OPUS Prism Peak est une production de SIGONO basée sur la narration, l’ambiance et l’exploration avant toute chose. Il s’agit d’une aventure purement contemplative où la photographie se positionne comme la mécanique centrale de l’expérience, axée sur l’observation et la découverte d’un univers des plus étranges. Pour un premier contact avec une série que je découvre, le résultat est étonnamment positif. J’en ressors captivée, mais il faut apprécier les rythmes lents et les gameplay particulièrement simples, des éléments typiques du genre mais qu’il vaut mieux rappeler.
L’histoire suit un photographe nommé Eugène, qui se retrouve coincé dans un monde inconnu après un grave accident. Très rapidement, il fait la rencontre d’une jeune fille qui l’accompagne tout au long de son périple. Dès le départ, plusieurs questions se posent : qu’est-ce que ce monde ? Comment avons-nous atterri ici ? Et cela va même plus loin au fur et à mesure que différentes thématiques sont abordées, comme les regrets, la gestion des relations humaines ou encore les souvenirs. La narration reste simpliste dans son approche, linéaire dans sa progression, avec un accent mis sur les échanges entre personnages, les dialogues et une avancée reposant sur l’exploration ainsi que sur les différents éléments récupérés au fil des conversations et de ce que contient notre appareil photo. N’attendez pas de gros retournements ou de l’action : comme déjà noté, OPUS Prism Peak est tout l’inverse.
Même sans avoir fait les autres jeux de la licence, je n’ai jamais ressenti de manque ou eu l’impression de passer à côté de quelque chose. Il y a peut-être eu des références ou des clins d’œil, mais si cela a été le cas, je n’en ai ressenti aucune gêne. Cette approche permet de découvrir la licence sans devoir débuter par un épisode bien précis ou parcourir les précédents dans un ordre défini sous peine d’être perdu. Le jeu hérite sûrement de mécaniques ou d’un style déjà bien ancré, mais tout est mis en place pour que l’on puisse en profiter tel quel. Comme déjà évoqué, le gameplay repose sur l’exploration couplée à la photographie. Le joueur traverse différentes zones à la recherche de points d’intérêt, interagit avec d’autres personnages, tout en capturant certains éléments à l’aide de son appareil photo. Ce dernier sert souvent de déclencheur pour des séquences narratives faisant avancer la trame. Le système reste relativement simple, facile à comprendre et à prendre en main, avec une interface volontairement minimaliste pour une meilleure immersion. OPUS Prism Peak privilégie les mécaniques simples et une certaine accessibilité plutôt que des fonctionnalités complexes.
Cette simplicité peut néanmoins avoir un impact sur votre appréciation du voyage : les interactions évoluent peu durant les quelques heures de gameplay et la boucle finit par devenir répétitive. Les déplacements sont basiques, et l’exploration suit souvent une structure similaire d’un tableau à un autre, avec des objectifs variant peu. OPUS Prism Peak ne compte pas sur son gameplay pour nous fédérer, mais bien sur ce qu’il raconte. Si vous n’adhérez pas à l’histoire, il y a de fortes chances que l’expérience manette en main ne vous parle pas davantage et que vous décrochiez rapidement. Et forcément, le rythme va de pair avec ce gameplay et cette volonté de miser sur le contemplatif pour nous faire voyager. Les dialogues sont nombreux, l’exploration posée, et il n’y a pas de réelle tension. C’est totalement cohérent avec le genre et, si vous vous lancez dans OPUS Prism Peak, c’est que vous savez normalement où vous mettez les pieds.
Le titre possède une DA particulièrement réussie, avec des environnements cohérents, colorés et une utilisation efficace de la lumière, importante dans le rendu global. Le style général reste sobre, tout en possédant une vraie personnalité. Les personnages bénéficient d’un chara design soigné et d’une mise en scène solide, pour un ensemble privilégiant l’atmosphère plutôt qu’une orientation technique ambitieuse. Sur Switch, le résultat est convaincant même s’il arrive de ressentir de très légers ralentissements. La couche audio accompagne efficacement l’expérience avec une bande-son discrète mais solide. Le doublage contribue également à donner du poids aux personnages.
OPUS Prism Peak propose une aventure narrative forte, poignante et touchante, portée par sa DA solide et son ambiance bien installée. Le voyage adopte un rythme lent et des mécaniques de gameplay basiques, mais dès lors que l’on apprécie ce genre de production, les quelques heures passées en sa compagnie procurent un réel plaisir de jeu. Dans une période chargée en titres dynamiques et orientés action, ce type d’expérience plus calme apporte un vrai contraste et cela donne un petit bol d’air frais appréciable.