Quand un fabricant de jouet et figurines se lance dans le tour par tour tactical, cela donne Eldrador Creatures Shadowfall. D’apparence destiné à un public assez jeune, la production de Wild River Games séduit également les plus grands avec une offre amusante et plutôt complète. Fait en famille, on a passé de bons moments pour un voyage accessible selon la difficulté choisie.
En toute transparence, je connais de renom la licence Eldrador de la marque Schleich mais sans plus. Quand les communiqués et informations transmises parlent de contenu repris des jouets physiques, du fan service, etc., je ne saurais confirmer à quel point c’est vrai ou dans quelle mesure. On va donc faire confiance aux RP et à la marque sur le sujet.
Le monde d’Eldrador compte quatre mondes (lave, glace, pierre, jungle) rivaux et souvent en conflits. Chaque monde est peuplé par des créatures affiliées à ces biomes, et chaque monde tient son pouvoir d’un cristal particulier. C’est un peu ce qui maintient le tout en équilibre. Mais lorsque le monde de la lave se voit envahir par celui de la glace, une nouvelle menace apparait aussitôt. Le 5ème monde, souterrain, sort de l’ombre et vise le vol des 4 cristaux pour faire ensuite régner la terreur et être la seule équipe au pouvoir ! On débute dans les mains du monde de la lave, dont les personnages veulent déjouer le monde des ombres et réunir tous les cristaux en premier afin d’enfermer à nouveau les Ténèbres sous terre. Et bien sûr, glace, jungle et terre n’entendent pas nous laisser faire et récupérer chacun de leur cristal…








Côté ambiance, on y retrouve quelque chose similaire aux Skylanders par exemple, avec des créatures amenées à s’affronter dans un premier temps pour parfois s’allier ensuite afin de lutter contre une menace commune. Le monde est coloré, l’ambiance est à la cool, cela reste bonne enfant même quand le danger est là. On sent qu’Eldrador Creatures a été pensé pour atteindre un jeune public avant toute chose. L’aventure est non linéaire dans le sens où après être sortie du monde de la lave et avoir pris une petite raclée par le dragon des ténèbres et ses potes, libre à nous d’attaquer l’exploration comme bon nous semble et en débutant par le royaume qui nous attire le plus. On dirige notre avatar librement sur une carte proposant des environnements semi-ouverts : il existe certes un seul passage pour arriver à notre destination, mais il y a quelques chemins annexes menant vers un trésor en plus ou des affrontements facultatifs.
Ready ? Fight !
Et nous voilà face à notre premier ennemi, débutant un combat à trois (ou 4, plus tard) avec des ennemis parfois plus nombreux que nous, demandant de se creuser les méninges pour remporter la victoire (c’est rarement toute l’armada adverse en one shot, mais plutôt en vague). Le gameplay reste assez typique du tour par tour, avec une équipe qui agit en premier, puis la suivante. Chaque unité peut se déplacer d’un certain nombre de cases, avec des portées ou zones d’effet différent selon la capacité employée. La base est classique et très facile à appréhender. Petit plus : 4 paliers de difficulté existent afin de moduler l’expérience et viser les plus jeunes et les laisser appréhender ce genre sans difficulté. Quelques fonctionnalités additionnelles sont de la partie comme la gestion du mana, qu’on récupère en amassant les orbes au sol afin d’avoir accès à une capacité spéciale. Petits tips au passage : ramasser du mana avec le personnage A permet à n’importe quel personnage de le consommer !
À cela s’ajoutent des dégâts élémentaires ou sur la durée comme la brulure ou le poison, le fait d’être limité à une seule action si on est gelé (se déplacer ou attaquer), ou même des effets spéciaux sur les cases spéciales : rester sur une case d’eau équivaut à subir un coup critique assuré, etc. Certaines compétences génèrent un bump de l’adversaire, qui prend des dégâts s’il rencontre un obstacle comme du décor ou un autre avatar… qui subit aussi quelques dégâts. Si c’est un allié ? Dommage, car oui, il y a du friendly fire. Enfin, certaines compétences indiquent des zones d’effet autre que simplement la case à côté : une croix, une ligne droite, etc. Cela permet de mesurer les meilleures zones d’effet et de prévoir au mieux si on touche un coéquipier ou non. Une créature blessée après un combat nécessite un peu de repos pour récupérer tous ses PV, sous peine de débuter la prochaine bataille déjà bien touchée. La formule va donc un peu plus loin que le tour par tour basique avec quelques composantes amenant un peu de profondeur. Alors oui, on a déjà vu des titres plus aboutis, mais dans une optique découverte/publique plus jeune, je trouve Eldrador du coup vraiment bien ficelé.
Durant l’exploration, on trouve de l’or qu’on dépense pour booster notre armée (ce n’est pas à l’unité, mais bien des améliorations globales) : PV, dégâts ou du mana direct en début de combat, sans oublier l’achat d’un 4e slot pour notre groupe, mais dont le cout me semble un peu prohibitif. Point positif : on change les points dépensés à la volée, comme bon nous semble, pour améliorer la stats qu’il nous manque pour les combats à venir. Il arrive que des monstres rencontrés décident de se joindre à nous et du coup, notre armée s’agrandit… à nous, avant chaque baston, de positionner le trio/quatuor qui part au combat. Visuellement, Eldrador affiche un certain charme, que ce soit par son charadesign léché, sa direction artistique colorée et chatoyante ou son bestiaire. Sur PlayStation, c’est propre et soigné, sans fioriture.
À l’heure de tirer le bilan, Eldrador Creatures Shadowfall se pose comme une très bonne porte d’entrée aux découvertes des mécaniques du tour par tour pour les plus jeunes, tout en proposant un défi correct (quand on pousse les curseurs) pour les adultes. Le monde est mignon, l’ambiance et le design des héros sont validés et le gameplay plutôt complet à la vue de la clientèle visée. Eldrador Creatures Shadowfall est une réussite de mon point de vue.