Voilà déjà (presque) 15 ans que Skyrim est arrivé, et après avoir parcouru des horizons divers (on ne compte plus les supports ni les versions), il apparaissait logique de voir son édition Anniversary arriver sur la petite dernière, la Switch 2. C’est même finalement une prolongation de sa vie déjà bien installée où chaque nouvelle console ou support apparu depuis sa sortie devient un nouveau terrain de jeu pour exploiter Bordeciel. Après Fallout 4 et Indiana Jones, c’est un nouveau monument signé Bethesda qui rejoint à son tour le catalogue de la Switch 2.
L’accumulation de sorties et de versions a fini par faire de Skyrim un cas vraiment à part dans l’industrie. Peu de titres peuvent se targuer d’avoir inondé à ce point le marché, d’être jouables sur chaque support existant depuis maintenant trois générations de consoles. Encore aujourd’hui, Skyrim apparaît dans de nombreuses discussions, souvent cité comme l’une des références du RPG occidental de par sa pérennité, sa richesse, sa profondeur, son contenu mais aussi sa communauté de modding totalement insane. Chaque génération de consoles a amené quelques améliorations techniques, les versions définitives embarquant quant à elles l’intégralité des contenus tandis que l’Anniversary apparaissait comme la mouture maxi best of, incluant encore plus d’améliorations et, encore une fois, tous les DLC additionnels, bénéficiant eux aussi de leur lot d’ajouts bienvenus. La Switch 2 bénéficie depuis peu de cette dernière itération, déjà disponible sur Switch 1 mais, forcément, elle apparaît ici sous son plus beau jour.






Le cœur du jeu reste inchangé et c’est un réel plaisir de redécouvrir Skyrim, son univers, sa structure ouverte avec son monde vivant, ses régions distinctes, ses multitudes de factions et de quêtes entremêlées. Se lancer dans Skyrim aujourd’hui, avec l’optique de le finir et de poncer l’intégralité de son contenu, c’est quelque part renoncer à sa propre vie pour s’investir dans une autre, virtuelle, tant on a à faire, avec cette capacité qu’a Skyrim à nous donner envie de rester… Aucune trajectoire n’est imposée, avec une liberté de chaque instant. Il existe bien un fil conducteur mais libre à nous de le suivre, quand le suivre, comment le suivre. Skyrim laisse la place à une exploration désorganisée, mais pas dans le mauvais sens du terme, c’est justement pensé pour laisser et pousser l’exploration à son paroxysme.
Cette base, inchangée depuis le 11.11.(20)11, explique en grande partie pourquoi Skyrim supporte aussi bien son passage dans le temps. Le contenu n’est pas nécessairement lié à une exécution parfaite (elle ne l’était pas day one, et 15 ans après, même situation) mais c’est sa profondeur, son architecture systémique qui font que le charme opère toujours après tant d’années. Même aujourd’hui, quand on parle de complexité et de richesse d’un RPG, le dernier The Elder Scrolls reste dans les débats et souvent cité. Je ne sais pas si on se rend compte de ce qu’il représentait à sa sortie… c’est tout bonnement énorme. Et plus les premières années ont passé, plus Skyrim s’est bonifié.
L’Anniversary Edition aujourd’hui disponible sur Switch 2 conserve l’intégralité de ce contenu, entre le jeu de base, plusieurs packs de DLC majeurs (ajoutant, entre autres, le housing) mais aussi des parties issues du Creation Club. Comme dit, les mécaniques, les fonctionnalités, la construction, tout reste d’époque, le « seul » vrai gain se situe sur la technique affinée, sans être révolutionnée. C’est ajusté, on va dire, visuellement, plus stable, afin de nous laisser profiter de ce mastodonte dans les meilleures conditions possibles. Ne vous attendez pas à une refonte visuelle non plus comme Oblivion, qui a bénéficié récemment d’un travail profond sur le visuel (bien que nommé remastered), mais cela reste clairement plus agréable que la version Switch 1 tout de même. Comme vous vous en doutez, le gameplay reste fidèle à son historique, avec des combats affichant une certaine inertie maison, une sensation parfois de rigidité reconnaissable parmi des milliers au corps à corps, qui conserve son impact « à l’ancienne », alors qu’archerie et magie se retrouvent tout de même plus souples à présent.
Sur l’aspect technique, cette mouture est dans la continuité des précédentes qui ont débarqué dans l’après-ère PS3/360 et PC (on a tout de même eu des portages soit classiques soit en éditions définitives/légendaires sur PS360, PS4, One, PS5, Series, PC, Switch 1 et 2…) avec un cap vis-à-vis de la génération précédente de l’écosystème sans tout bouleverser. En lançant le jeu sur TV en mode docké, on sent très bien, immédiatement, que le jeu a de la bouteille, du vécu mais malgré cela, l’image plus nette, les textures moins baveuses et surtout le gain de fluidité apportent un réel confort à Skyrim, y compris en nomade. Si cette affirmation est vraie en dock, elle l’est encore plus en nomade où la diagonale de l’écran rend l’image encore plus précise. Il y a un peu de popping, la distance d’affichage pour du rendu détaillé n’est pas si élevée que cela mais là aussi, on reste finalement sur des points connus du jeu de base.

















Ces différentes versions se sont le plus souvent affairées à travailler la finesse des premiers plans, la qualité des textures, et surtout la stabilité du jeu avant tout. Skyrim Anniversary Edition doit être vu comme un remaster avant toute chose, et non un remake, ce qui change forcément les attentes. Avec ces notions bien en tête, on comprend que le jeu a plus le droit à un lifting qu’une cure de jouvence profonde. Il existe deux presets (qualité à 30 fps et performance à 60 fps) sur Switch 2, mais de mon côté je n’ai pas vu de grosse différence visuelle entre les deux, j’ai opté, comme quasi toujours, pour le 60 fps mais dans les deux cas, c’est propre et stable surtout. La console n’est jamais prise à défaut et fait tourner Skyrim comme on l’espérait. La Switch 2 arrive à garder cette touche nostalgique tout en amenant des améliorations de confort pour affiner le plaisir. L’audio conserve son doublage d’époque, ses thèmes épiques et le travail réalisé pour créer une ambiance XXL reste toujours aussi efficace.
Jamais un jeu n’a réussi à traverser les âges comme Skyrim, et à rester une épopée épique quel que soit le support sur lequel on le découvre et la période à laquelle on s’y lance. La Switch 2 apparaît comme un maillon logique de cet univers Skyrim qui fait partie du paysage vidéoludique depuis 15 ans à présent. L’intérêt réside dans le fait d’avoir une vraie version solide chez Nintendo, de pouvoir emmener Skyrim partout avec nous, que ce soit sur la TV ou en nomade, pour un voyage intemporel afin de vivre ou revivre ce RPG de légende qui refuse de laisser sa place. Il faut dire que des RPG ayant marqué comme lui, ils sont rares.