5 décembre 2025

Preview Titan Quest II : les Dieux dans la ligne de mire

Lors de son dernier showcase, THQ Nordic a fait vibrer la corde de la nostalgie en remettant sur le devant de la scène certaines licences historiques du C-RPG, comme le remake de Gothic, le remaster de Sacred 2, ou encore le très attendu Titan Quest II, dont l’accès anticipé a été shadow drop à la fin de la conférence. Même s’il reste quelques ajustements à faire, Titan Quest II conserve sa ligne directrice et affiche des ambitions similaires à celles de sa gloire passée : concurrencer les hack’n’slash phares du moment avec une alternative solide. Grimlore Games, qui a repris les rênes, semble en avoir les moyens.

Titan Quest II est un hack’n’slash qui nous plonge dans une véritable épopée à travers la Grèce antique, sur fond de mythologie. La déesse Némésis a corrompu les fils du destin et promet un châtiment éternel à quiconque s’oppose à elle. Après avoir créé notre avatar avec des outils très succincts (une quinzaine de choix par sexe, et basta), nous voilà directement catapultés dans ce monde où la narration se contente, durant ce prologue et ce premier acte, de poser les bases et le contexte. Notre mentor a tout fait pour cacher notre existence à Némésis, mais lors de notre initiation, notre avatar touche malencontreusement un artefact qui permet à la déesse corrompue de nous localiser. S’ensuit une course-poursuite, puis une fuite en bateau qui nous permet de justesse d’échapper à Némésis. Démarre alors une quête pour trouver de nouveaux alliés et combattre les dieux qui menacent notre monde.

Un départ sur les chapeaux de roues

Ne vous attendez pas à de grands rebondissements ou à une trame centrale qui irait plus loin que cette mise en bouche durant cette première partie, qui nous occupe plusieurs longues heures (5 en ligne droite, une bonne quinzaine si l’on souhaite tout compléter). Il s’agit plus d’une très grosse introduction suivie de la première zone, Pyrgos et ses environs, qui permet de découvrir certaines mécaniques du jeu et son potentiel. Le monde de Titan Quest II regorge de vie et incite à l’exploration. Pour l’objectif principal, on a une vague idée de la direction à prendre pour l’atteindre, mais ensuite, c’est à nous de trouver et d’emprunter l’une des nombreuses routes qui y mènent.

Au fil de notre voyage, nous rencontrons de nombreux PNJ qui nous demandent de l’aide pour l’une ou l’autre mission annexe, qui nous récompense toujours généreusement, aussi bien en EXP qu’en équipement. Notre cible du moment est rarement marquée de façon explicite, ce qui nous pousse à ouvrir la carte de la région pour y apercevoir les zones mises en avant et les tracés de la région absents de la carte tant que chaque recoin n’a pas été découvert … ou à y aller à l’instinct, à l’ancienne et ça, c’est du pure kiff. Le seul indice partagé est parfois une direction cardinale à prendre pour espérer croiser le personnage à rencontrer ou à abattre. Une fois la quête terminée ? Rebelote : l’interface reste très neutre, n’affichant aucun indicateur ou direction pour retrouver le donneur de quête. Il faut donc consulter la carte ou les notes de la quête pour s’y retrouver. Et ceci est tout autant valable pour le suivi des différentes étapes, en dehors de la trame principale. Le joueur a tout à gagner à explorer chaque recoin : de l’expérience, des butins, des trésors, des missions et des boss optionnels qui donnent à nouveau tout un tas de récompenses, et surtout, en se baladant un maximum sur la carte, de nouveaux marchands viennent à notre rencontre et de nouveaux portails de téléportation sont activés. Puis, une telle liberté offerte ? Il serait dommage de s’en priver, d’autant que visuellement, Titan Quest II séduit.

Baston double classe incluse

On y retrouve une direction artistique fidèle à l’originale, mais remise au goût du jour avec une technique plus récente. Si l’optimisation globale en termes de performances laisse à désirer, avec des baisses de FPS assez brutales et régulières en 4K (même avec le supersampling, le framegen n’est pas disponible pour le moment), l’esthétisme fait son office et le charme opère. Le monde fourmille de détails, la végétation bouge au gré du vent, et le cycle jour/nuit ainsi que la météo dynamique ajoutent une touche d’authenticité à cet univers mythologique. À cela s’ajoutent des animations, des effets de sorts, de lumière, d’ombre et de reflet de qualité. Une fois les problèmes de performance résolus, l’aspect technique de Titan Quest II sera satisfaisant, d’autant que la bande-son est envoûtante. En revanche, le jeu n’est disponible qu’en anglais, que ce soit pour le doublage ou les sous-titres, et il arrive même que, lors de certaines cinématiques, aucun sous-titrage n’apparaisse à l’écran. À noter également quelques bugs plus ou moins gênants, comme des réapparitions sous la carte (sous les textures), qui peuvent rendre difficile le retour au monde réel pour poursuivre la progression. Espérons qu’un patch corrige rapidement ces problèmes.

Enfin, le tour de la star du jour est venu : le gameplay ! Si vous avez récemment joué au premier Titan Quest, vous constaterez une différence assez frappante avec une offre aujourd’hui plus dynamique, fluide et agréable. Titan Quest II reprend les bases du hack’n’slash, avec la particularité de pouvoir mélanger jusqu’à deux classes parmi les quatre disponibles, permettant ainsi de combiner les capacités de plusieurs archétypes. Terre utilise des sorts de feu et de terre, avec des allures de chaman, tandis que Tempête penche plus vers le mage de glace et d’électricité. Le Rogue a le profil d’un assassin dont les talents de manipulation du poison et l’utilisation des points faibles le rendent particulièrement mortel sur le champ de bataille. Enfin, le guerrier spartiate est un monstre au corps à corps, doté d’une force brute dévastatrice et d’une robustesse à toute épreuve. Mais le choix de la classe (qui s’effectue pour la première fois après quelques minutes de jeu, puis une seconde fois un peu plus tard) ne sert finalement qu’à débloquer des arbres de compétences. Il n’influence en rien nos statistiques ou l’accès aux armes/armures.

Fuuuuuuusioooooooooon

Les combinaisons possibles sont certes moindres que dans le premier Titan Quest (8 classes), mais n’oublions pas que nous avons affaire à un accès anticipé. Et même là, c’est déjà assez satisfaisant. Bloquer une troupe adverse dans un cyclone ou un blizzard avant de lancer un assaut mortel à la double lames empoisonnées tout en esquivant les attaques ennemies, c’est original, puissant et classe à l’écran. Au début de l’aventure, notre héros ne possède que l’attaque de base des armes, mais dès le déblocage de la première classe, il dispose de deux points de compétences actifs par niveau gagné, ainsi que de deux points passifs. Chaque classe possède un arbre de compétences dans lequel on peut dépenser ces points. Côté actif, le premier investissement débloque une nouvelle capacité (à insérer dans l’un des emplacements disponibles), tandis que chaque point additionnel dépensé sur la même case renforce le sort. Mais ce n’est pas tout : cela nous octroie également des facultés pour acquérir des modulations pour ces compétences équitable par palier. Par exemple, la foudre génère des dégâts quelques millisecondes après l’impact au lieu de frapper instantanément, mais ce délai est compensé par un boost de 25 % des dégâts. La boule de feu se divise en plusieurs scories qui infligent des dégâts de zone, tandis que la tornade se transforme en blizzard.

Côté passif, on mise sur des dégâts accentués, une régénération d’énergie augmentée, des affinités élémentaires améliorées, et toujours avec ce système qui permet de dépenser plusieurs points sur une même case pour augmenter l’effet, tout en ayant accès à des modificateurs comme une chance de coup critique plus élevée, une vitesse de caste réduite, etc. Enfin, les points de divinité, obtenus en prenant des niveaux ou en relevant des défis, permettent de débloquer de nouveaux talents dans les paliers suivants. Côté statistiques, il s’agit d’allouer des points dans l’une des quatre statistiques majeures à chaque niveau gagné, ce qui a pour effet de booster toutes les statistiques mineures adjacentes. Au fil du temps, notre héros gagne en force, en agilité, en robustesse ou en intelligence, ce qui a pour effet de générer le même effet sur les dégâts physiques ou élémentaires des différentes écoles en effet domino. Le joueur doit donc placer ces pions de manière intelligente, en fonction du build qu’il a choisi et des sorts qu’il utilise.

Un premier jet convaincant

Titan Quest II garde un gameplay hack’n’slash basique, et sa composante loot en fait clairement partie, avec différentes raretés offrant plus ou moins de budgets en termes de statistiques, d’affixes et de bonus passifs, ainsi que différents emplacements (casque, torse, anneaux, bijoux), et la possibilité de jongler entre deux armes. Il existe également tout un système avec des prérequis de statistiques pour équiper certaines pièces. Classiques, mais efficaces, ces mécanismes sont des valeurs sûres. Quand on couple l’ensemble des composantes du gameplay, avec ce mélange de classes et la liberté dans les arbres de talents, les possibilités sont très nombreuses et le plaisir de jeu est immense. De la sorte, chacun devrait y trouver chaussure à son pied. Perso, j’ai kiff et j’attend avec impatience la suite.

Durant une bonne quinzaine d’heures, Titan Quest II nous dévoile un premier visage de son voyage, qui s’annonce relativement solide, avec pour maîtres mots la liberté et l’exploration. Le défi est au rendez-vous (d’autant que le niveau des ennemis peut être augmenté moyennant finance), le bestiaire et les boss sont inspirés, et ce monde nous fascine. Titan Quest premier du nom était une expérience peut-être pas parfaite, mais qui savait nous procurer le plaisir attendu. Cette suite (bien qu’en accès anticipé) suit la même lignée, avec plus d’ambitions. Modernisé sans trahir son identité et sa patte, Titan Quest II part du bon pied pour son accès anticipé. Il reste du travail, aussi bien en matière d’optimisation que d’ajout de contenu, mais la base s’est montrée suffisamment convaincante pour que Titan Quest II figure sur la longue liste des projets à suivre de très près.

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