29 avril 2026

Avis The Rogue Prince of Persia : un roguelite solide, porté par un gameplay solide

Prince of Persia, rien qu’à l’évocation de ce nom, la nostalgie pointe le bout de son nez pour énormément de joueurs… Alors qu’on attendait tous un retour au premier plan de cette licence iconique, couplé à des rumeurs d’un remake (à présent annulé), c’est un tout nouvel épisode, en 2D, axé rogue, qui est venu combler notre attente : The Rogue Prince of Persia. Si, sur le papier, cela ne correspondait pas à nos souhaits, il faut reconnaître que le jeu s’impose comme une belle surprise, efficace, malgré quelques petites limites évidentes.

Les premiers instants en jeu se montrent redoutables, avec une prise en main efficace, des déplacements couplant agilité et rapidité, et un rythme globalement soutenu, élevé, entre sauts muraux, roulades, attaques et esquives s’imbriquant naturellement et surtout sans temps mort, avec un ensemble fluide. Cette constance devient rapidement le cœur de l’expérience, avec un jeu qui nous pousse à avancer vite, improviser pour se sortir des mauvais coups, en prenant des décisions rapides pour agir. Les sensations sont bonnes, on découvre un plaisir immédiat, rapide, et même lors de l’échec, on ne ressent pas vraiment de frustration, avec une volonté plutôt de repartir directement pour un nouveau run. L’aspect rogue s’imbrique à la perfection, avec un retour au point de départ en cas de raté, et des sessions courtes, dynamiques, enchaînées sans temps mort. Le jeu trouve son équilibre rapidement, et on arrive à s’adonner à des sessions longues sans difficulté, tant l’offre sait se montrer efficace.

Le système de progression s’appuie, comme souvent, sur une accumulation de ressources permettant d’améliorer progressivement les capacités du personnage, ouvrant l’accès à de nouvelles options et aptitudes, avec comme effet immédiat la découverte de nouvelles approches pour une situation tendue, sans pour autant transformer radicalement l’expérience. L’ensemble reste assez accessible, avec une bonne lisibilité. The Rogue ne tombe jamais dans le faussement complexe, avec des mécaniques claires. La montée en puissance se fait en douceur, avec une entrée en matière pas trop difficile, permettant de prendre nos marques : le challenge augmente au gré des heures, et du gain de puissance de notre héros. Il existe de nombreuses approches pour construire nos builds, allant d’un personnage favorisant la mobilité, la défense ou, à l’inverse, l’agressivité, mais la différence entre les différents builds n’en rend aucun imbattable. Cela reste mesuré, je trouve, offrant plus de petits bonus qu’autre chose.

Les combats reposent davantage sur une bonne gestion de nos mouvements et timings qu’autre chose. Il n’est pas réellement nécessaire d’enregistrer des patterns complexes, mais plutôt de rester en mouvement perpétuel pour éviter les attaques, et frapper au bon moment. Cette orientation renforce le sentiment d’un personnage agile et rapide. La structure de niveaux générés de manière procédurale est clairement satisfaisante. Les zones s’enchaînent proprement, avec une progression tout de même assez linéaire, n’offrant que quelques embranchements différents pour arriver à destination. Par contre, j’ai tout de même ressenti un léger coup de répétitivité sur la fin, avec des biomes qui manquaient, sur la durée, de diversité, avec des éléments visuels peu variés. L’agencement est souvent changeant, différent, mais visuellement, j’aurais apprécié un peu plus de variété. Le bestiaire suit un peu la même logique.

Si la version 1.0 a repoussé ce ressenti, avec l’ajout de contenu, cela ne fait que retarder l’inévitable, en réalité. Cela reste bon dans l’ensemble, mais un peu plus de richesse aurait clairement été bienvenue. La DA apporte de son côté une identité visuelle marquée, avec un style très loin des représentations plus « réalistes » connues, avec un rendu ici de type cel-shading que j’ai fortement apprécié. Les animations sont stylées, fluides, propres, avec un résultat clairement réussi sur Switch, avec une fluidité au rendez-vous. C’est clairement le genre de titre que je trouve si bien adapté au monde mobile, pour s’adonner à quelques sessions par-ci par-là, sur le canapé, dans le lit avant de dormir, sur la terrasse pendant que le barbecue chauffe, etc. Le genre de titre que je suis capable de lancer aussi bien pour des sessions longues que pour combler un temps mort court. Le narratif reste cependant un peu en retrait, avec le lore Prince of Persia servant plus de toile de fond, et peu exploité. L’histoire, à proprement parler, de The Rogue est assez légère. Si cela reste dans la norme du roguelite, je n’aurais pas dit non à quelque chose d’un peu plus profond ou travaillé.

The Rogue Prince of Persia m’a donné l’impression d’un jeu clairement maîtrisé dans son exécution, mais parfois limité par son ambition et le calibre de petit titre indé. Il s’appuie sur des fondations solides, avec un gameplay précis, millimétré, mais comme confiné dans un cadre trop petit pour lui. C’est un roguelite efficace, porté par une proposition solide. L’expérience fonctionne plus que je ne l’aurais pensé, aussi bien sur des sessions courtes que longues, posé devant la TV comme en nomade. Si on peut sentir une petite redondance sur la durée, avec un léger manque de variété à mon goût côté biomes / bestiaire, le plaisir est là. À petit prix (moins de 30 euros), difficile de bouder ce petit bonbon sucré.

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