22 janvier 2026

Test Doom The Dark Ages : brutalité simple et efficace

Cela fait bientôt 10 ans que le jeu iconique et légendaire DOOM est de retour avec un reboot initié en 2016, suivi de l’épisode Eternal en 2020 et de ses DLC en 2021. Quatre ans qu’on attendait la suite des aventures du Slayer, et nos vœux sont exaucés. Doom The Dark Ages est sorti sur PC et console il y a quelques jours, et c’est avec une joie non dissimulée que je m’y suis lancé. Même si nos habitudes sont quelque peu chamboulées, j’en ressors plutôt convaincu. Le Slayer est de retour et il n’est pas là pour nous jouer de mauvais tours !

DOOM, c’est historiquement LE fast fps solo par excellence qui sert de défouloir ultime avec des déplacements nerveux, des gunfights frénétiques et du gore à outrance. L’histoire ? Souvent anecdotique, voire là juste pour dire qu’il y en a une, avec une formule résolument tournée vers le gameplay. Pour cette cuvée 2025, iD Software surprend et tente de renouveler sa recette en faisant passer sa narration dans une autre dimension. Sans pour autant devenir un FPS narratif à part entière, Doom The Dark Ages met en avant une histoire qui accompagne les massacres perpétrés par le Slayer, et il y a surtout un véritable univers qui commence à se construire.

Un Slayer captif

Doom The Dark Ages débute avec une cinématique durant laquelle des hordes de démons submergent le hameau de Khalim, un village sous la protection des Sentinelles et du roi Novik, accompagné des Maykr. Ce nom vous rappelle quelque chose ? C’est logique, le boss de fin d’Eternal est leur Khan ! Cette alliance, dépassée, demande l’aide par le biais de la commandante Thira à Kreed Maykr, en requérant le déploiement du Slayer. Vous avez bien lu : le célèbre Slayer n’est qu’une marionnette contrôlée par les Maykr, et considéré comme une arme pour repousser les enfers. Une nouvelle menace se profile à l’horizon et le Slayer pourrait bien être notre seul espoir de victoire, d’autant que l’ennemi, sous le joug du Prince Ahzrak, cherche lui aussi à mettre la main sur le Slayer pour en faire son joujou…

Sans prétendre à la qualité d’un FPS narratif comme déjà dit, l’histoire contée par Doom The Dark Ages nous tient tout de même en haleine du début à la fin, avec un contexte concret pour chaque mission et un rythme convaincant sur 80 % du contenu. Il y a bien l’un ou l’autre chapitre qui tire un peu en longueur, mais dans l’ensemble, ça se suit très bien. Par contre, je trouve que les différentes bandes-annonces durant toute la campagne marketing en ont peut-être un peu trop montré, gâchant ainsi certaines petites surprises.

Boucherie en vue

Manette en main (testé sur PS5), c’est un vrai plaisir de retrouver notre légendaire Slayer. On sent que le studio a voulu renouveler quelque peu le gameplay. Sans abandonner ses racines de fast fps violent, le gameplay connaît pas mal de changements et d’évolutions, à commencer par les capacités de déplacement du Slayer. Cela reste du fast, mais on perd un peu en capacité par rapport à la version Eternal. Le gros dash à outrance tout comme le strafe sont supprimés, mais aussi le double saut et les capacités de déplacement vertical. Le Slayer n’est malgré tout pas en reste avec sa faculté à grimper à des parois très hautes ou son bouclier pouvant servir de grappin. On retourne à l’ancienne formule, comme dans les anciens opus, avec une gestion de l’esquive et des combats au sol et au corps à corps.

Pour autant, même si le Slayer est plus mastoc qu’avant et qu’on le ressent, le côté gore, massacre et sanglant n’est pas perdu pour autant, puisqu’il gagne tout de même quelques outils et techniques au fil de la progression pour monter en puissance et conserver son statut de machine à tuer. Typiquement, une simple chute depuis les hauteurs provoque une onde de choc qui mine les adversaires à proximité. Chaque mouvement, frappe lourde et assaut frénétique au corps à corps fait voler en éclats les corps de nos victimes.

Un bouclier ? Une tronçonneuse ? Le boucliconneuse !

La grande nouveauté de cet outil vient du bouclier qui se voit très rapidement doté d’une couronne de type tronçonneuse et cet objet devient le nouveau pilier de la formule 2025. J’en parlais un peu plus tôt, il sert de grappin pour passer un ravin par exemple, mais c’est surtout au combat que son utilité révolutionne la formule : blocage, parade, arme de jet, rush violent contre un adversaire ou une partie du décor, etc. À côté des armes à feu, cet unique bouclier modifie pas mal notre approche. Avant, nous étions majoritairement à distance, à enchaîner slide, strafe, dash et autres en tirant des rafales, des roquettes et des coups de plasma dans tous les sens. Aujourd’hui, on est plus dans la praline au corps à corps, les glory kills, et à jouer sur l’esquive et la parade… parfaite !

Le nerf de la guerre, c’est de jouer sur la parade pour massacrer encore et toujours plus les démons qui nous font face. Quand elle est exécutée dans le bon tempo, la parade hébète l’adversaire et nous laisse enchaîner avec un glory kill, ce qui nous permet également de régénérer nos munitions, nos points de vie et notre armure. Avec les attaques dont l’ennemi est entouré d’un halo vert, le projectile peut être renvoyé quand on bloque dans le bon timing, ce qui a aussi pour effet de le mettre K.-O. un court instant (en plus de lui faire des dégâts monstres). Le même Slayer mais une autre vision.

Une grosse tarte dans les dents

Le corps à corps est mis à l’honneur avec plusieurs armes dédiées dont le gant, un fléau clouté et une masse d’arme. Avec tout cet nouvel arsenal, mis à côté des fusils, des riot et des lasergun habituels, ambiance médiévale assurée our un massacre en bonne et due forme. Mais attention, ces armes cac sont soumises à un nombre de charges limitées, qu’il est possible de régénérer via des consommables dissimulés ici et là afin de lancer des combos. Petite astuce : chaque arme a ses propres charges, il faut jongler entre elles pour continuer le massacre et maintenir la horde adverse dans le sang. La boucle de gameplay se veut violente, alternant tir, rush au bouclier, coups au corps à corps, parade, glory kill, etc. pour éclater chaque adversaire le plus vite possible, mais surtout pour accumuler la régénération de PV, d’armure, de munitions, ou l’énergie des armes.

À chaque nouvel outil débloqué, on teste de nouvelles choses afin de découvrir les meilleures combinaisons et on s’aperçoit que les possibilités sont énormes, avec une superbe complémentarité entre les armes à feu et celles de combat rapproché. Même si l’on s’éloigne de l’atmosphère Doom « reboot », cette sensation de contrôler une véritable machine à tuer est un délice. C’est brutal, le Slayer est une vraie arme de destruction massive, et malgré sa petite lourdeur, j’adore être aux commandes de cette légende et ce bouclier mortel, miam !

Dresseur de Drake

La construction du jeu diffère aussi pas mal des deux précédents opus, avec des niveaux à l’ancienne, des cinématiques avant/après chaque mission et des cartes alternant zone semi-ouverte, couloirs et espaces étriqués. Comme souvent, certains passages restent fermés et inaccessibles lors de notre premier passage, et il faut repasser plus tard une fois la bonne clé en main ou avoir résolu un puzzle un peu loin qui ouvre une porte en arrière, etc. Et cela tombe bien, car certains chapitres nous renvoient dans une zone déjà visitée. On quitte ainsi la linéarité du reboot et de sa suite pour quelque chose de différent. C’est d’ailleurs en fouillant chaque recoin qu’on accumule assez de gold pour acquérir des améliorations pour le Slayer ou ses armes.

Enfin, pour finir, le gameplay présente quelques phases originales, à bord de Titan, pour combattre des démons gigantesques. Le système d’esquive a été conservé, ce qui rend les combats assez violents et fuis, bien que basiques. Seconde nouveauté : les chevauchées à dos de dragon, qui deviennent toutefois assez redondantes. Si la prise en main n’est pas mauvaise, c’est le manque de variété des objectifs qui pêche. Sans être révolutionnaires, ces deux ajouts ont pour effet de casser la monotonie qui pourrait se dessiner sinon.

Un Slayer 4K

Dernier sujet : l’aspect technique. Lancé sur PS5 Pro, le jeu est visuellement costaud avec un seul preset : 60 fps en qualité haute couplée à une définition d’affichage élevée. Sans être la meilleure mise à jour/optimisation PS5 Pro aperçue, l’expérience reste solide et irréprochable selon moi. Les autres versions consoles sont tout aussi qualitatives. L’iDTech tourne comme une horloge et offre des mondes regorgeant d’actions sans jamais faillir. La bande-son, Doom oblige, est énergique, avec des titres rythmés et un sound design réussi. Et la VF est totale (STFR, mais aussi le doublage) ce qui mérite d’être mentionné !

iD Software a voulu insuffler un nouveau vent à sa licence fétiche avec Doom The Dark Ages, un gameplay certes moins speed (bien que toujours nerveux) et orienté corps à corps, et c’est clairement réussi. Bien sûr, cela bouleverse pas mal nos habitudes, surtout si l’on a refait Eternal et ses DLC récemment, mais au fond, Doom fait du Doom sans faire du Eternal, et c’est assez appréciable finalement. Des sensations brutales et frénétiques nous donnent rendez-vous pour une vingtaine d’heures de jeu réparties sur les 22 chapitres afin de nous procurer des sensations fortes sans détour. Personnellement, je valide cette itération 2025.

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