30 avril 2026

Test Island of Hearts : une nouvelle romance façon FMV

Island of Hearts est le FMV axé romance asiatique typique : un héros entouré de plusieurs jeunes demoiselles célibataires, une histoire parfois tirée par les cheveux mais qui fait sourire, avec un gameplay et une formule certes vus mais qui fonctionnent dans les grandes lignes. Bien que certains passages fassent grincer des dents, Island of Hearts reste dans les standards du FMV de drague : pas révolutionnaire, mais pas mauvais.

Notre héros semblait avoir tout pour lui : un boulot qui lui plaît, une relation amoureuse qui avance mais dans la vie, tout va parfois très vite. Il perd son emploi, s’embrouille avec sa nana, cela finit avec une rupture difficile… heureusement, notre avatar peut compter sur deux super amis qui lui parlent d’une île spéciale… où se retrouvent les jeunes aux cœurs brisés, dans un resort paradisiaque où l’amour n’attend que nous. Il n’en fallait pas plus, après avoir vu son ex au bras d’un autre, pour que notre personnage saute le pas : le rendez-vous avec ses deux amis est fixé, ils le briefent sur ce resort de rêve et la magie opère (sans jeu de mots) : le héros finit sur une plage, seul, à moitié inconscient et déjà entouré de trois femmes qui s’affairent à voir comment il va ! Quelques minutes après, il débarque dans une salle de repos avec une infirmière sexy qui prend soin de lui…

Island of Hearts pose son cadre assez rapidement au travers d’un schéma classique : une rupture, une perte totale, une chute émotionnelle et mentale, et une succession d’événements qui amènent ce héros au centre d’un groupe de naïades… à lui maintenant d’user de ses charmes et de ses capacités pour réussir à se rapprocher d’une des tentatrices. Le casting est lui aussi assez conventionnel : la timide et très réservée, à l’inverse la déjantée aguicheuse, la sportive, la douce et bienveillante, et ainsi de suite. Les 7 femmes présentes affichent toutes une direction assez différente, délivrant un casting éclectique.

Côté boucle de gameplay et structure, c’est assez simpliste avec une construction étalée sur plusieurs jours, de l’arrivée à une fête exceptionnelle n’ayant lieu qu’une fois par saison, vue un peu comme la soirée de la dernière chance, où tu ouvres ton cœur à celle à qui tu offriras la dernière danse. Entre-temps, chaque journée suit un découpage plus ou moins similaire : le personnage se voit proposer plusieurs activités et selon les réponses données aux premiers échanges, la séquence vidéo suivante diffère : est-ce que je rejoins la première femme à la piscine, ou je me joins à la seconde pour une balade sur la plage ? Selon nos décisions, les opportunités changent, on enchaîne les moments en solo avec l’une ou l’autre des femmes de l’île, et cela ouvre de nouvelles perspectives : selon nos réponses, nos réactions, voire nos succès dans l’un ou l’autre des party games, on gagne un certain nombre de cœurs. Les rendez-vous s’enchaînent, et arrive la fin de journée, où il est possible d’envoyer des textos à l’une ou l’autre des filles de l’île et du resort. Là aussi, selon notre affinité, les dialogues changent, les relations évoluent, avec parfois des bonus comme des photos aguicheuses, puis vient le bilan du jour avec notamment l’évolution de chaque lien créé, la possibilité de rejouer les séquences avec variations, histoire de découvrir chaque pan de l’histoire possible, rejouer un mini-jeu pour tenter de scorer et donc marquer des points avec une tentatrice, etc.

Forcément, choisir de passer un moment avec l’une d’elles conduisant à un second râteau avec une autre, elle nous le fait remarquer textuellement et sans détour, on doit alors ramer pour gagner des points derrière avec elle. Si le début laisse une petite impression de « contrôle », on a parfois tout de même l’impression de subir un cheminement, et que des revers sont imposés. L’effet papillon de nos choix existe, mais il n’est pas aussi développé que dans certains autres jeux. Et la notion de choix / préférence envers l’une des tentatrices, s’il est important, on arrive tout de même à cumuler les cœurs avec plusieurs femmes, suffisamment pour avoir notre chance le dernier jour sur le resort. Sur mon premier run par exemple, j’avais atteint les prérequis avec 5 des 6 tentatrices, en plus d’avoir l’option de revenir sur mes pas et retourner vers notre premier amour.

D’un point de vue narratif, Island of Hearts reste très conventionnel, avec une écriture classique, des situations attendues et prévisibles tout comme les dialogues, avec comme déjà noté des archétypes assez marqués. Certains passages fonctionnent, avec tout de même quelques surprises (notamment sur l’une ou l’autre fin totalement inattendue), mais dans l’ensemble, Island of Hearts reste sur des rails connus du FMV orienté drague. Le jeu d’acteur suit une logique similaire avec des performances qui se tiennent dans la majorité des cas, même si assez stéréotypées, mais certains passages sont trop forcés, voire penchent dans le mauvais jeu, comme lorsqu’une des prétendantes arrive avec ses deux frères à un rencard… Dans un genre où l’acting joue un rôle primordial, ces inégalités sautent encore plus aux yeux.

Sur l’aspect technique, si le décor paradisiaque fait son effet avec une île et un resort classe, quelques points cassent un chouïa l’immersion, comme les raccords au montage où l’on perçoit trop facilement les moments où la séquence jouée change avec une vrai cassure, un mini écran noir une fraction de seconde mais visible. Cela manque de fluidité, souplesse, entre les deux. Le doublage, chinois ou anglais, ne semble être dans aucun cas celui d’origine, avec du coup une synchro labiale parfois bancale. Les mini-jeux, originaux sur le papier, manquent parfois d’explications pour qu’on en comprenne la prise en main, amenant à des échecs contre notre volonté… De même, il arrive qu’on reçoive une récompense d’une des filles côtoyées, comme des photos aguicheuses, mais manque de bol, on reçoit parfois le même cadeau d’un jour à l’autre, ce qui manque de cohérence.

Malgré ces quelques limites, Island of Hearts reste un titre plus que correct, qui occupe quelques heures, avec une rejouabilité facilitée via l’accès rapide aux passages avec variations possibles. Les différentes fins sont assez variées et certaines même un peu déjantées, ce qui est surprenant pour le genre. Le contenu déblocable (behind the scenes notamment) ajoute un peu de consistance et donne un réel intérêt à aller débloquer chaque passage en jeu. S’il reste classique sur pas mal de composantes, un tantinet décevant sur d’autres, Island of Hearts reste finalement bien ancré dans le moule du FMV drague, avec des forces mais aussi des faiblesses régulièrement retrouvées dans le genre, voire dans le FMV tout court. Une proposition correcte, pas révolutionnaire, mais agréable à faire tout de même. Par contre, jouer sur handheld, oublié direct, Island of Hearts n’est pas jouable du tout à la manette, mais uniquement au clavier-souris.

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