Guilty Gear Strive espère, avec sa mise à jour gratuite 2.0, ne pas simplement agrémenter son jeu de nouveautés, mais bien relancer l’intérêt qui lui est porté en entamant une transformation de son offre, en essayant de renouveler ce qu’il propose et de rééquilibrer une formule qui avait atteint certaines limites. Cette revisite marque une étape concrète pour Guilty Gear Strive.
Depuis sa sortie, Strive s’est imposé comme un épisode volontairement plus accessible que ses prédécesseurs, avec une simplification assumée de ses mécaniques et systèmes. Cette vision a permis à Guilty Gear Strive de toucher un public plus large, mais aussi de susciter quelques critiques de la part des aficionados, pointant du doigt un manque de profondeur pourtant habituellement bien présent dans la licence. Cette version 2.0 tente de remettre les pendules à l’heure en densifiant ses affrontements. Certaines mécaniques disparaissent, comme Wild Assault, tandis que d’autres arrivent, comme Counter Blitz. Cette nouveauté introduit une dimension nettement plus active pour la défense, avec des outils à disposition pour se sortir d’un mauvais pas, mais à condition de les exécuter avec un bon timing. De cette manière, la tension s’en retrouve renforcée, les matchs sont plus rythmés et l’on a moins l’impression de parfois subir sans avoir les moyens de s’en sortir… encore faut-il réussir un Blitz.
Cette campagne de rééquilibrage s’accompagne de refontes plus ou moins appuyées de personnages, comme Sol Badguy pour ne citer que lui, avec des changements assez conséquents, tandis que concernant Leo, il s’agit davantage d’ajustements. Forcément, quand une grande partie du roster est modifiée ou revisitée, cela remet en question toute la méta actuelle et les automatismes installés, obligeant à réapprendre et à s’entraîner de nouveau afin de reprendre en main nos persos favoris. Cela amène un nouveau souffle, même si les joueurs les plus investis ont presque l’impression de repartir de zéro.
Cette version 2.0 introduit également du contenu supplémentaire avec l’arrivée de nouveaux combattants à travers différentes saisons, afin d’approfondir un roster déjà conséquent aujourd’hui. Un système de progression fait également son apparition avec une structure de type battle pass, dans l’esprit de ce que l’on retrouve dans Call of Duty ou Fortnite, avec pas mal de choses à débloquer en jouant. Ce genre de pratique s’inscrit dans une logique de long terme, fédérant les joueurs avec des activités quotidiennes, hebdomadaires et saisonnières afin de toujours avoir des défis, missions et récompenses. Cela participe à maintenir une communauté active sur le jeu de manière régulière.
Le réel point fort de cette 2.0 est donc sa volonté de donner un vrai second souffle au jeu, et pas simplement de proposer quelques ajustements. Le but est bien de redistribuer les cartes et de redéfinir le feeling proposé par le jeu. Les combats deviennent plus ouverts, dynamiques et disputés, avec un réel équilibre entre attaque et défense. Là où l’impact risque surtout de se faire sentir, de mon point de vue, c’est davantage sur la scène esport et les tournois. Il y a une véritable phase de reprise en main et de réapprentissage. Pour les anciens joueurs, même si le processus suit globalement le même principe, cela se ressent moins. Pour les nouveaux venus, cette version combine accessibilité et profondeur, offrant une formule plus mature et soignée d’un jeu de baston déjà très solide.
Avec sa 2.0, Guilty Gear Strive affine son identité, davantage dans une logique d’évolution que de rupture. Sa partie technique, sa direction artistique et son réseau ne changent pas réellement. C’est bien la structure, les personnages et le contenu qui évoluent, avec des ajouts façon game as service venant se greffer afin de proposer une nouvelle vision plus complète, capable de toucher un public encore plus large, allant du débutant aux fans de longue date. L’ensemble s’impose comme une étape importante dans l’évolution de Strive, avec les outils nécessaires pour lui assurer une certaine pérennité sur la scène.