Smalland rejoint la liste des titres déjà disponibles sur différentes consoles et/ou PC et ayant à présent droit à une mouture Switch 2. Le survival de Merge Games et Maximum Entertainment s’est construit sa réputation, doucement mais sûrement, grâce à son univers solide et sa dimension coop. Cette arrivée sur Switch 2 permet à un tout nouveau public de découvrir cette production fun et offre également à Nintendo l’un des rares survival coopératifs de cette ampleur sur son écosystème. Le jeu s’adresse aussi bien aux joueurs posés chez eux en mode docké ou, à l’inverse, ceux emmenant leur console partout avec eux, un format hybride auquel Smalland se prête particulièrement bien, je trouve.
Le joueur incarne une petite créature miniature évoluant dans un monde où la nature est gigantesque : une simple flaque devient un obstacle paraissant dangereux, les hautes herbes deviennent une mangrove dense alors que les insectes se transforment en bestioles démesurées pour les Smallfolk, la race de notre avatar. On se retrouve téléporté dans un monde où tout ce qui nous entoure au quotidien prend une taille XXL, un véritable changement d’échelle modifiant totalement la perception du monde. Si vous connaissez Grounded, ou plus largement « Chérie, j’ai rétréci les gosses » (bordel, cela ne me rajeunit pas…), vous voyez le délire. Là où certains survival basent leur expérience sur un monde exigeant et brutal, Smalland prend le chemin d’une progression plus accessible, tournée avant tout vers la découverte et la coopération.

Là où je trouve que Smalland est parfait pour une console hybride comme la Switch 2, c’est qu’on peut très bien se lancer dans une session « lourde », enchaînant récolte, crafting et exploration durant des heures, comme juste lancer le jeu dix minutes pour finir de fabriquer quelque chose, explorer un petit recoin non loin, ou améliorer une structure, de la déco, etc. Smalland peut être consommé lors de grosses sessions ou à petites doses par-ci par-là et, du coup, en nomade lors d’un transport par exemple, il est tout à fait possible de tuer le temps en sa compagnie même sur un créneau très bref.
Une formule rodée
Aujourd’hui, Smalland a un certain vécu. Il a gagné en contenu mais aussi en densité et en profondeur pour son gameplay : bien plus de créatures, de régions, d’équipements et même de systèmes annexes. Cette sortie Switch 2 arrive avec un certain niveau de maturité, une sorte de version maxi best of, et cela se ressent dans l’expérience. L’exploration est l’une des facettes principales de Smalland, donnant envie de toujours aller un peu plus loin de notre camp, explorer, découvrir de nouvelles choses ou tout simplement se balader, avec une certaine verticalité pour parcourir ce pan de nature. Les arbres permettent de prendre de la hauteur et deviennent des refuges naturels, des plateformes d’observation depuis lesquelles on surplombe la région, et ainsi de suite.

La boucle de gameplay, d’un point de vue plus général, reste proche des classiques du genre : récolte de ressources, fabrication d’outils, amélioration de l’équipement ainsi que construction d’un abri, le tout donnant les moyens ensuite d’aller explorer des zones plus dangereuses, plus loin, et ainsi de suite. Smalland ne réinvente pas la roue, mais il ne se contente pas non plus de copier-coller ce qui fonctionne ailleurs sans y apporter sa vision, sa touche, avec notamment un équilibrage au top concernant la partie récolte/fabrication, qui ne pousse jamais à des sessions de farming à outrance ou fastidieuses, ainsi qu’une progression rythmée de façon à ne jamais frustrer le joueur. Il y a quelques passages exigeants, mais dans l’ensemble, c’est plus que convaincant.
La partie build est bien ficelée avec de nombreuses possibilités et des options de personnalisation intéressantes. Il y a parfois, dans de très rares cas, des soucis de collision, mais cela reste léger. Le bestiaire participe à l’identité du jeu, avec des créatures hostiles variées, des montures originales et un système de combat assez soft mais suffisant. Les affrontements reposent principalement sur l’observation des comportements ennemis, les esquives et le bon timing des attaques. Les combats les plus classiques peuvent parfois manquer d’impact ou de profondeur sur la durée, mais les affrontements contre les créatures les plus imposantes profitent pleinement du changement d’échelle et donnent parfois lieu à des séquences particulièrement réussies. Les montures apportent d’ailleurs un feeling vraiment cool en jeu, devenant indispensables dès lors qu’on commence à s’aventurer loin de notre camp afin de gagner du temps.

Partout, solo ou à plusieurs
La coopération permet à Smalland de prendre une tout autre dimension, avec un vrai travail d’équipe qui se met en place, un plaisir de jeu boosté et du fun en pagaille donnant à l’ensemble une réelle dimension d’aventure et d’épopée. Sur la partie technique, l’adaptation reste un chouia contrastée vis-à-vis de ce que les autres plateformes peuvent proposer. En mode docké, le résultat reste globalement propre et agréable à parcourir malgré quelques textures parfois en retrait. En nomade, l’image apparaît plus floue et certains éléments à distance perdent en lisibilité. Quelques ralentissements se manifestent également dans les zones les plus chargées, notamment lorsque la base commence à prendre de l’ampleur ou lors de certaines phases de jeu plus animées. Cela reste largement jouable, mais le portage laisse une petite marge de progression.
Smalland est un survival qui a su s’améliorer, se peaufiner et se régler au fil des ajouts de contenu et des mises à jour. Malgré une technique parfois irrégulière, il arrive sur Switch 2 et nous permet de parcourir une nouvelle fois ce monde atypique dans de bonnes conditions, que ce soit en nomade ou en docké sur TV. L’aventure est prenante, les heures défilent et le plaisir de jeu reste intact. Pour qui cherche un voyage original, addictif et un plaisir de jeu simple, Smalland rentre clairement dans le créneau.