27 juin 2026

Avis NBA THE RUN : une base arcade efficace, à habiller

NBA The Run, cela me rappelle une époque que j’ai adorée, celle des NBA Jam et consorts : une expérience basketball rythmée, arcade et certes (très) déjantée. NBA The Run en suit un peu les traces, sans la partie WTF, avec des matchs courts en 3v3, un rythme soutenu et une recette pensée purement multijoueur. L’approche fonctionne et nous tient manette en main… dès lors qu’on a trouvé dans notre coin comment tourne cette formule, sans filet ni réelle aide.

Dès le lancement du jeu, je me retrouve face à un titre qui arbore les classiques des jeux-service du moment avec une interface simple, permettant de lancer une partie dès le premier écran qui apparaît, un matchmaking rapide et une entrée en session en l’espace de quelques instants ! Les matchs sont dynamiques, aucun temps mort, l’identité arcade est sans appel et fait son effet. L’idée n’est pas de reproduire l’aspect tactique d’un vrai match de basket, mais bien de miser sur quelque chose d’énergique, fun et sans détour. Les attaques et défenses se succèdent à vitesse grand V, les matchs sont brefs, et le matchmaking fait le boulot en nous trouvant de nouveaux lobbies très rapidement. Le problème est qu’on est lâché directement dans le grand bain, sans filet, sans savoir réellement quelle touche correspond à quoi, comment défendre, contrer, intercepter, s’il y a un timing à gérer pour le shoot, les rebonds, comment chiper la balle, etc.

On découvre le tout dans le dur, à tâtons, sans avoir les billes… Finalement, un FIFA fait un peu la même chose, mais nos premiers pas se font contre l’IA nous laissant prendre nos marques sans trop de difficultés ; ici, tout est en ligne et rien qu’en ligne. Le titre semble partir du principe que le joueur est en terrain connu, qu’il connaît le mapping et le fonctionnement des mécaniques. Et face au niveau de certaines équipes, on peut se sentir perdu, inefficace, totalement écrasé. L’apprentissage peut être redoutable, d’autant que le titre est 100 % online, sans réel mode training (il y en a un, mais on est seul sur le terrain, sans le moindre coéquipier ou adversaire pour appréhender les mécaniques). J’ai peut-être loupé un truc, mais je n’ai rien vu qui puisse servir de support pour débuter.

Du coup, durant les premières parties, on y va à tâtons, sans certitude parfois, on teste, on découvre, on apprend sur le tas. Au final, les mécaniques ne sont pas vraiment complexes, c’est surtout que le jeu explique peu de choses… Et c’est assez paradoxal car NBA The Run vise l’accessibilité, mais sa structure produit presque l’effet inverse. Pourtant, malgré cette faiblesse, le cœur du jeu reste étonnamment solide une fois qu’on a appréhendé et dompté ses mécaniques. Une certaine logique se met en place au gré des matchs, les mouvements deviennent instinctifs, les situations plus lisibles, on sait quand anticiper, quand contrer, on trouve les bons timings de passe, de dribble et de shoot, mais il manque vraiment ce petit cadre pour débuter plus sereinement. Et surtout, on détecte une profondeur qu’on n’aurait pas soupçonnée au départ. Et quand on joue entre pote, c’est encore plus puissant.

Le rythme est assurément le principal point fort de NBA The Run une fois qu’on a pris nos marques. Les parties sont courtes mais très dynamiques, le matchmaking est efficace, on enchaîne avec plaisir, et chaque match propose ses moments forts, parfois presque spectaculaires avec des attaques, contre-attaques éclairs, défenses de la dernière chance ou un score arraché dans les dernières secondes, sans jamais tomber dans l’excès. Et quand on a bien compris le concept et les mécaniques, l’équilibrage m’a semblé plutôt bien ficelé. Visuellement, le titre arbore une DA qui colle bien avec l’ambiance arcade. C’est toujours lisible, le charadesign assez spécial permet tout de même une reconnaissance immédiate des joueurs, les animations sont fluides et l’ensemble paraît relativement propre. Le contenu, par contre, est déjà un peu plus mitigé et reste sur quelque chose de léger pour une formule privilégiant le gameplay avant tout. La fondation tient la route, mais cela manque un chouïa de volume dans le fond. Après, pour une équipe de moins de 20 personnes, et à 30 euros, on accepte plus facilement certaines choses que face à un jeu à 80 billets…

NBA The Run propose une expérience basée sur le gameplay et le fun, mais qui passe par une petite phase d’apprentissage sans réel cadre auquel se raccrocher. Une fois les premières manches passées, la formule décolle, le plaisir est au rendez-vous et on s’y lance parfois pour deux ou trois matchs, d’autres fois pour y passer deux heures d’affilée, sans jamais ressentir d’ennui. Il manque simplement de quoi débuter un peu plus sereinement et éventuellement un peu plus de contenu, voire un mode IA, pour que l’ensemble soit pleinement convaincant.

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