Fallout 4 revient sur Switch 2 dans une Anniversary Edition complète, près de dix ans après sa sortie initiale. Ce portage accompagne l’arrivée progressive de plusieurs jeux Bethesda sur la nouvelle console de Nintendo, entre productions récentes et piliers du catalogue. L’expérience reste fidèle à l’original, avec ses qualités, ses limites et ses faiblesses, simplement transportée sur une nouvelle console, afin de profiter du Commonwealth autrement.
Bethesda renforce progressivement sa présence sur les consoles Nintendo avec de nombreuses sorties annoncées, comme cela avait déjà été amorcé avec Skyrim ou DOOM sur la première Switch. La Switch 2 permet aujourd’hui d’aller plus loin, avec des titres plus ambitieux et un catalogue qui mêle nouvelles sorties et jeux emblématiques à l’image du superbe Indiana Jones en approche. Cette double approche donne une certaine cohérence à l’ensemble, avec des expériences modernes d’un côté et des références installées de l’autre. C’est dans ce contexte que Fallout 4 arrive sur Switch 2 (puis, avec la série en parallèle, c’est idéal, non ?).
Revenir à Fallout 4 implique aussi de replacer le jeu dans son contexte. Lors de sa sortie en 2015, il marque une évolution importante pour la série. Le joueur découvre le Commonwealth, une version post-apocalyptique des États-Unis, après un prologue qui bascule brutalement dans la catastrophe nucléaire. Le personnage principal, cryogénisé, se réveille des décennies plus tard dans un monde en ruine. Ce point de départ reste efficace, même si la trame principale sert surtout de fil conducteur à une exploration beaucoup plus vaste. Le cœur de l’expérience repose sur cette exploration, avec un monde dense, rempli de lieux à découvrir, d’histoires à reconstituer et de plaisir au bout du pad. Les bâtiments abandonnés, les terminaux informatiques et les détails environnementaux participent à une narration indirecte qui pousse à s’éloigner constamment du chemin principal. Cette approche fonctionne toujours aussi bien aujourd’hui. Le jeu donne une impression constante de progression, même sans suivre la quête principale, simplement en parcourant ses environnements. Fallout, c’est un jeu qui se vit en quelque sorte, dont on fait notre propre route.






Lors de sa sortie initiale, Fallout 4 a reçu un accueil majoritairement positif, avec comme arguments majeurs son monde ouvert, la richesse de son univers et de son contenu, mais à l’inverse, la tournure plus RPG d’action, au détriment de la profondeur d’écriture ou de l’impact fort des dialogues, a provoqué la grogne de certains. Le système de colonies constitue une autre évolution notable. Il permet de construire et gérer des implantations humaines dans le Commonwealth. Cette mécanique apporte une dimension supplémentaire, mais elle reste inégale dans son intégration. Elle peut devenir centrale pour certains, mais elle peut aussi être largement ignorée sans nuire à la progression. Avec le recul, elle apparaît comme une tentative d’élargir la formule, sans toujours trouver un équilibre parfait. Les années qui suivent la sortie viennent enrichir l’ensemble avec de nombreuses extensions amenant de nouvelles régions et quêtes, enrichissant la durée de vie avec des contenus qualitatifs et intéressants. Le jeu gagne ainsi en densité, tout en conservant ses bases. Fallout 4 est aujourd’hui perçu comme un épisode de transition, moins exigeant sur certains aspects, mais toujours très solide dans sa construction globale.
La version Switch 2 arrive avec cet héritage et propose une édition complète. Le jeu de base et ses extensions sont inclus, ce qui permet d’aborder l’expérience dans son ensemble. Le contenu est conséquent et offre une durée de vie importante, que l’on découvre le jeu ou que l’on y revienne. La Switch 2 parvient à proposer une expérience globalement stable, mais au prix de compromis visibles. Le jeu introduit plusieurs cibles de framerate, avec des modes visant 30, 40 ou 60 images par seconde. Le mode 60 fps est bien présent, mais il fonctionne comme une cible dynamique. Dans les zones calmes, la fluidité s’en approche, mais dans les environnements ouverts et chargés, elle devient plus variable. Le mode 40 fps apparaît comme le compromis le plus cohérent, avec une certaine stabilité, moins sujet aux drops, avec des performances constantes. Au moment du passage en caisse, il est tout de même demander un billet à 59,99 euros. Une version à 40 voir 50 aurait surement été plus sympathique pour un titre qui a tout de même une bonne décennie.
Visuellement, Fallout 4 montre son âge sur certains éléments. Les modèles de personnages et les animations manquent parfois de finesse. En revanche, la direction artistique reste efficace. Le Commonwealth conserve une identité forte, avec ses paysages dévastés et son esthétique rétrofuturiste. L’atmosphère fonctionne toujours et reste l’un des points forts du jeu. La portabilité constitue l’apport le plus tangible de cette version, Fallout 4 pouvant se consommer à coups de sessions longues comme par petites bouchées, ci et là. Les nombreuses quêtes secondaires se prêtent bien à ce format, et l’exploration conserve son intérêt même sur des durées plus limitées. Cette adaptation correspond finalement assez bien à la structure du jeu. Les limites techniques apparaissent surtout dans les situations les plus chargées. Certaines zones ou certains combats peuvent entraîner des ralentissements. Si ces passages restent limités, ils rappellent tout de même la complexité à porter des titres pas forcément vitrines, mais avec certaines contraintes dans la gestion de ce monde. L’expérience reste toutefois cohérente et jouable dans son ensemble.
Fallout 4 sur Switch 2 ne cherche pas à transformer l’expérience originale. Il en propose une adaptation fidèle, avec ses qualités et ses défauts. L’exploration reste centrale, la narration environnementale fonctionne toujours aussi bien, et la liberté d’approche demeure intacte. Les simplifications introduites à l’époque sont toujours présentes, tout comme les systèmes plus discutés. Cette version met surtout en avant une autre manière de parcourir le Commonwealth. Elle permet de revisiter un monde ouvert dense dans un format plus souple, sans en modifier les fondations. Fallout 4 sur Switch 2 propose une adaptation solide d’un classique du RPG occidental, avec la possibilité de s’adonner à ce RPG de n’importe où.