12 mai 2026

Avis The Bearer and the Last Flame : un Souls-like rétro ambitieux mais limité par son contexte

Vous l’avez surement remarqué si vous me lisez régulièrement : j’aime bien traiter des gros blockbusters et mastodontes qui sortent, mais à l’inverse, j’aime sortir des sentiers battus avec tout un tas d’early access, ou de titres moins ambitieux mais tout autant intéressant quand on s’intéresse et c’est ainsi que je suis tombé sur The Bearer and the Last Flame.

Il s’agit d’un souls-like à l’inspiration oldschool, en solo dev par Javier Castilla sous son label créé pour l’occasion Dark Reaper Studio, édité par Meridiem Games, disponible depuis le 6 mars sur PC et PS5.  Le passif mobile confère à Javier un bagage solide sur le moteur Unity, et surtout cela le forme à travailler sur des projets ambitieux mais sous contraintes fortes que ce soit en termes de ressources, de temps. Son amour pour From Software le pousse à initier ce projet fou : créer un ARPG exigeant, mais à son échelle humaine si je peux dire, avec des zones fermées, connectées les unes aux autres, les façonnant les uns derrières les autres, avec une progression boss par boss.  Se lancer dans un jeu solo, avec comme seul bagage quelques années de dev sur mobile, c’est un sacré défi et on comprend tout de suite mieux les limites du projet qui seront soulevés plus tard.

Le joueur incarne un avatar chargé de protéger la dernière flamme, un objet puissant et important, dans un monde en ruine. Il doit explorer différents royaumes, en partant d’un hub central, pour atteindre son but. Les intentions de Dark Reaper Studio sont claires : offrir un voyage exigeant, du challenge, un univers cohérent et immersif, des mécaniques stratégiques avec une approche oldies. Si les intentions sont lisibles, louables, la transcription en jeu pêche, cela révèle de limites techniques notamment, d’ergonomie, difficile à atteindre / tenir à mon sens en solo dev. L’aventure affiche certains points positifs (la DA, l’univers) mais la précision des combats par exemple voir la lourdeur de certains mouvements affichent certaines maladresses. Un premier tuto nous donne les bases du gameplay : observer la cible pour déceler ses patterns, frapper au bon moment, esquiver, tout en gérant l’endurance. Après la première zone d’introduction, nous voici dans le hub central qui sert de point de départ pour les cinq biomes environnant, offrant chacun un DA différente, ses propres ennemis et boss. Cela va des classiques marécages, ruines, cavernes volcaniques etc offrant un vrai sentiment de diversité. La flamme liée à notre héros sert de fil central à l’expérience et lui sert de guide dans chacun de ces niveaux.

La progression est relativement classique avec une facette amélioration des armes et des compétences, obtenus au travers des récompenses de nos succès, et de la complétude des quêtes annexes et autres puzzles. L’accent est mis sur la répétition des essais, l’exploration, et la stratégie avec des phases d’observation et patience afin de trouver le bon tempo pour passer à l’attaque. Déjà évoqué plus haut, The Bearer and the Last Flame est un projet solo dev, ambitieux pour une personne venant du monde mobile, ayant mis des années à sortir, sans réelles aides. On sent les inspirations du souls-like, les codes y sont repris, mais pour un titre où les combats et la précision de ceux-ci sont primordiaux, la moindre approximation est fatale. Certains combats, et animations, sont rigides, les collisions et problèmes de caméra impactent la visibilité et de facto notre capacité à rester en vie. Les hitboxes sont parfois hasardeuses, et le level design est parfois trop labyrinthique et surtout sans repère visuel rendant difficile la reconnaissance des lieux (on est déjà passé là ? oui ? non ? la visibilité d’un passage, etc).

Mais voilà, malgré des limites ergonomiques avant tout, The Bearer and the Last Flame conserve des atouts comme sa DA, son ambiance, ou sa variété d’approche, avec un arsenal riche et donc différente tactique d’approche possible. La partie quest donne une dimension inhabituelle pour les souls like. Les boss illustrent bien ce sentiment et contraste entre ambition et exécution. Sur le papier, on comprend la construction intelligente visée, avec des patterns logiques mais du challenge derrière, et cela retranscrit bien pour une partie des ennemis élites, mais pour une autre partie cela nous pousse plus à ressentir une frustration à cause des approximations listées plus haut. L’exploration, satisfaisante grâce à une DA efficace, et une vraie inspiration des décors, manque parfois de lisibilité, avec LE passage à prendre qui se fond tellement dans la masse qu’on passe plusieurs fois devant, nous plongeant dans la confusion.

Pour les amateurs d’expérience oldies, rétro, de challenge, The Bearer and the Last Flame vaut quand même un petit coup d’œil. Imparfait, clairement, mais attirant, aussi. Il y a du potentiel, on le sent, on le devine, mais il manque de la finition, de la précision, qui aurait pu être corrigé avec toute une team derrière. Forcément, un projet de la sorte, solo, c’est énorme à gérer.

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