Chaque génération de joueurs a été marquée par l’une ou l’autre console. Pour ceux comme moi nés dans les années 80, les 16, mais surtout 32 bits ont laissé des souvenirs impérissables. La PlayStation, première du nom, reste encore à ce jour mon âge d’or, la période la plus glorieuse du JV que j’ai vécu avec un catalogue de titan et les premiers JRPG dont deux auxquels je voue un amour inconditionnel : Suikoden dont la suite spirituelle arrive le moins prochain, mais également Final Fantasy VII. J’ai été émerveillé à de si nombreux moments, surement l’insouciance du moment, on jouait pour… jouer, on profitait de nos jeux sans ces concours de **** incessants, sans troll en permanence.
Comme beaucoup j’étais sceptique à l’annonce de son remake, avec un passage à l’action RPG moderne et l’abandon de ce tour par tout mythique avec l’ATB et surtout son format épisodique (sans assurance qu’on en voit le bout à 100 %, on ne sait jamais ce qui peut arriver) concentré sur Midgar. On a pu découvrir la première partie en 2020 qui, même si elle n’était pas sans défaut, nous a laissé un gout de « revenez-y » avec une folle envie de voir la suite, surtout quand on sait que c’est le moment où le titre prenait son envol en s’ouvrant sur un monde gigantesque, la course aux armes, les chocobos et le Gold Saucer, etc. Entre-temps, on a le droit à la mouture PC, celle sur PlayStation 5 ainsi que le contenu Intergrade autour de Yuffie.
2024, 4 ans après la première sortie de Remake, nous y sommes, Final Fantasy VII Rebirth est enfin disponible et nous permet de continuer cette revisite des aventures de Cloud et sa bande. Encore une fois, la production de Square Enix n’est pas sans reproche, mais bordel, quel voyage. On prend une claque phénoménale dans les dents, et on en redemande. Que l’attente va être longue pour le prochain chapitre à présent (même si on a clairement de quoi faire, 2024 s’annonçant au moins dans la lignée de 2023 si ce n’est pas encore plus dingo) !

Final Fantasy VII Rebirth est une suite directe à Remake, ne pas l’avoir fait ne permet pas à mes yeux de profiter pleinement de Rebirth, de comprendre les enjeux, la situation, les faites énoncés en début d’aventure, savoir qui sont réellement la Shinra, le Wutai, Avalanche et j’en passe. Si je n’ai qu’un seul conseil : faites les choses dans l’ordre !
On retrouve ces avatars aux identités différentes et aux caractères bien trempés avec un plaisir non dissimulé. On revit ce périple épique qui nous fait traverser toutes les émotions, des ambiances mémorables à tout va. La corde nostalgie vibre à 110 %, de très nombreux souvenirs oubliés refont surface chez moi et donnent encore plus de puissance à ce que m’affiche l’écran et étrangement, on navigue à travers tout le contenu de Rebirth comme si c’était la première fois, on redécouvre les passages mythiques avec un enjouement certain. La narration jongle subtilement avec le respect du matériau d’origine, tel qu’on le connait, tout en ajoutant des pans plus ou moins importants fraichement créés pour cette réédition, en modifiant certains aspects. Il faut dire que la refonte visuelle aide surement grâce à une technique bien entendu qui n’a plus rien à voir, une réalisation aux petits oignons et une mise en scène au top. La modélisation des personnages, leurs animations, tout est fait pour nous immerger à 200 % dans cette aventure. Certes, la technique est irrégulière notamment sur le preset performance affichant comme un effet de flou sur l’arrière-plan ou les décors, mais le reste est convaincant… et que dire des thèmes légendaires de FF7 remis au gout du jour…
Une nouveau voyage inoubliable
Final Fantasy VII Rebirth nous remet doucement dans le bain, en utilisant un passage souvenir de Cloud, assez couloir, afin de nous redonner les clés en main du gameplay. On retrouve le socle solide teinté d’action en temps réel et cette formule dynamique où on balance nos compétences et sorts liés aux matéria en un claquement doigt. Mieux encore, on donne les ordres à nos compagnons de route lors des combats (groupe actif de 3 protagonistes) pour en faire de même. Alors que FF7 Remake était déjà sensationnel, avec des qualités d’animations, de sorts, et d’invocations ultras solides, Rebirth pousse cette richesse d’un cran notamment grâce au casting bien plus élaboré que le premier épisode, chacun possédant des affinités, forces, et en quelques sortes des rôles de prédilection avec à chaque fois un panel de coup encore plus varié et approfondi que Remake. Square Enix a pondu un titre phénoménal sur cet aspect.
Avant, on voyait surtout Cloud à l’écran alors qu’ici dans le monde ouvert, tout notre clan nous suit et les 2 membres du groupe sont toujours plus près de nous. Une baston se lance ? Notre trio est en première ligne, mais on aperçoit les autres un peu plus loin aussi dans la mêlée. Et bonus, on peut créer des groupes prédéfinis qu’on change en un instant et librement (hormis passage scénarisé avec composition imposée). FF 7 Rebirth joui d’une liberté à toute épreuve rendant son système de combat encore meilleur qu’il ne l’était déjà. Même si j’étais surement un des chouineurs avant la sortie du Remake, j’admets aujourd’hui que le gameplay, c’est du béton armé.
Le leveling apporte là aussi sa pierre à l’édifice avec plusieurs sous-systèmes complémentaires. En plus du sphérier des armes, chaque avatar dispose de son propre arbre (Codex) avec 5 points gagnés à chaque prise de niveau, qu’on dépense pour améliorer ou acquérir des talents, booster des stars, etc. Le niveau d’équipe entre également en jeu, ouvrant de nouvelles possibilités régulièrement. On reprend certaines features de Remake, on les améliore et on les accompagne de nouvelles composantes, dans le but que le gameplay prenne encore plus de volume et surtout de spécialiser davantage nos héros dans un rôle comme évoqué plus haut. À cela s’ajoute de nouvelles Materias par rapport à Remake, etc. Bref, on sent à bien des égards que Remake n’était qu’une petite mise en bouche avant de lâcher de servir le plat de résistance.
Tout au long du périple, les personnages vont pouvoir se rapprocher les uns des autres, via des évènements spéciaux, des discussions dans les temps morts, des dialogues à choix multiples, etc. et tout ceci a un impact direct sur leur relationnel. Et vous vous en doutez, le degré d’affinité débloque encore de nouvelles possibilités. Et pépite pour finir : des compétences de duo, qu’on débloque via le Codex, pour des attaques ou incantations à l’unisson !
Une réorientation, la folie des grandeurs
Alors que Remake s’était quelque peu enfermé dans une linéarité avec sa multitude de zones couloirs imposant de nombreux aller-retour parfois fastidieux, Rebirth était attendue au tournant vu qu’on arrivait sur l’ouverture sur le monde et c’est une pleine réussite. Quel que soit la région traversée (Prairie, Junon, Cosmocanyon, etc.) c’est un régal et surtout la construction est au poil avec un rythme et une cadence maitrisés avec une alternance de chapitres assez libres nous laissant vaquer comme bon nous semble dans ces régions vastes (où on peut revenir d’ailleurs plus tard à chaque fois quand bon nous semble) et ceux plus scénarisés au format de donjons ou zones plus restreintes.

Dans les zones ouvertes, le travail effectué par Square Enix nous pousse naturellement à tout fouiller, découvrir chaque recoin, et finaliser chaque activité secondaire qui s’offre à nous. On retrouve quelques maux des open world modernes, dont les fameux marqueurs jaunes indiquant où on peut grimper, mais dans l’ensemble Square Enix fait un sans-faute avec une générosité avérée, mais surtout une diversité correcte. Bien entendu, d’une zone à l’autre, on retrouve des activités similaires, mais la richesse des biomes, du bestiaire, etc. donne toujours envie d’en faire plus. Que ce soit les quêtes de chasses, les excavations, les maisons de Mogs, etc., tout nous attire en permanence à se détourner de l’expédition du moment. Cela faisait un bail où je n’avais pas ressenti ce sentiment sans lassitude même sur la fin du voyage ou l’envie d’aller tout droit pour aller à l’essentiel existe ailleurs parfois. Le lore nous fédère, on veut en découvrir plus, en apprendre plus et cerise sur le gâteau même les invocations (toujours aussi spectaculaire) ont des liens plus ou moins prononcés avec l’un ou l’autre biome ce qui explique certains éléments. Final Fantasy VII Rebirth semble réussir tout ce qu’il entreprend.
Côté annexe, gros coup de cœur pour Queen’s Blood, le jeu de carte dans le jeu qui occupe à lui seul des dizaines d’heures tant son système est addictif. On découvre ceci assez rapidement dans la progression, avec des règles simples, mais une formule au final plus profonde qu’il n’y parait avec un réel aspect tactique et stratégie dans l’élaboration du deck de base, de la première main et surtout de nos actes chaque tour. Une partie peut très vite basculer. Si demain, ils sortent un jeu genre TGC sur le Queen’s Blood, j’en suis !
J’appréhendais la sortie de Remake pour en ressortir majoritairement séduit, et Rebirth ne laisse rien au hasard et enfonce déjà le clou. Final fantasy VII Rebirth est un hit indéniable réussissant à respecter le titre d’origine tout en lui insufflant une seconde jeunesse et de fait, contenter anciens comme nouveaux joueurs sur le jeu. Les émotions perçues couplant nostalgies et souvenirs tout en redécouvrant ce mastodonte procurent un kiff comme rarement. Le fana de FF7 que je suis est conquis et en redemande. Il y a bien quelques défauts, mais ses points forts prennent tellement le dessus qu’on lui pardonne presque certains points. Espérons par contre un patch rehaussant un peu la qualité du preset perf (celui sur lequel je joue en permanence) pour rendre l’image un peu plus nette et ce sera la quasi-perfection.