaisir laisse à ces moments là place à la frustration plus qu’autre chose.




Il y a quelques passages qui, même en difficulté minimum, semblent mal tunés avec des vagues de créatures massives alors même que Jacob possède encore peu d’armement disponible. Les passages forçant la furtivité face aux robots ne sont certes pas nombreux, mais cela n’a pas empêché de les trouver peu intéressants voir lourd. À me lire, vous pourriez penser que je n’ai pas aimé du tout The Callisto Protocol concernant la partie gameplay ce qui est loin d’être vrai, mais il y a de sérieux problèmes d’équilibrage/peaufinage et de caméra qui plombent de temps en temps le voyage et je tenais à le partager. Pour le reste du temps, c’était jouissif de voir ces monstruosités exploser sous mes coups, de réussir à survivre à une incursion ennemie avec cette ambiance de folie et un rendu au top.
Jacob gagne en armement et compétences via des zones safes où on retrouve ces fameux établis de craft. On récupère des crédits Callisto ci et là pendant notre run, qu’on dépense ici pour créer de l’armement (à condition d’avoir les plans) et qu’on améliore via des arbres de talents nécessitant toujours cette même monnaie. C’est assez basique, mais suffisant à ce genre de production et jeu à mes yeux. On est assez limité en termes d’inventaire durant la première moitié de l’histoire, poussant à faire des choix comme laisser un item par terre (je conserve ma seringue de soin ? Ou je ramasse de la contrebande à vendre pour améliorer Jacob ?) ce qui n’est pas pour déplaire, mais en seconde partie on acquiert une nouvelle combinaison réglant cette problématique.
Tout n’est pas à jeter dans The Callisto Protocol, mais il divise assurément sur la durée via quelque choix mal mis en place. On en prend plein les yeux et cette tension palpable de chaque instant est si kiffante. Les idées de gameplay sont bonnes mais certains loupés se ressentent bien trop et font basculer la balance comme cette caméra qui peut plomber toute une partie de jeu ou le système de save bancal. La difficulté n’est pas un problème, le challenge non plus, mais quand le mort est dû à une option mal imbriquée ou mal contrôlée c’est déjà plus rageant. La base est solide, rien à redire, mais il y a encore quelques petites choses à régler pour que The Callisto Protocol soit réellement un bon jeu à mes yeux.