Mullet MadJack vise une proposition simple : du fast FPS à l’ancienne, au design rétro, avec une composante rogue dans des runs très courts. Derrière son esthétique clairement oldschool, mêlant anime et cyberpunk, se cache un FPS efficace, nerveux et explosif, accompagné d’une composante rogue bien amenée. Entre gunfights éclairs et action frénétique, une petite forme d’addiction pointe rapidement le bout de son nez et le « juste 5 minutes » se transforme facilement en longue session fun et déjantée.
Dès les premiers instants, Mullet MadJack pose ses jalons : une femme capturée, à délivrer d’une tour de plusieurs étages, tandis que notre héros se lance à sa rescousse malgré les forces adverses qui tentent de nous stopper. Chaque étage ne dure que quelques dizaines de secondes et notre avatar ne dispose que d’une durée de vie extrêmement courte : 15 secondes. Chaque kill nous en ajoute quelques-unes, nous forçant à faire le nécessaire pour survivre tout en décimant toutes les forces ennemies sur notre route. Impossible de camper, de ralentir pour se régénérer ou d’attendre derrière une couverture. Il faut avancer vite, tirer juste, improviser et surtout ne jamais ralentir.
Ce concept paraît très basique sur le papier, mais dès le premier étage on comprend rapidement où l’on met les pieds et le kiff qui nous attend. Même un couloir banal, sans aucun piège apparent, devient une zone de pression à cause des deux adversaires qui s’y trouvent. Une erreur de trajectoire, un tir raté, une hésitation, tout devient prétexte à nous mettre en difficulté avec le chrono qui défile, le décompte qui approche et le moment fatidique du zéro qui se rapproche. Le jeu nous pousse constamment à avancer avec efficacité, ce qui crée une sensation particulièrement satisfaisante.
Le résultat fonctionne bien grâce à une prise en main rapide, un concept clair et une dynamique inhabituelle dans le monde du FPS avec des étages nettoyés en quelques dizaines de secondes. Cette structure très condensée évite à Mullet MadJack de laisser le rythme retomber ou la tension diminuer. Chaque séquence prend l’apparence d’un sprint frénétique où l’on enchaîne shoot, dash, kick, esquive et kills sans interruption. La mort frappe vite à notre porte si l’on se rate, mais le redémarrage est instantané : on repart immédiatement pour un run parce qu’on aime ce que l’on voit.
Le feeling des armes, récupérées en récompense de niveau, est particulièrement bon. On alterne entre pistolet six coups, Beretta, shotgun ou katana, avec parfois des affinités élémentaires, notamment du côté des lames qui brûlent, gèlent ou électrocutent. L’arsenal dans son ensemble est convaincant et surtout varié. Le système rogue reste assez léger et très accessible. En plus des armes, il est possible de déverrouiller différents bonus comme un chrono maximal allongé, davantage de points de vie, des dégâts critiques améliorés ainsi que plusieurs bonus passifs qui modifient notre build, notre façon d’avancer, de survivre ou de combattre. Chaque amélioration est claire, cumulable avec les autres, et l’on ressent rapidement une montée en puissance contrôlée mais bien présente.
Les étages s’enchaînent, on découvre de nouveaux ennemis, pièges et mécanismes, et l’on progresse avec un plaisir simple mais réel à travers ces niveaux en profitant d’une direction artistique solide. Le jeu reprend une esthétique rétro new wave et cyberpunk très colorée, saturée et électrique, avec des néons dans tous les sens et une bande-son qui accompagne parfaitement l’ensemble. De cette manière, Mullet MadJack possède une identité visuelle immédiatement reconnaissable et parvient facilement à se démarquer des autres shooters indépendants.
Tous les dix niveaux, on atteint un boss, cette fois sans chrono, mais nécessitant une bonne maîtrise du personnage afin d’éviter de prendre des dégâts inutiles tout en exécutant une sorte de chorégraphie parfois millimétrée. Ces affrontements sont bien construits, intéressants et surtout variés. Mullet MadJack arrive régulièrement à insuffler un petit vent de fraîcheur et à amener de nouvelles idées. Combiné à ces niveaux ultra courts, denses et explosifs, le rythme ne diminue finalement jamais.
La force de Mullet MadJack réside dans cet assemblage de mécaniques classiques et simples, mais parfaitement mélangées. La partie fast FPS se montre nerveuse et explosive, la couche rogue particulièrement bien calibrée, tandis que l’aspect visuel et sonore crée une ambiance unique. On se prend très vite au jeu, les runs s’enchaînent, les minutes se transforment en heures, les essais se succèdent et l’on ne ressent jamais réellement de redondance tant l’ensemble reste frais et les succès gratifiants. Mullet MadJack sort clairement du lot avec une expérience indie de qualité. Difficile de ne pas le conseiller à ceux qui cherchent une expérience originale et terriblement efficace dans le paysage du FPS indépendant actuel.