22 janvier 2026

Gears of War Reloaded : une légende ne meurt jamais

Il y a des licences dont la découverte marque à jamais, et celle du premier Gears of War sur Xbox 360 en fait indéniablement partie. Il figure encore aujourd’hui parmi mes expériences majeures, toutes consoles confondues, tant la surprise fut énorme à la fin de l’année 2006. Et pour cause, la rencontre avec Marcus Fenix ne laisse personne indifférent. Presque 20 ans plus tard, de l’eau a coulé sous les ponts et Gears (c’est son nouveau nom) en a connu des épisodes, avec même des changements d’avatar en cours de route, des spin-offs, des tactical RPG et des jeux mobiles, et j’en passe. Mais aujourd’hui, le 26 août 2025, est un jour à marquer d’une pierre blanche : non seulement Marcus Fenix revient dans Gears of War Reloaded (une réédition améliorée de Gears of War Ultimate Edition), mais surtout, ce jeu de légende débarque sur la concurrence. Et soyons honnêtes, quel moment étrange que de parcourir ce titre sur une PlayStation !

Replaçons Gears of War dans son contexte : le monde s’appauvrit et le pétrole se fait de plus en plus rare, poussant les différentes nations à entrer en guerre. C’est alors qu’est découverte une énergie encore plus précieuse : l’imulsion. Durant plusieurs décennies, le monde ne connaît que la guerre, la tristesse et la douleur, mais une nouvelle menace apparaît, poussant l’humanité à s’unir : les Locustes. Cette espèce alienoïdes ne connaît pas la pitié et anéantit tout sur son passage. Leur première émergence a créé le E-Day. Pour tenter de les éradiquer, la coalition humaine utilise le rayon de l’aube (un tir laser satellite), des armes chimiques, etc. Résultat : le monde est en ruines, l’humanité va mal et les locustes sont toujours en vie sous terre. L’un des soldats, Marcus Fenix, est emprisonné pour avoir abandonné ses troupes pour sauver son père, un acte considéré comme de la haute trahison.

Les années passent et l’armée humaine essuie défaite sur défaite… Une amnistie est alors signée pour « libérer » ces prisonniers de guerre, dans l’unique but de regonfler les rangs de l’armée des Gears. C’est ainsi que débute Gears of War, au moment où Marcus Fenix sort de geôle et retrouve son armure emblématique ainsi que son fusil-tronçonneuse ! L’histoire suit Marcus et ses nouveaux compagnons durant ce premier opus en cinq actes, d’une durée de près de dix heures, dans une lutte sanglante contre les Locustes. Le jeu propose une formule de tir à la troisième personne très originale pour l’époque, avec un système de couverture. Tir et action au corps à corps (la tronçonneuse), jouable en solo ou en coopération en écran splitté, où le joueur 2 incarne l’un des compagnons de Marcus. Lorsqu’il doit choisir entre deux passages pour progresser, le joueur 2 est toujours envoyé avec la seconde escouade. J’ai fais ce titre je ne sais combien de fois, et pourtant 19 ans plus tard, je m’émerveille toujours autant devant, le plaisir est toujours le même … bordel, mais quel plaisir.

Le jeu est dynamique, gore et surtout addictif, et l’histoire parvient à nous tenir en haleine tout au long de l’aventure. Certes, le schéma de la progression est assez similaire tout au long du jeu (trouver la prochaine salle, dégommer la vague d’ennemis, regarder une cinématique ou écouter un dialogue, avancer jusqu’à la prochaine salle, et ainsi de suite), ce qui peut paraître quelconque sur le papier, mais manette en main, cela fonctionne tout de même relativement bien, même en 2025. Le jeu nous propose quelques monstres originaux et des boss spéciaux qui diversifient un peu la recette. La prise en main est aisée, simple, mais efficace, et la mise en scène des exécutions… jouissif.

Gears of War était une vraie claque, pas seulement pour son histoire et son gameplay, mais aussi pour son esthétique. C’était du lourd : l’écran affichait un monde séduisant, quelque peu baveux, qui rendait sa « crasse » séduisante, avec un rendu et un style d’image qui lui étaient propres. Il ne fallait que peu de temps pour reconnaître Gears à l’écran tant il avait sa marque de fabrique rien qu’à lui. En 2015, la version Ultimate est arrivée et a affiné l’image, avec une meilleure définition native, des textures de qualité supérieure, la suppression d’une partie du popping et de l’aliasing, ainsi que l’ajout d’effets de lumière de toute beauté. Par contre, effet kiss cool, Gears perdait cette espèce de filtre grisonnant qui faisait son identité, cette image « sale » supprimée, ce qui rendait son univers tout de suite un peu plus propre. C’était toujours extraordinaire de s’y balader, mais il lui manquait cette petite touche maison qui produisait un effet extraordinaire.

9 ans plus tard, nous voici le 26 août 2025, et Gears of War Reloaded est en quelque sorte la version Ultimate ++, avec des améliorations encore plus poussées. La définition native est maintenant en 4K, ce qui lisse encore plus le rendu, et le framerate s’envole à 120 fps (si le matériel est compatible, avec une connexion HDMI 2.1 et une dalle 120 Hz) et l’image est nette et sans bavure. Tous les problèmes passés ? envolés, pas simplement réduits. Ne nous mentons pas, si visuellement, Ultimate et Reloaded ne semblent pas si éloignés l’un de l’autre( il y a tout de même quelques détails ici et là de mieux), c’est surtout cette fluidité qui différencie le tout ! Alors oui, j’entends deux ou trois personnes au fond de la salle parler de chara design old school, etc., ils n’ont pas tort, les cinématiques sont même encore en 30 fps à l’ancienne (ce qui peut casser l’immersion lors du passage cinématique -> jeu), mais il serait malhonnête de ne pas dire que cette version est bien la version ultime de Gears, avec une technique propre et soignée. Rappelons que Gears of War : Reloaded est un remaster et non un remake, et surtout, qu’il n’y a aucun souci technique à l’horizon, ou plus simplement, que le jeu dans son intégralité est très propre. Le framerate fluctue quelque peu (il faut avoir une sonde qui surveille le VRR/IPS pour voir les rares baisses à 112-113, etc.), mais cela n’est pas perceptible en jeu, et le reste fonctionne à merveille.

La manette Dualsense est prise en charge de manière quasi parfaite, avec l’utilisation du haut-parleur pour la diffusion des messages radio et du briefing des objectifs en temps réel. Les retours haptiques s’activent à chaque explosion, à chaque activité souterraine des Locustes, à chaque fois que The Coalition veut que le joueur ressente quelque chose, durant les combats frénétiques, etc., et les gâchettes adaptatives sont de la partie. Bref, tout y est, et c’est un véritable plaisir. Si Gears est avant tout une histoire qui s’étend sur plusieurs titres pour beaucoup, il y a aussi toute une dimension PvP avec la partie multijoueur qui est toujours d’actualité, avec une progression cross-plateforme et un multijoueur cross-play, et tout cela dans un contenu massif avec plusieurs cartes, modes, un arsenal de dingo, etc. Gears of War Reloaded affiche vraiment patte blanche sur chaque composante et tente de satisfaire tous les profils de joueurs.

À l’heure du bilan, il est difficile de trouver quelque chose à redire à ce Gears of War Reloaded. Marcus et sa bande auront toujours une place spéciale dans mon cœur. C’est étrange de jouer à Gears sur Play dans mon salon, mais cela correspond à la nouvelle stratégie de Xbox qui consiste à être partout. Cela permet à un nouveau public de découvrir un titre majeur de l’industrie et d’y prendre plaisir. Même si je joue principalement sur ma Play (je n’ai plus de xbox, en toute transparence, ayant renouvelé mon pc l’an dernier pour une bête de compet ’), j’ai toujours une affection particulière pour cette licence et me dire que 20 ans après, j’y retourne pour un nouveau run génère forcément un sentiment fort. Si demain, Xbox déclare que le prochain Gears n’est disponible que sur une console Xbox (et pas sur pc), je rachète une Xbox à la sortie du jeu, direct, sans discussion. Ça donne une idée de l’affection que j’ai pour cette licence.

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