Ryu Ga Gotoku n’en finit plus de nous distribuer baffe sur baffe. Alors qu’on a retrouvé notre Kiryu adoré l’an dernier avec The Man Who Erased His Name (Gaiden) et son format résolument action, c’est à nouveau aux commandes d’Ichiban (même si le héros emblématique n’est pas loin) qu’on embarque pour un nouveau trip palpitant, complet et inoubliable. Infinite Wealth tape fort et figure déjà dans le cercle fermé des jeux marquants de l’année.
Pour profiter pleinement de cet épisode, on ne peut que vous recommander d’avoir fait Like A Dragon et The Man Who Erased His Name au grand minimum, et de choper via l’une ou l’autre vidéo dispo sur le net un résumé des épisodes précédents. Il est important de savoir qui est vraiment Kiryu, son passif, comment il est arrivé là où il est, mais aussi l’histoire plus récente d’Ichiban et les derniers faits dont la dissolution des clans Yakuza. Sans cela, le joueur risque clairement d’être perdu d’autant que le lore est riche, les clins d’œil et références sont nombreux.
Infinite Wealth fait suite directement aux précédents épisodes qui nous avaient laissé la larme à l’œil et autant le dire de suite, on ne va pas être ménagé non plus ici bien au contraire ! Ichiban tente tant bien que mal d’aider les ex-Yakuza a retrouver un semblant de vie digne, de survivre, mais suite à un malheureux évènement (une vidéo de lui, montée, circule sur le web) il perd son emploi et se retrouve perdu. Un ancien clan Yakuza semble se relancer, le forçant à intervenir, mais il découvre une entité ayant le même but que lui. De fil en aiguille, Ichiban découvre la trace de sa potentielle mère biologique qui serait à Hawaï. Arrivé sur place, rien ne se passe comme prévu. Sa mère est introuvable et surtout, il n’est pas le seul à la rechercher : un clan Yakuza expatrié, mais aussi la pègre locale. Avec Kiryu, retrouvé sur place, Ichiban part mener l’enquête dans ce lieu autant paradisiaque que dangereux.
Sur le papier, cela semble dès l’introduction partir dans tous les sens sans queue ni tête : comment on passe de Yokohama à Hawaï en si peu de temps ? Le rapport avec la vidéaste ? Pourquoi même un gang local chercherait une femme japonaise ? Mais au fil des heures, les fils se recoupent, se rapprochent, on commence à voir les ficelles dans l’ombre, et tout ce qui se trame. Ce nouveau voyage est dans la lignée de ce dont nous a habitués RGG avec une narration solide et dense, mais qui met du temps à se mettre en place. On alterne scènes fugace, comiques, sérieuses ou dramatiques et même totalement déconnectées comme on en a l’habitude. Comme toujours la mise en scène frappe fort et place le joueur au centre de l’expérience, spectateur, mais surtout acteur, en lui faisant vivre toutes ces émotions. Certes, on retrouve les mêmes « problèmes » de rythmes habituels avec parfois des phases narratives très longues, mais dans l’ensemble, on est conquis par ce que nous conte ce nouveau Like A Dragon et la façon dont il le fait. Il faut dire que la myriade de nouveaux personnages tout comme les anciens compagnons retrouvés, joue un rôle prépondérant à la vie d’Infinite Wealth.
Manette en main, on est sur une formule maison maitrisée à 200 %. On débute dans Yokohama, qu’on connait comme notre poche avant de nous envoler pour cette ile légendaire paradisiaque. On est content de voir du changement et quitter Kamurocho une fois de plus, mais en même temps, quitter les décors nippons pour quelque chose de plus occidental nous laissait craindre une perte d’identité mais au final, ce n’est pas le cas. On alterne quartier résidentiel, commercial, tantôt riche ou plus bidonvilles, places vertes et plages de sables fins. Alors oui, c’est moins typique que ces ruelles à la japonaise qui avaient un charme fou, mais Hawaï ne nous laisse pas indifférents non plus, loin de là. C’est juste plus classique, ou moins excentrique.
Yokohawaï
L’exploration n’a pas changé d’un iota, avec des commerces ci et là pour la nourriture, arsenal et armure, des trésors un peu partout ainsi que divers points d’intérêts. On se déplace à pied, en taxi, ou nouveauté en Segway (mais il faut penser à la recharger régulièrement, et bien entendu ce n’est pas gratos). Au gré de nos pérégrinations, on tombe bien entendu sur des hordes d’ennemis prêts à en découvre et c’est ainsi qu’on redécouvre le penchant tour par tour d’Infinite Wealth.
Si vous avez fait Like A Dragon, la base est strictement la même avec l’arène en 3D, des ennemis qui prennent la forme de monstres ou adversaires des fois loufoques (Ichiban se prend pour le héros dans un jeu vidéo de type RPG…). On choisit l’action de notre avatar (compétence consommant des PM, attaque, défense ou utiliser un objet), et on regarde la petite animation qui va bien pour retranscrire la capacité à l’écran. Il arrive qu’un QTE pop, ayant comme effet si réussi de booster nos dégâts.
La petite différence notable est le fait de pouvoir déplacer notre personnage librement dans une faible zone. En agissant de la sorte, on optimise les dégâts d’un talent selon la distance avec la cible, on s’aligne pour toucher plusieurs opposants avec une frappe de zone, ou on s’approche d’alliés pour un sort de soin touchant les compagnons proches du héros. Mais cela sert aussi à déclencher des combos entre deux partenaires, saisir un objet au sol pour frapper, etc. Cela ajoute une petite dimension tactique vraiment sympathique. On retrouve comme précédemment les jobs, avec Ichiban débutant freelance par exemple avant de redevenir héros, Kiryu qui est Dragon de Dojima (trois postures de combats ayant chacune des forces et faiblesses) alors que Tomi est chauffeur. À cela s’ajoute toute une ribambelle de jobs délirants par la suite, un vrai régal tout comme le roster de personnage jouable durant l’histoire.
Remporter les combats permet d’engendrer de l’EXP aussi bien globale, ayant un impact sur le niveau du personnage comme sur le job actif. On débloque de la sorte des capacités nouvelles. On aurait parfois tendance, pour relier un objectif à perpette, à zapper tous les combats sur notre chemin, mais Infinite Wealth pose plusieurs jalons avec des prérequis (plutôt suggestion) aussi bien en termes de stuff que niveau pour ne pas galérer un donjon qui risquent de piquer. Autant les premiers coups, cela passe, mais sur la fin du jeu, un grinding pourrait être nécessaire pour combler ce manque. Autant y aller au fil de l’eau, et progresser régulièrement. On booste nos avatars via des marchands pour dégoter de nouvelles armures, des bijoux, mais aussi des armes. Concernant celle-ci, on découvre un atelier permettant d’en concevoir de toutes nouvelles, toujours aussi farfelues, et de les améliorer, avec des dégâts éléments ou différentes afflictions associées.
Toute une ile à ratisser
Un Ryu Ga Gotoku sans une pléthore de contenu annexe n’est pas un bon RGG, et Infinite Wealth ne déroge pas à la règle et est même leur production la plus riche et généreuse à ce jour et de loin. Outre le temps passé à maxer nos classes et armes via le craft et les missions secondaires habituelles, on retrouve diverses activités comme un rallye photo, des jeux d’arcade, une application pour se faire des amis et une seconde de dating, etc. C’est la folie comme on est tout le temps appelé à stopper notre progression pour faire autre chose… Et c’est là que tombe le premier jeu dans le jeu : la ligue Sujimon ! Comme si cela ne suffisait pas.
C’est un Pokemon-like (scénarisé svp) avec son système de combat, recrutement, ses affinités élémentaires, etc. avec une 100aine de personnages à collectionner. En se baladant en ville, on trouve des raids sous forme de fight traditionnel où on peut recruter un Sujimon pour notre équipe. Il y a des histoires de rang, rareté, puissance, etc. Des dresseurs se montrent un peu partout dans Hawaï avec un tournoi pour devenir LE maitre incontesté avec un fonctionnement similaire aux arènes de Gaiden. Les bastons sont en 3v3 avec 3 créatures en backup, en tour par tour classique, mais diablement efficace. La découverte est assez surprenante, et réserve quelques surprises quand on s’engage sur cette voie.
Mais le clou du spectacle de toute cette prod est le second jeu dans le jeu (scénarisé aussi) : l’ile Dondoko qui a même eu le droit à un trailer dédié. On tombe sur une ile abandonnée, mais polluée. On nettoie tout le bazar, on récupère des ressources et nous voilà en deux temps trois mouvements engagés dans la construction et gestion d’un resort ! On craft bâtisses et mobilier pour agrémenter les lieux, attirer de nouveaux touristes, tout en délogeant les malfrats originaires de l’état déplorable d’origine de l’ile. Attention par contre, c’est très chronophage et on a vite fait d’y passer autant de temps que sur le contenu central ! Voyez là un Animal Crossing like, ultra complet, intégré dans un jeu … hallucinant !
Techniquement, on reste sur quelque chose de proche de Gaiden, avec un moteur maitrisé, pas toujours parfait, mais au rendu soigné, et à la fluidité irréprochable. On perd forcément cette DA atypique qui tabassait des villes nippones, mais Hawaï n’est pas pour nous déplaire. Le doublage intégral est toujours optimal et favorise l’immersion bien qu’on relèvera ici une « incohérence » sur le fait que n’importe quel avatar croisé dans la rue nous parlera japonais avec nous et qu’on ne sait pourquoi va passer à l’anglais ensuite (je pense au boss des Barracudas par exemple) ce qui casse un peu le truc sur le moment, mais c’est plus pour chipoter qu’autre chose pour le coup.
Like A Dragon Infinite Wealth pressentait être un voyage légendaire, mais risquant de nous briser le cœur et cela n’a pas loupé. On a kiffé voyagé avec Ichiban et Kiryu, avec une histoire solide, un casting complet, et un gameplay léché. La richesse du contenu permet aux plus aguerris de multiplier par deux ou trois la durée de vie qui est déjà énorme. Du Yakuza pur et dur en tirant chacune de cette facette au plus haut niveau possible. Tout fan de la licence va y trouver son compte. Pour les autres, prenez le temps de faire les choses dans l’ordre pour savourer encore plus cette merveille. Un Screeny viendra plus tard avec bien plus de capture d’écran à partager 🙂

























