Sortie l’an passé sur consoles et PC via Epic, Vampire the Masquerade Swansong est arrivé sur Steam il y a quelques jours ce qui nous donne l’occasion d’enfin vous en parler après un premier run PS5 et quelques heures maintenant sur PC, mais surtout le Steamdeck ! Bien qu’il soit loin d’être parfait, Swansong sait tirer son épingle du jeu grâce à son utilisation intelligente du lore ultra riche de Vampire !
Les vampires vivent dans l’ombre et cachés de tous. Eux seuls doivent avoir connaissance de leur propre existence. C’est ce qu’on appelle la Mascarade. Swansong prend place à Boston où la faction de la Camarilla déclenche un code rouge, synonyme de danger imminent, après qu’un massacre ait eu lieu avec une possible guerre de clan prête à éclater.
Le Prince de la Cour convoque trois de ses sbires pour enquêter, comprendre la situation et régler le problème : Emem une Toréador, Galeb un Ventrue et Leysha une Malkavien avec son enfant. Quand on connait un minimum le lore de Vampire et le jeu de plateau associé, cela parle forcément ! Pour les autres, ne soyez pas inquiets, on assimile les petits détails, les notions de races, factions, clans au fil de l’aventure ou via le codex très riche présent en jeu. La narration et la trame nous entrainent dans un voyage sombre, nous tenant en haleine durant la 15aine d’heures que nécessite le fil rouge pour être complété. La rejouabilité répond présente à l’appel avec de nombreux cheminements pour atteindre nos objectifs.
Le gameplay et l’offre sont assez riches, même si la partie dialogue occupe la majeure partie de l’expérience, avec une dimension sociale importante impactée par la partie RPG, mais surtout l’avatar. On les incarne tour à tour offrant des particularités et compétences propres, après avoir généré leur fiche de personnage, synonyme de gameplay quelque peu changeant aussi. On accumule des points d’expérience qu’on dépense selon nos envies sur différents domaines : attributs physiques, compétences d’exploration, connaissances ou même de liées aux dialogues. Les possibilités de gameplay s’ouvrent selon cela (pirater un smartphone, utiliser une compétence surnaturelle pour « contrôler » un humain ?), mais c’est surtout lors des très nombreux échanges verbeux que l’on aperçoit les différences.








Selon l’évolution de nos vampires, les interactions peuvent varier et surtout on se retrouve avec un système hérité du jeu de rôle avec jet de dé. Lors de certains échanges, on se confronte à un autre personnage où nos valeurs de l’une ou l’autre stat sont mise face à face. On constate alors le pourcentage de réussite, mais on peut tenter de se donner plus de chance en se boostant temporairement cette stat. Sauf que, l’adversaire peut en faire de même et on ne peut utiliser cette capacité autant que possible. Ensuite, les dés parlent !
Deux ressources sont à maintenir à flot pour que notre vampire survive : la volonté permettant d’utiliser les capacités surnaturelles de notre créature, mais aussi la faim. La première doit toujours être le plus haut possible afin de nous permettre de réagir en cas d’extrême urgence avec les sorts à notre disposition. Concernant la faim, il existe des « bars » et autres zones sures, où on peut épancher notre soif, mais il faut faire attention à la quantité de sang prélevé et surtout laisser notre garde-manger en vie.
En dehors de la partie qu’on pourrait assimiler à du visual novel ++, on alterne exploration (on fouille chaque recoin, pour des indices), enquête et investigation (on interroge à la pelle) voir d’infiltration (on prend l’identité d’un policier pour passer une zone restreinte par exemple) en utilisant les capacités de nos trois héros. Les mécaniques sont toujours bien amenées et de façon intelligente. Forcément, le rythme global s’en ressent, mais on fait face à suffisamment de variation avec les trois avatars différents aussi bien dans leur identité, leur comportement, leur façon d’agir et leur domaine de compétence pour qu’on ne ressente pas d’ennui ou de sentiment de récurrence. Si les jeux à forte narration, prenant clairement le pas sur l’action, vous plaisent, Vampire Swansong risque de vous faire de l’œil et surtout vous combler.
La direction artistique fait son effet, avec une ambiance excellente et des décors somptueux. La modélisation des personnages laisse un peu plus à désirer surtout quand on regarde ailleurs que les protagonistes centraux. De même les animations faciales, ou les mouvements, laissent un sentiment mitigé à l’heure de faire le bilan. Sur nouvelle génération ou PC haut de gamme, cela peut paraitre un chouia faible. L’Unreal Engine 4 est le moteur utilisé pour Swansong, on retrouve alors quelques-uns des problèmes inhérents à celui-ci à l’image de certaines textures mettant du temps à apparaitre en qualité maximale. Entièrement doublé en anglais, les sous-titres FR m’ont semblé de bonne qualité et ne m’ont pas choqué durant mes quasi deux runs. L’OST est toujours juste, dans les tons, et matche parfaitement à la situation à l’écran. Quand on voit le nom derrière, Olivier Deriviere, on comprend de suite comment la bande-son peut être aussi puissante !
La fiche Steam n’indique aucune info concernant une compatibilité Steamdeck, mais soyez rassuré : tout roule à la perfection, et surtout on peut sans problème pousser tous les curseurs à fond pour tenir un 30fps+ de tous les instants. En faisant un mix medium/élevé, on s’approche du 60fps sans que la perte de qualité visuelle ne saute aux yeux. Forcément, si on joue en dock, on s’aperçoit rapidement de la limite du 720p (le 1280*800 ajoute des bandes noires latérales sinon) mais en nomade c’est clean et propre et surtout c’est une limite du hardware et non du portage. Je ne serais pas étonné de le voir très vite certifié Steamdeck tant cela tourne comme une horloge.
On avait tous les yeux rivés vers Bloodlines 2 qui semble s’être perdu dans les limbes, et voilà que Swansong est sorti l’an dernier pour faire patienter. On se retrouve dans une œuvre axée narration, avec une splendide utilisation de ce lore si généreux. Alors oui, la technique peut paraitre limite quand on joue sur de la grosse machine, le rythme global va en adéquation avec les genres représentés dans le gameplay, mais la direction artistique couplée à ce système de dialogue intelligemment monté nous promet un voyage plaisant et prenant. Joueurs Steamdeck, vous pouvez y aller les yeux fermés.