Fortement inspiré des Secret of Mana et autres RPG des 90-2000’s, Trinity Trigger intrigue d’autant plus quand on voit le pedigree des membres qui composent le studio : Xenoblade, Trials of Mana ou encore Pokemon et Octopath pour ne citer qu’eux sur les CV, du lourd ! Même s’il est perfectible sur certains aspects, il n’en demeure pas moins un bon RPG à l’ancienne et jouable en coop qui plus est !
Le monde de Trinitia fut touché par une guerre entre divinités qui laissa des traces, opposant l’Ordre au Chaos. Durant cette bataille, les armes utilisées par ces entités – les Armas – tombèrent sur terre. La lutte fait rage, mais aucun ne sortit vainqueur. Il fut alors décidé qu’à chaque génération, deux êtres deviendraient les élus afin de s’affronter en tant que Champions des Dieux. On les distinguerait par une marque particulière dans leur iris.
On incarne Cyan, un jeune chasseur de relique. Lors d’une de ses expéditions dans une Arma, il rencontre Flamme une petite créature amnésique possédant la faculté de se changer en arme. Après avoir vaincu le gardien des lieux, Flamme aperçu la marque familière dans l’œil de Cyan et décida de rester avec lui. Alors qu’ils retournèrent au village du jeune homme, tous deux se sentirent observer et c’est là qu’ils firent la rencontre d’une jeune femme leur révélant leur vraie nature : Cyan est le chevalier du chaos et Flamme un Trigger pouvant prendre diverses formes pour invoquer les pouvoirs des divinités passées alors que la jeune fille est la représentante de l’ordre! Décidée à mettre fin à ces affrontements sans fin, elle lui demanda de l’accompagner afin de trouver une issue autre qu’un nouveau bain de sang. Notre duo parti à l’aventure avec comme but de combattre ce qui semblait jusqu’alors la normalité.
Le périple proposé est plutôt bien mené, nous faisant voyager aux quatre coins de Trinitia afin d’empêcher la fin du monde. On découvre l’histoire de chaque avatar avec quelques rebondissements et révélations étonnantes. Mais pour mener à bien cette mission, nos camarades ont besoin de leurs compagnon-armes pour combattre les monstres qui les menacent !
Trinity Trigger reprend la recette des ARPG des années 90/2000, et conserve cette patte oldies tout en insufflant un peu de modernité ci et là. Les personnages se déplacent librement entre les lieux dits dans des zones assez couloirs, où on se repère très facilement. Pas de zone ouverte ou large, à plusieurs cheminements, on retrouve une construction rétro avec une UI épurée se focalisant sur l’essentiel et une progression en somme linéaire. Certes, chaque niveau recèle de plusieurs petits passages plus ou moins cachés où se trouvent coffre, trésors, ressources et monstres rares. Classique, sans chichi, on progresse vite et bien.
Pour faire face aux monstres sur leur route, Cyan et sa troupe disposent d’une attaque standard qu’on peut enchainer trois fois ainsi qu’une spéciale. On esquive, on switch de personnage à la volée, et on balance nos attaques en prenant garde à notre endurance. En effet, chaque coup porté la fait baisser drastiquement et si cette ressource arrive à 0, nos dégâts sont quasi nuls ! Il est important de modérer la fréquence de nos combos afin de maintenir des damages réguliers. L’endurance se régénère d’elle-même avec le temps, mais aussi grâce aux esquives parfaites qui boostent sévèrement cette récupération.
Les ennemis sont plus ou moins sensibles à chaque type d’arme, qu’on change à la volée via un menu simple. Et c’est là qu’on découvre tout un système intéressant. Chaque Arma (donjon) renferme un autel permettant d’améliorer le Trigger d’un de nos membres, afin de débloquer une nouvelle forme. Par exemple, Cyan ne dispose que d’une épée, mais le premier Arma complété débloque une forme d’arc pour Flamme ! La couche RPG est assez succincte, avec un slot pour améliorer nos armes et trois pour l’armure sur chaque forme d’arme dans lesquels on équipe des pierres donnant des boosts de stats ou autres bonus passifs (Manalite). Gardons en tête par contre que le bonus équipé sur l’épée n’est pas valable sur l’arc, par exemple. Il faut faire un choix concernant l’optimisation. On apprécie la courbe de leveling bien dosée, ne forçant jamais le farming bête et méchant, car la prise d’EXP en cours de route suffit amplement à réussir les affrontements sur notre route, boss inclus qui offrent des combats intéressants et plaisants avec un système d’armure à briser avant de pouvoir faire fondre les PV !
Chaque ennemi vaincu nous confère des PT, qu’on utilise pour améliorer les compétences de nos formes d’armes et les capacités équipées dans les trois emplacements pour nos enchainements. On customise le tout via des menus concis et précis. La formule parait un peu chiche quand on compare aux cadors du JRPG actuels, mais on s’en contente assez facilement via un arsenal varié qui contrebalance le tout, amenant de la variété. Pour finir la couche jeu de rôle, on n’oublie pas de mentionner du crafting afin de confectionner divers breuvages de soin, d’assistance ou de buffs que cela soit via les différentes shops en ville ou les monolithes dissimulés un peu partout.
On apprécie la composante coopérative que nous offre Trinity Trigger, permettant de jouer jusque 3 joueurs (quand on a débloqué suffisamment de compagnons) en couch. C’est tellement rare et plaisant même si forcément, cela demande quelques restrictions (toujours bien se coller aux basques par exemple). En cas de session solo, les partenaires sont contrôlés par l’IA qui montre alors quelques limites (heureusement que les dégâts subits par l’IA sont mitigés) : n’esquive pas souvent les pièges, ne change pas d’arme, etc.
Sur la partie technique, Trinity Trigger possède un charme certain avec une direction artistique rappelant fortement certains remakes de Square, et une bande-son féérique qui fonctionne plus que bien. J’ai personnellement adoré la partie dessin lors des dialogues et surtout les cinématiques avec un style différent de ce dont on a l’habitude. On se rappelle également l’envergue de la structure, du projet et son prix en caisse au moment de jauger la production et on se trouve ici face à un produit plus que correct dans son contexte. A noter l’absence totale de STFR, nécessitant des bases en anglais mais rien de bien compliqué pour suivre la trame.
Trinity Trigger nécessite une bonne grosse dizaine d’heures pour en voir le bout, un peu plus si on s’intéresse au contenu annexe qui nous est proposé permettant entre autres de débloquer des recettes de popos ou de manalites et même de nouvelles formes d’armes ! Dommage que les objectifs varient très peu, c’est surement le principal reproche que je ferais à Trinity Trigger d’ailleurs sur la globalité de son expérience (si on omet le cash shop blindée de DLC et pas qu’esthétique).
Trinity Trigger m’a convaincu pour plusieurs raisons et je ne vais pas vous mentir la première est la coop. J’adore les ARPG qui me rappellent l’âge d’or de l’époque 16-32 bits dans le feeling et je suis friand de jeux coop locale, donc combiner les deux me ravit souvent. Certes, cela ne suffit pas toujours car il faut quand même que le contenu soit plaisant et fédère. Cela a été le cas avec Trinity Trigger. On pourrait lui reprocher un classicisme prononcé sur pas mal de facettes, mais justement avoir un titre sans prise de tête de temps en temps me convient parfaitement. On suit une troupe dans un contexte assez bien écrit, visuellement joli, avec quelques systèmes intelligemment construits (les Armas),je valide. Dispo à petit prix, Trinity Trigger est clairement un titre à surveiller.




















