On a parlé récemment de la volonté de Bethesda de porter un maximum de ses hits sur Switch 2, avec Fallout 4, et c’est aujourd’hui un autre morceau qui fait parler : Indiana Jones et le Cercle Ancien, par MachineGames. Grosse vitrine sur consoles mais surtout sur PC, c’était un pari ambitieux que de le porter sur une machine portable et aujourd’hui, il n’y a aucun doute à avoir sur la capacité de la Switch 2 à proposer un titre de cet acabit. Le pari était élevé, mais il est réussi.
Je dois avouer que j’étais perplexe lors de l’annonce initiale du jeu, il y a de cela des années, étant habitué à la surenchère de violence de MachineGames dans leur précédente licence que j’adore : Wolfenstein. Passer d’un fast FPS bourrin et sanglant à un trip narratif centré sur l’exploration, les énigmes et l’infiltration, c’est un sacré grand écart, encore plus quand on associe cela à une licence de renom comme Indiana Jones. Beaucoup pensaient tout de même trouver un jeu tourné vers l’action, déguisé et remaquillé avec le chapeau et le fouet, mais MachineGames a bien proposé un titre fidèle à l’ambiance Indiana Jones, misant énormément sur l’immersion, l’exploration de zones semi-ouvertes, avec une aventure prenante et séduisante.






Indiana Jones et le Cercle Ancien prend place entre Les Aventuriers de l’Arche perdue et La Dernière Croisade, dans une quête qui entraîne notre héros dans un nouveau tour du monde, à la poursuite d’un pouvoir lié au Grand Cercle. Le jeu trouve rapidement son rythme de croisière entre exploration, énigmes, puzzles environnementaux, infiltration et tout de même une petite dose d’action plus spectaculaire, façon hollywoodienne. La qualité d’écriture est l’une des forces d’Indiana Jones et le Cercle Ancien, générant les sensations d’un bon film à l’ancienne, sans tomber dans la caricature ou le copié-collé. Indiana Jones est fidèle à lui-même : on y retrouve son ambiance si particulière, sa petite touche d’humour ou de sarcasme, ainsi que cette faculté à toujours se retrouver dans des situations explosives tout en y répondant avec sa classe légendaire. Le titre sait quand appuyer sur le champignon pour envoyer l’adrénaline, tout en sachant aussi lever le pied quand il le faut.
Plein les yeux
À sa sortie, sur Xbox et PC à la base, le jeu a trouvé très rapidement son public en livrant une production particulièrement soignée, très ambitieuse techniquement parlant. Je ne l’ai pas fait sur Xbox, mais sur PC à ce moment-là, et quelle collector au passage. Certes, pour s’y adonner avec tous les réglages poussés au maximum, il faut une belle machine, mais quand on arrive à monter tous les curseurs, c’est une sacrée claque. Indiana Jones et le Cercle Ancien dégage ce feeling de gros blockbuster AAA sur son aspect visuel, avec un rendu impressionnant. On n’en parle pas assez, mais c’est une sacrée performance sur PC. Il rappelle les grandes heures de Bethesda et de ses studios et reste à mes yeux l’une de leurs masterclass, sans hésitation.
Même sur Xbox ROG Ally X d’ailleurs, grâce aux différentes technologies embarquées, il n’est pas difficile de conjuguer qualité visuelle et performances. C’est d’ailleurs l’une des grosses claques que m’a collées le ROG, encore aujourd’hui. Cela démontre le travail d’optimisation de MachineGames sur son jeu. À la vue de toutes ces expériences passées, l’annonce d’Indiana Jones et le Cercle Ancien sur Switch 2 m’a paru logique et finalement pas si surprenante malgré son statut de vitrine technologique sur PC et honnêtement, le résultat est clairement à la hauteur. Gardons tout de même en tête la différence de gabarit et de matériel embarqué entre un PC dernier cri et une Switch 2, qui doit faire quelques sacrifices, à commencer par le framerate locké à 30 fps. Mais sur l’aspect rendu, brut, c’est une bonne surprise : cela reste beau, stable et bien optimisé. Si certains craignaient un downgrade trop prononcé, ce n’est pas le cas. L’audio joue aussi un grand rôle dans cette immersion, avec un doublage français de qualité, intégral, rejouant certains thèmes connus pour renforcer l’ambiance.
Les environnements conservent une bonne densité, la lisibilité reste intacte, le monde garde son niveau de détail et sa richesse, tandis que les effets d’ombres et lumières sont de bonne facture. Il ne faut que quelques instants en jeu pour s’apercevoir que MachineGames a une nouvelle fois fait preuve d’un travail remarquable et illustre son savoir-faire. Certes, le recours massif au supersampling ajoute parfois un peu de bruit à l’image, du scintillement dans certains recoins de l’image, voire un peu d’aliasing ci et là, mais honnêtement le résultat dans sa globalité reste surprenant pour la Switch 2, positionnant Indiana Jones dans les expériences techs les plus fortes à mes yeux. Le plus important reste la cohérence générale, avec un titre qui ne donne jamais l’impression d’avoir été amputé, cassé ou compressé à outrance. Les sensations sont bonnes, le rythme fonctionne toujours aussi bien et l’immersion opère toujours avec brio.














Le gameplay, loin d’une offre explosive, arbore une approche plus lente et posée. Il privilégie l’infiltration, l’observation et l’usage de l’environnement pour progresser. Le fouet, par exemple, sert autant pour se battre que pour des énigmes environnementales. Si les gunfights existent, ils sont loin d’être majoritaires ou de représenter le cœur de l’expérience. Ce choix apparaît logique quand on connaît les films et la licence. Certes, l’IA est parfois irrégulière et les combats peuvent se montrer rigides dans de rares cas, mais dans l’ensemble, Indiana Jones et le Cercle Ancien parvient à maintenir le joueur sous tension, connecté, et réussit à éviter toute lassitude.
Indiana Jones et le Cercle Ancien représente bien ce qu’on attend des éditeurs tiers pour la Switch 2 : porter des jeux forts et réussis dans des versions techniquement solides. Certes, il y a des concessions, mais le résultat global reste XXL. Quant au jeu en lui-même, MachineGames propose un voyage robuste sur de nombreux aspects, avec une vraie immersion et une fidélité évidente à la licence originale. Surtout, le studio réussit avec brio à offrir quelque chose de très différent de ce dont il est spécialiste, démontrant son savoir-faire total dans la conception d’expériences efficaces. Indiana Jones et le Cercle Ancien était déjà un excellent jeu sur PC et consoles de salon, et il le reste sur Switch 2 avec une version au poil.