Un nième ARPG exigeant pointe le bout de son nez avec Khazan et après plusieurs dizaines d’heures à suer et pleurer du sang, même si on sort avec quelques écueils, le titre de Neople nous a convaincu et nous laisse une superbe impression. Avec sa DA et sa mise en scène quali et un gameplay assez percutent, c’est une bonne trouvaille, perfectible, mais plaisante. Un gros coup de coeur me concernant.
Le gaming coréen se porte à merveille avec quelques studios de haute volée. On pense notamment à Pearl Abyss avec son MMO à succès BDO et le (très très très) attendu Crimson Desert, mais il y a également Neowiz et son excellente Lies of P. Aujourd’hui, Neople démontre qu’eux aussi ont du savoir-faire avec The First Berserker Khazan. Issue de l’univers DnF (que je ne connais pas, soyons honnête), TFB nous amène à la découverte de Khazan, un guerrier intraitable.
Reconnue comme étant une légende dans son pays, un héros de guerre s’étant illustré à de nombreuses reprises, celui-ci fut déclaré coupable de trahison à la surprise générale par son empereur. Pire encore, après avoir été torturé à mort, les tendons coupés et le corps entièrement déchiqueté, celui-ci est amené vers sa dernière demeure pour y mourir. Alors qu’il pensait arriver à la fin, un accident se produit, laissant la caravane qui l’escorte dévastée. Un esprit malveillant à la recherche d’un corps exceptionnel est à l’origine de cette catastrophe avec comme but de prendre possession de Khazan mais rien ne se passe comme prévu. Khazan est animé par la vengeance et la soif de justice, tandis que ces esprits malicieux ont un autre but. De fil en aiguille, Khazan et les esprits vont devoir cohabiter et travailler de concert pour atteindre leur but à tous les deux. Khazan nous plonge dans un monde sombre, sanglant, violent et brutal, où survivre n’est pas gratuit et ne semble pas simple même pour l’illustre général que Khazan est. La mort attend à chaque recoin, et chaque adversaire peut potentiellement nous envoyer en outre-tombe.

Si la construction assez linéaire avec de multiples raccourcis à débloquer semble « à l’ancienne », il n’en demeure pas moins que l’expérience Khazan reste de très bonne facture. Avec pas mal de zones interconnectées, une bonne verticalité, et de nombreuses zones annexes, l’exploration et la progression procurent un certain plaisir. Il y a de quoi faire, sans tomber dans le contenu agrémenté juste pour dire « ça prend xx heures ». Il y a toujours un justificatif à chaque détour, tout comme chaque rencontre n’est jamais là juste pour faire jolie. On retrouve une structure à la Nioh ou Wo Long, où on dispose d’un hub central duquel on choisit la prochaine mission/destination que ce soit pour une mission principale ou une facultative qui recycle alors une partie de décor déjà vue. En mission, on suit un cycle lui aussi repris de session en session finalement, avec une boss de fin qui nous attend pour clôturer la sortie avant un retour au hub. D’ailleurs, ces boss ont le droit à une superbe inspiration, et des mécaniques poussées. Bref, la progression est connue si vous avez joué aux titres de Team Ninja et Koei avec son alternance base – terrain et une bonne proportion action/information sur l’histoire. Khazan dose bien mieux sa partie narrative qu’un FromSoft par exemple avec des éléments concrets plus réguliers.
Le gameplay reprend les classiques du genre avec deux attaques, et une endurance à gérer pour éviter d’être à poil et à la merci de l’adversaire : chaque frappe, esquive, parade, blocage, en consomme un peu et si on est à zéro, on est inerte quelques courtes secondes avant de voir l’endu remonter et là, autant le dire : on prend cher ! La frappe rapide génère des dégâts modérés, mais coute peu en endurance. Mais parfois, un adversaire est derrière un bouclier et nécessite l’usage de la frappe lourde pour le déstabiliser. En plus de cela, enchainer les coups, notamment les lourds, entame rapidement l’endurance adverse, le rendant par moment lui aussi inerte. Et là, à l’image des frappes furtives dans le dos, il y a moyen de déclencher une exécution en bonne et due forme afin de ravager les PV adversesavezc une cut scène de titan. L’esquive parfaite rend l’adversaire ralentit un très bref instant tandis que les parades parfaites attaquent à la hache l’endurance adverse. On modifie notre approche selon l’adversaire, et on esquive ou pare les assauts adverses selon nos préférences (tant qu’on ne prend pas de dégâts, c’est déjà ça) pour conserver notre vie intacte. L’arsenal à disposition permet de varier les plaisirs entre la double lame, la claymore et la lance.

On monte en niveau à la façon d’un souls traditionnel avec la lacrima accumulée qu’on dépense au cristal démoniaque (sous forme d’une épée maudite façon Soul Edge), et chaque level coute plus cher que le précédent. On monte la stat qui match le mieux à notre style de jeu, et selon aux équipements qu’on utilise. Le stuff est pas mal lié à la notion de set. Que ce soit le casque, torse, gant, arme, bijou, etc., plus on équipe une pièce d’un set et plus on débloque de bonus associés. A côté de cela, on dispose de pas mal d’arbres de talents où on investit les points gagnés au fil du temps pour améliorer nos capacités globales, ou spécifiques à l’une ou l’autre arme. Truc cool : on reset le tout très facilement pour tenter un nouveau build et une nouvelle approche à la volée et on apprécie surtout l’ergonomie et la clareté de l’interface tout comme des menus en jeu. Tout est clean, propre et simple d’utilisation.
Comme tout bon ARPG exigeant, ici même dit « hardcore », il faut avouer que Neople n’a pas menti. Même si un mode « simplifié » pointe le bout de son nez après plusieurs échecs consécutifs (un pop-up propose de switcher de mode si on galère), l’expérience globale est assez exigeante et certains boss sont des vrais remparts. Le moindre loupé est directement sanctionné. On crève en chaine parfois, nos nerfs sont mis à rude épreuve, mais compléter ces défis procure une réelle satisfaction et on est toujours récompensé à la hauteur du challenge auquel on vient d’être opposé. Pour les joueurs de Demon’s/Dark Souls, la répétition, l’apprentissage poussé des patterns, et parfois proche du ragequit tant on prend dans la face, vous êtes en terrain connus ! Heureusement, la défaite face à un boss n’est pas sans contrepartie. Déjà, les lacrimas « perdus » se retrouvent proches du cristal où on a repris vie, avec un petit bonus dépendant de notre essai précédent sur le boss. Plus on a entamé un boss, et on a avancé dans notre try, et plus ces lacrimas bonus sont nombreux. De la sorte, après xx essaie, on arrive à prendre un level et assigner un point de stats.
En mode « easy », l’endurance du joueur remonte plus rapidement, la combativité se charge plus vite, et on encaisse un peu mieux grâce à une défense plus efficace. Mais on n’est pas face à un mode facile comme on l’entendrait, c’est juste un peu plus permissif, avec des fenêtres d’action un peu plus étendue, mais cela ne nous rend pas le jeu vraiment plus trivial pour autant. Il est tout de même nécessaire de tenir les timings d’esquive, etc. À noter que passer en mode simplifié est en mode aller simple, la seule façon de revenir à la difficulté standard, il faut obligatoirement reprendre une partie de zéro.
Là où Neople surprend, c’est surtout avec ce mélange d’approches : oui, c’est un soulslike avec une grosse partie de ces composantes habituelles, mais le gameplay aurait la tendance à être catégorisé dans un bon gros ARPG des familles où l’action et la baston sont au cœur de l’expérience. Manette en main, c’est un pur kiff. Oui, des fois (souvent) ça rage, mais quand on fait notre carnage, c’est un délice ! Même si n’avoir que trois armes pourrait paraitre faible, elles amènent tant de possibilité, des combos, des capacités via les arbres, que la richesse de l’offre n’est clairement pas aux abonnés absentes bien au contraire. Couplé à un listing de boss réussit, et un bestiaire convaincant, c’est validé à 110 %.

Côté technique et rendu, la DA de Khazan m’a séduit dès la première approche l’an dernier. Que ce soit son style cellshading aux allures de bd/comics, les animations, le charadesign global, ou même les environnements, Neople a délivré un travail exemplaire. Sur PS5, on dispose de deux modes : rendu à 30fps, ou performance à 60fps. Sur PS5 Pro (à vérifier sur PS5 standard), il y a une option de frame unlock grâce auquel le mode rendu dépasse régulièrement les 50fps (le mode perf reste à 60, fixe et stable), mais parfois, cela chute à 30 et c’est assez violemment visible. Même si l’image est affinée, ces variations des framerate m’ont paru trop dérangeantes. La partie audio comprend un OST assez solide et plusieurs doublages (EN/JP/KR) ainsi qu’une dispo des STFR intégrale.
On nous promettait un ARPG exigeant et sanglant avec The First Berserker Khazan, et on ne nous a pas menti. C’est violent, c’est sombre, c’est nerveux, on le prend en main avec rapidité, mais on le maitrise dans le sang, avec une belle courbe d’apprentissage. Riche en contenu, bien construit, et prenant sur la durée, on ressort convaincu. Il y a bien quelques boss vraiment retors où la moindre erreur n’est pas permise, mais dans l’ensemble, Khazan est un super titre pour les adeptes d’ARPG exigeant. Un gros coup de coeur me concernant.



















