Après l’excellent Dynasty Warriors Origins il y a quelques semaines, quelle fut ma surprise de découvrir un spinoff lors du dernier State of Play et surtout son shadow drop dans la foulée. Avec sa base musô couplée à une forte composante rogue, Warriors Abyss a de quoi susciter la curiosité. Dans ce rush de titan que demande ce début 2025, on a trouvé le temps d’y passer de longues sessions et après avoir sué du sang, il est temps de vous partager notre ressenti.
Warriors Abyss surprend à bien des égards, à commencer par le fait qu’il puise dans toutes les licences Warriors d’Omega et KT : aussi bien dans les dynasty que les samurais, pour offrir un casting des plus denses afin de nous dévoiler son gameplay atypique. En vue asymétrique/par le dessus typique d’un hack’n’slash, Warriors Abyss nous amène sur un terrain connu du musô avec un héros face à plusieurs dizaines d’opposants à la différence qu’au lieu d’avoir des objets clairs et précis nous amenant à parcourir des maps immenses et denses, le format ici prend une tout autre direction. On affronte plusieurs vagues avant d’arriver sur un boss, avec des bonus offerts à chaque victoire intermédiaire, et une perte de la progression en cas de mort. Y laisser sa vie, recommencer, aller sur le champ de bataille, progresser, faillir, reprendre du début, etc. telle est la dure réalité de Warriors Abyss, loin de ce dont nous a habitués la maison en termes d’expérience. Et on pourrait même dire que cela va à l’opposé du musô qui, par définition, nous positionne un peu comme un surhomme, seul contre tous, un peu invincible dans le fond alors qu’ici on a vite passé l’arme à gauche ! Le contexte étant posé, l’envie d’aller plus loin est encore plus fort !
Warriors Abyss nous propose semblant de contexte : l’enfer est sens dessus dessous avec Gôma qui envahit les lieux et tente d’en prendre le contrôle. Enma fait appel à toute l’aide disponible pour le contrecarrer et c’est ainsi qu’on entre en jeu avec toute une ribambelle d’avatars phares de Koei Tecmo. Le but est simple : détruire les généraux de Gôma avant de le défaire lui aussi et c’est loin d’être easy ! Il existe 4 gardes à vaincre, avec à chaque fois 8 défis par régions, suivis du boss final… autant le dire, réussir une 30aine de vagues/boss sans mourir est loin d’être aisé ! La narration reste assez simple et est plus là pour justifier le massacre qui se profile.
Warriors un jour, Warriors toujours
Comme évoqué un peu plus haut, le casting est l’une des forces de ce Warriors Abyss avec une 100aines de personnages jouables/invocables issues des Dynasty/Warriors. On débute avec une petite douzaine seulement, et on débloque le reste au compte goutte ensuite. Les icônes et légendes sont bien présentes, avec d’autres peut-être, moins connus, mais tout autant charismatiques : fan service garanti en tout cas. Chacun possède bien entendu un charadesign et skin propre, mais surtout ce sont les stats, l’arme, les compétences EX, etc. qui en font l’identité manette en main. Une fois notre combattant sélectionné, direction la première arène et les habitués des Warriors sont en terrain connus. Certes, la perspective change du tout au tout avec ce passage à une vue isométrique plutôt que celle derrière le personnage, mais la formule reste sensiblement la même avec ces combos spectaculaires alternants attaques normales et lourdes, l’énergie qui se cumule avant de déclencher la spéciale Musô, avec plusieurs dizaines d’adversaires nous faisant face. Le jeu ne s’appelle pas Warriors pour rien !










La première vague arrive et l’objectif est annoncé : tuer 40 adversaires. On saute dans la mêlée et on donne tout ce qu’on a. On esquive les coups ennemis du mieux qu’on le peut et on aperçoit très vite des zones violettes au sol qui se chargent, symboles des frappes lourdes adverses, à éviter absolument ! On s’est enfin défait de ces créatures (car oui, ici, point de soldat des turbans jaunes et consorts, on est en enfer hein), on retrouve une composante typique des rogues : choisir le type de bonus de la prochaine salle et donc de quel type d’amélioration on va bénéficier (bonus d’attaque, de défense ou lié à un élément), ou si on va dans une salle avec un défi additionnel, et ainsi de suite. Mais surtout il est temps de choisir l’allié qui va nous rejoindre ! Ce « compagnon » de fortune est choisi parmi trois soldats issus du roster débloqué et pour le coup, on regarde plus loin que « je kiffe ce personnage », car chacun offre une puissance additionnelle plus ou moins élevée (ce peut facilement être un X10 ou plus d’un avatar à l’autre) en plus d’avoir leurs affinités élémentaires par exemple. Et cela ne s’arrête pas un simple bonus de stats, on peut surtout invoquer ce nouveau héros en renfort le temps d’une attaque en sortant le bon combo adéquat : XY fait pop le premier héros, XXY le second, etc., car oui, on peut avoir jusque 6 renforts avec nous. Après, leur intervention se déclenche un temps de recharge (propre à chacun), on ne peut donc pas spammer leurs attaques. La réflexion est donc de mise afin d’optimiser leur apparition, il n’est pas rare de temporiser pour faire face à un rush ennemi, remplir un objectif ou maximiser le plus de dégâts sur un court laps de temps par exemple pendant une phase où un boss est fragilisé.
On découvre un peu la profondeur de ce système à force d’essai, comment maximiser les enchainements et les combos, et c’est dans le sang que l’apprentissage se fait. Heureusement, la défaite n’est pas trop punitive. On rentre à notre QG avec des braises karmiques qui servent notamment à acquérir de nouveaux avatars dans un mega sphérier (ce qui délivre encore des bonus / stats), mais c’est aussi de la sorte qu’on débloque les formations. Ce sont le placement des alliés autour de notre héros principal, et chaque formation offre des bonus en plus selon les personnages qu’on y place, où on les place, etc. Et c’est ainsi qu’on voit qu’avoir des amis/personnages issus d’un même clan, etc. placés côte à côte génère des bonus assez énormes. Mais ça, on le découvre là aussi un peu à la volée.
Tout vient à point
Les débuts sont un peu rudes, bien qu’on atteigne le premier boss sans trop tarder (l’abattre est un autre sujet) et très vite, le champ de bataille devient la foire avec des zones violettes à tour de bras, et des packs de plus en plus gros à tuer. L’action est frénétique, il faut être aux aguets en permanence, mais la recette fonctionne à plein tube. Forcément, au fil des essais, et qu’on débloque des choses, nos runs vont de plus en plus loin et doucement, mais surement on approche du but. C’est assez frais et fun à jouer, mais comme tout rogue, il ne faut pas être dérangé par le fait de recommencer en boucle les niveaux.
Par contre, sur l’aspect esthétique, ne vous attendez pas à un rendu similaire à Origins, on est quelque chose de bien plus simple, sur un titre à plus petit budget et aux ambitions moindres. L’esthétisme est une chose, mais la direction artistique en est une autre et si le charadesign et le bestiaire sont validés, les environnements se trouvent un peu trop similaires d’un level à l’autre, avec un manque de variété et le tout est assez générique. Mais en contrepartie de cette simplicité visuelle, l’expérience est irréprochable côté fluidité.
Sorti de nulle part, Warriors Abyss permet au style Musô de connaitre un petit vent de fraicheur avec une formule atypique et originale. Le mélange Musô/rogue a de quoi surprendre mais manette en main, cela fonctionne bien. Un peu plus d’accompagnement pour certaines mécaniques n’aurait pas été de refus, mais dans le fond, Warriors Abyss est un titre fun à jouer et sur lequel j’ai apprécié passer de longues soirées. Disponible à petit prix (24,99), difficile de passer à côté si vous kiffez le genre Warriors.