5 décembre 2025

Test Ready or Not : le jeu qui te remet à ta place

Bon, je vais être direct : Ready or Not, ce n’est pas un jeu pour te détendre. Ce n’est pas le jeu où tu fais une p’tite game avant d’aller dormir ou où tu joues en parlant à moitié à ta femme. C’est le genre de jeu qui t’oblige à fermer ta bouche, à ouvrir tes oreilles et à te concentrer à fond, sinon tu te fais déboiter en trois secondes. C’est brutal, lent et froid. C’est ce qui fait tout son charme.

Il n’y a pas de campagne, pas de personnage principal, pas de cinématiques interminables. Tu incarnes un flic d’une unité spéciale, tu es envoyé dans des endroits louches (et parfois bien glauques), et tu fais ton travail. C’est tout. Mais bizarrement, ça marche vraiment bien. L’ambiance, les décors, les situations… tout cela raconte déjà une histoire, surtout si tu veux développer du RP entre amis. Tu débarques dans une maison avec des civils cachés sous les lits, un salon retourné… et tu captes direct l’atmosphère. Pas besoin de discuter longtemps.

Pour le gameplay, ce n’est pas « tu cours, tu tires ».

Ici, tu n’as pas le droit à l’erreur. Chaque pièce peut se révéler être un piège. Tu n’ouvres pas une porte comme dans Call of Duty, tu l’examines, tu regardes sous la porte avec une caméra, tu prépares ton équipe et tu cris avant d’entrer. Ou alors, tu fais sauter la porte au C4, mais tu risques de tuer un civil. Bref, chaque action comporte un risque. Surtout quand un mec au couteau t’éventre devant ton pote en ligne, planqué derrière une porte. N’est-ce pas, mon acolyte de toujours, Gh0st ? La prochaine fois, on couvrira la gauche et la droite.

Tu as des objectifs variés : neutraliser des suspects, sauver des civils, récupérer des preuves, protéger un témoin, etc. Et pour tout ça, il faut être propre. Moins tu t’en sers, mieux c’est. Tuer un homme qui se rend = sanction. Frapper un civil = sanction. Tu oublies de faire un rapport radio ? Sanction. Encore une sanction. Même dans la victoire, tu es jugé. Et il n’est clairement pas évident d’obtenir un A+ en faisant tout correctement. Évidemment, la rejouabilité permet de tout refaire parfaitement, car tout bouge et les situations ne sont pas les mêmes d’une partie à l’autre. Et les armes… le recul est violent. Tu ne tires pas pour faire le beau. Si tu tires, c’est parce que tu n’as pas le choix et que tu veux rester en vie. Le stress s’infiltre rapidement dans les tirs que tu effectues. Le réalisme est de mise avec une superbe gestion de la ballistique, que ce soit le recul, la dispersion, la pénétration ou le ricochet des munitions et j’en passe.

Et l’équipement ? Tu choisis tout.

Tu veux rentrer en force avec un bouclier, un fusil à pompe et des grenades aveuglantes ? Tu peux. Tu préfères jouer de manière discrète et silencieuse, avec un pistolet et une caméra sous la porte ? Tu peux aussi. Tout ton équipement est modulable. Tu dois simplement t’adapter à la mission. Il y a pas mal de gadgets : gaz lacrymogène, flash, miroir, serrure à crocheter, cale pour bloquer les portes, etc. Le jeu t’encourage à réfléchir avant d’agir. Si tu as pris le mauvais matériel, tant pis. Tu souffres. Ah, et tu n’as pas de sprint. Pas de hitmarker. Pas de barre de vie. Quand tu saignes, tu dois te bander. Quand tu es touché à la jambe, tu boites. C’est comme ça. Et ça rajoute du réalisme à fond ! Le matériel est très actuel et très réaliste. Étant moi-même tireur sportif, c’est plutôt cool de retrouver les vrais équipements dans le jeu.

En solo ou en équipe ? Clairement en équipe.

Tu peux jouer en solo avec des IA (qui ne sont pas nulles), mais Ready or Not est fait pour la coopération. Avec des potes qui jouent sérieusement, le jeu devient dix fois plus prenant. Tu coordonnes les entrées, tu fais des plans, tu crie en même temps que ton personnage. Et si l’un d’entre eux se fait buter, tu flippes à l’idée de devoir finir sans lui. Le pire, c’est que quand tu meurs, tu regardes la partie en mode casque tactique : tu es mort, mais tu as encore les yeux de ton coéquipier. Et c’est flippant. Tu as l’impression d’être dans un véritable exercice d’intervention. Sauf que clairement, à deux, on a morflé, surtout dans une maison remplie de drogués… car là, c’était nous deux contre tous ! Pour être honnête, jouer avec l’équipe IA est assez difficile, car il est compliqué de donner toutes les informations. Parfois, on aimerait que ça se passe différemment, mais il y a surtout une bonne trentaine, voire plus, de boutons pour pouvoir manier l’équipe. Donc, en équipe avec de vrais collègues, c’est beaucoup mieux. Le jeu prend tout son sens comme ça.

Entre deux missions, tu peux te balader dans ton QG. Tu as un stand de tir, un vestiaire pour changer de tenue, un espace pour équiper tes armes, personnaliser ton personnage, tester des choses. Il n’y a pas vraiment de progression classique (pas d’XP, pas d’arbre de compétences), mais tu débloques des cosmétiques en réussissant certaines missions avec de bonnes notes. Il y a 18 missions de base, plus 2 avec le pack « Los Sueños ». Et ce n’est pas du contenu bâclé. Chaque mission est une situation tendue : fusillade dans une station-service, prise d’otages dans une maison bourgeoise, squat avec trafic d’êtres humains, trafic façon favelas, hangar avec un pedocriminel en plein tournage, etc. Comme mentionné précédemment, le gros plus, c’est que les ennemis changent de position à chaque fois. Donc, même si tu refais une carte, ce n’est jamais pareil. Tu ne peux pas apprendre par cœur. Et ça, ça tue la routine. Heureusement, la tablette tactique permet de récupérer quelques informations en live durant la mission, histoire d’avoir quand même un suivi minimum.

RDV avec la faucheuse

En mode normal (sur trois niveaux), tu peux te faire tuer en deux balles. L’IA est plutôt bonne : les ennemis te contournent et te mettent la pression. En plus, le friendly fire est activé. Donc si ton pote passe devant, tu peux lui éclater la tête. Et ça arrive. Tu dois gérer les saignements, les effets des grenades (même sur toi) et le stress des civils qui hurlent ou qui s’enfuient. Et les suspects te testent : parfois, ils se rendent ; parfois, ils mentent. Parfois, ils attaquent au couteau alors que tu étais en train de recharger. Jamais sauf, toujours à l’affût.

Console mode

Franchement ? Bonne surprise. Le jeu tourne bien : 60 FPS fluides en mode perf (le mode rendu m’a semblé pas adapté à ce genre de jeu), pas de gros bugs bloquants (j’ai eu deux ou trois petits glitchs à la Bethesda, genre un mec coincé dans une porte, mais rien de grave), les temps de chargement sont courts. La manette est bien gérée : les gâchettes adaptatives, le retour haptique, etc, tout y est. Tout cela rend les sensations vraiment agréables. Tu sens la différence entre les armes, le recul, les explosions. Graphiquement, ce n’est pas un bijou, mais c’est solide. L’ambiance est au rendez-vous. Les lumières, les ombres, la fumée, les effets de flash, tout ça fonctionne bien. Les personnages sont un peu rigides, mais franchement, tu es trop concentré pour y faire attention. Le sound design est génial. Il n’y a pas de musique, juste des bruits. Et ils ne sont pas là pour faire joli. Ils te sauvent ou te tuent. Tu entends un type marcher derrière une porte ? C’est une information. Un cri dans une pièce ? C’est une menace. Un tir ? Tu sais immédiatement d’où ça vient. La spatialisation est vraiment bien faite. Et quand tu joues avec un casque, tu es DANS le jeu. Même les doublages sont de qualité (et sous-titrés en français si tu préfères). A noter l’arrivée du full crossplay dès le lancement, dans quelques heures, entre consoles (PS5 / Xbox Series) mais aussi PC. Bien entendu, tout jouer à la possibilité de désactiver cette option.

Concernant la censure du titre, annoncée il y a peu, vous trouverez plus de détails chez nos collègues IGN France concernant les missions impactées et avec quelques photos avant / après. Le lien de l’article ci-dessous.

Ready or Not n’est pas pour tout le monde. Si tu as envie de courir, de tirer et de spammer des clips, passe ton chemin. En revanche, si tu veux un FPS qui te respecte, te fait transpirer, te punit quand tu te la joues trop facile et te récompense quand tu joues bien, alors tu es au bon endroit. C’est tendu, exigeant, parfois injuste, mais toujours ultra immersif. C’est l’une des meilleures expériences tactiques que j’ai faites. Et clairement, l’un des rares jeux où chaque erreur m’a appris quelque chose. Voilà. Si tu as une équipe qui joue sérieusement, fonce ! Et même en solo, si tu es patient, tu vas adorer. Mais prépare-toi à stresser. Beaucoup.

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