Ce début d’année 2025 est terrible avec une vague de titres intéressants qui ne s’arrête pas… face à un tel flux, il n’est pas rare de voir des pépites passer sous les radars, ce qui a failli être le cas de Mandragora Whispers of the Witch Tree. Je remercie pour le coup l’algorithme Twitter qui m’a fait pop un post de la page officielle du titre parlant de la sortie du jeu, et la démo jouable. Il ne fallut pas longtemps pour me convaincre de découvrir ce titre et vous partager mon avis dessus.
Un terrible fléau s’est abattu sur le monde de Faeldumm : l’Entropie. Des créatures diaboliques s’y infiltrent à travers des déchirures, des anomalies dans le tissu de l’existence. Des inquisiteurs sont envoyés lutter contre ce mal et purifier le monde des hérétiques pour imposer la volonté du Prêtre-Roi, mais la mission est loin d’être aussi simple que prévu. Mandragora nous plonge dans un univers dark fantasy de toute beauté avec une histoire passionnante, nous prenant plusieurs dizaines d’heures pour en voir le bout. La première chose qui saute aux yeux est cette direction artistique magnifique. Entièrement dessiné à la main, le titre nous en met plein les yeux. Cela fourmille de détails, chaque créature est unique, et les animations sont tout bonnement excellentes.
Le travail du studio Primal Game Studio nous subjugue de par sa qualité et sa finesse. Le charadesign des différents avatars suit la même tendance et la couche audio enfonce le clou de ce monde des plus réussis. Dans un décor médiéval — gothique sombre, l’aventure s’envole et nous scotche avec son esthétique léchée, qui matche à la perfection la 2.5D du jeu. Avec un doublage intégral en anglais (STFR) et une bande-son, elle aussi réussit, le voyage Mandragora part sur d’excellentes base.
SoulsVania version 2.5
Le gameplay propose un mix de Metroidvania et de jeux exigeants types Souls ou rogue-like. D’un côté on trouve toutes les composantes de ces jeux redoutés comme une gestion pointue de l’endurance et l’esquive, des points de sauvegarde ayant des effets multiples (notre regen, passage de niveau, repop des ennemis, TP rapide) ou encore la perte de l’EXP en cas de mort, un autre genre sert de socle avec tout ce qui fait du Metroidvania ce qu’il est aujourd’hui. On y trouve l’exploration en 2.5D avec une grande verticalité dans les cartes, des arbres de talents et une gestion de l’équipement avec une couche craft intéressante.
La recette prend à merveille et, même si les Métroidvania ne sont jamais simples (Coucou Ori notamment), cette facette Souls plus profonde s’y intègre plutôt bien ici. Le mélange des genres fonctionne et délivre une expérience qui se marie plus que bien avec l’ambiance sombre qui se dégage de Mandragora tout au long de notre expérience. Chaque ennemi est une source potentielle de mort, chaque boss propose un réel challenge, la victoire est souvent acquise au prix de nos efforts et une réelle satisfaction se dégage face à certains boss tant leur mécaniques et pattern ne laissent que peu de place à l’erreur.
Dark-RPG
Whispers of the With Tree a une composante pure RPG assez prononcée, ne serait-ce qu’avec le choix parmi 6 classes au lancement du jeu avec des archétypes axés purs corps à corps, ou distants, avec un mix de dégâts physiques ou magiques, des build qui savent bien encaissés quand d’autres sont plus orientés gros dégâts, mais compensés par une défense affaiblie. Chaque classe part avec un équipement de base, un sort initial et son propre arbre de talent. Petit bonus, au lvl25, avec la possibilité d’accéder aux autres classes pour créer un personnage hybride ou de faire plus classique et ne se focaliser que sur un seul arbre. Sur un seul run, il est déjà difficile de compléter un arbre entier, basculer dans une classe hybride revient à s’ouvrir d’un côté de nouvelles possibilités, mais aussi de renoncer à acquérir toutes les compétences de ces deux classes. Enfin, après quelques heures de jeu, un mécanisme d’amélioration de compétence voit le jour, permettant de booster quelques talents pour gagner encore en puissance.














Au gré de notre progression de nombreux composants s’accumulent, libre à nous ensuite de choisir quoi en faire : des offrandes à différents autels pour gagner des points de compétences, la fabrication de nouvelles armures et armes, voire de les améliorer. Bien entendu, chaque objet équipé a un poids qui impacte notre capacité à nous mouvoir plus ou moins rapidement, des stats comme la force ou l’agilité, de l’armure plus ou moins élevée etc. Une formule assez proche de ce que nous offrent les RPG contemporains en termes de gestion de stuff. Quand bien même Mandragora est prévue pour nous donner du fil à retordre, et donc de générer de nombreuses morts, le studio nous laisse la main mise sur plusieurs paliers de difficulté pour modeler le voyage à notre guise, voire même de modifier chaque option une à une. De la sorte, personne ne reste sur le bas côté et tout le monde profonde de cette splendide production.
Sur le papier, Mandragora Whispers of the Witch Tree semble au final se baser sur les classiques de deux genres et se reposer là-dessus, mais la façon dont se mêlent ces différentes mécaniques, ce monde sombre dont on a envie de fouiller le moindre recoin, cette DA solide, et une difficulté qui s’adapte à chaque profil, le titre de Primal Game Studio va bien plus loin que cela. Je suis ravie d’avoir pris le temps de découvrir ce titre indé qui a tant à offrir. Sous le charme, je ne peux que vous suggérez d’aller vous intéresser à cette pépite indé affichée à 39,99 euros et disposant d’une démo jouable.