J’ai adoré Dragon’s Dogma 2 avec sa formule orientée exploration et plaisir de la découverte de ce monde fantastique, couplée à un gameplay solide. Y retourner, pour découvrir la nouvelle région enneigée et glaciale de Norgan avec l’extension Dark Arisen, fut un plaisir durant pas loin d’une heure à la Gamescom cette année. Le RPG conserve sa patte maison, sa formule grisante et il ne lui en a pas fallu beaucoup pour me faire replonger corps et âme, et n’avoir qu’une envie : pouvoir poncer en long, en large et en travers tout ce que Dark Arisen a à me proposer.
Dès les premiers pas à Norgan, on s’aperçoit que Capcom ne cherche pas à réinventer Dragon’s Dogma 2 mais bien à prolonger l’expérience, à déplacer ses codes et principes dans une nouvelle région, pour une nouvelle histoire, quelques nouveautés dans les mécaniques, mais surtout pour un nouveau voyage qui se refuse toute linéarité, bien au contraire. La démo débute aux commandes d’un groupe niveau 50 dans un petit hameau, au pied d’une montagne enneigée, dans un décor médiéval / nordique. Le premier objectif ne semble pas palpitant, puisqu’il consiste à ramener des reliques pour une vieille dame, mais cette mission permet d’introduire très rapidement une nouvelle vision de Dragon’s Dogma 2 avec les reliques.
Il s’agit de vestiges anciens, comme souillés, qui, une fois remis à cette vieille dame, deviennent des pièces d’équipement aux pouvoirs plus ou moins élevés. Que ce soit des armures ou des armes, ces reliques apportent une nouvelle dimension à l’optimisation de notre avatar. Si précédemment, Dragon’s Dogma 2 ne prenait pas l’apparence d’un RPG entièrement dédié et axé vers le loot, où la recherche de cet équipement parfait ne semblait pas être une mécanique centrale, il y avait bien des armes et autres armures à récupérer, mais c’était mesuré. En Norgan, c’est une toute autre histoire.
Pour tuer un dragon, faut du stuff
Les coffres, les maisons abandonnées, les caveaux, les dépouilles des monstres sont autant de chances de trouver l’une de ces nouvelles reliques, et donc autant de sources de butin potentiel pour améliorer notre héros. Sur une heure de temps de jeu, un peu moins même, le nombre de reliques ramassées me laisse clairement entrevoir une nouvelle politique sur l’amélioration de notre avatar. C’était assez abondant pour que je le ressente, mais les gains offerts par ces équipements restaurés ne tombaient pas dans le frénétisme d’un hack’n’slash non plus, car on lootait pour notre classe, mais pas que. Il existe différentes raretés et niveaux de puissance qui font qu’une partie des objets ne sera jamais utilisée, et même recyclée ou revendue en réalité.
Dragon’s Dogma 2 a toujours réussi à insuffler ce sentiment qu’une aventure épique nous attend, que chaque lumière, torche, camp aperçu au loin est potentiellement le début d’un grand écart nous amenant à enchaîner une grotte, un chemin escarpé, un boss extérieur et ainsi de suite, nous éloignant de notre objectif parfois de loin, tant on a envie de voir ce que cache chaque recoin du jeu. Ces reliques accentuent encore un peu plus cette envie de grand air, de balade et d’exploration.
Comme toujours, quand un objectif nous est fixé, il peut être assez loin sur la carte, et celle-ci ne se dévoile qu’au gré de nos découvertes, de notre avancée, ce qui nous pousse à devoir dompter en permanence des environnements inconnus avec le lot de surprises associées… un camp de repos, une maisonnette abandonnée où se trouvent des ressources, des composants d’artisanat… un boss… Typiquement, je devais rejoindre un camp au pied d’une citadelle qui régnait sur toute la vallée, en haut d’une gorge escarpée. La progression est difficile, les combats s’enchaînent. Là, je vois un pont de pierre rejoignant une clairière de laquelle semble partir un sentier qui me permettrait de m’approcher de la tour de guet en ruine au pied du château dont je dois rejoindre l’entrée… sauf qu’au milieu des arbres se trouve un géant couvert de fourrure, armé d’une masse énorme. Rien ne m’oblige à l’affronter mais mon côté aventurier, lui, m’y pousse…
La magie opère
Et c’est là que la magie Dragon’s Dogma 2 opère : le géant est redoutable, avec plusieurs barres de vie à descendre. La lutte est rude, on attaque, on survit, on lutte, la bataille fait rage, mais l’ennemi, dans un élan de rage, me charge et tombe en contrebas. Je prends mon élan, lui saute dessus et m’agrippe au niveau de ses épaules pour le lacérer à l’arrière du crâne… Sauf qu’à ses pieds se trouve toute une horde de lézards, les classiques comme ceux contrôlant la foudre, et nous voici dans une jolie mêlée où le golgoth essaie de se défaire de ma troupe, en plus d’affronter tout un clan de guerriers reptiliens, et moi qui me retrouve à esquiver les éclairs, les flaques de poison, tout en alternant entre assaut sur le géant et les lézards. La bande-son accompagne à la perfection l’action avec des instruments épiques, des chœurs et tout ce qui va bien. La victoire finale, et le tas de cadavres à terre dans mon champ de vision, me donnent un sentiment de satisfaction, au point que je me suis levé de mon siège, le poing serré, rageur, devant moi, provoquant le sourire du joueur à côté de moi dans le booth hahaha.
Cette capacité à transformer une simple rencontre en situation imprévue, de réussir à nous immerger dans ce monde sauvage mais si séduisant est clairement l’une des forces du jeu. Couplé à son gameplay solide, j’ai passé des moments incroyables en jeu, au point d’avoir fait tant de sessions où je pensais en mode « allez, une petite quête rapide » et, deux heures plus tard, je n’en avais toujours pas complété une seule, mais j’avais trouvé une nouvelle arme monstrueuse pour une classe, découvert de nouveaux lieux généreux en butin et exploré tout un pan de carte inconnu jusqu’alors.
















La démo de Dark Arisen ne change pas d’un iota cette vision du jeu et l’accentue même, ou du moins lui donne un sacré coup de fraîcheur, avec ce nouvel environnement à découvrir. La route vers ce château fut longue, mais à l’approche de la citadelle, une armée de squelettes est sortie du sol et des murs afin de me barrer le passage. Cela a commencé à faire monter la tension, d’autant qu’un des sous-objectifs était de trouver le campement au pied du donjon… et mon intuition ne s’est pas trompée : une cinématique démarre et un dragon gigantesque, corrompu et flétri, apparaît pour un combat de boss épique.
Un dragon bien chaud, un
Le combat démarre, et je comprends très vite que les seules « fragilités » sont les zones touchées par la gangrène. J’enchaîne les pattes avant, son cou et tente de lui lacérer la tête quand je le peux. D’un coup, le dragon se met sur les pattes arrière, relève la tête en tendant son long cou, avant de redescendre violemment sa gueule vers le sol afin de vomir toute une horde de squelettes ! Je me retrouve donc avec le boss mais aussi tous les minions à gérer, sachant que le dragon possède quelques facultés dévastatrices à gérer. À force de m’acharner sur une patte, elle cède, la seconde aussi, mais le répit fut de courte durée car le dragon finit par se régénérer, et alterne ses différentes compétences ainsi que le pop de squelettes. Ce fut éprouvant, mais la victoire nous a souri… enfin, victoire, mettant un terme à la démo.
Cette première approche avec Dragon’s Dogma 2 Dark Arisen sur PS5 Pro fut le meilleur moyen de prendre la température, de voir que la recette ne change pas sur sa base, mais se voit agrémentée notamment de ces reliques comme nouvelle façon de looter. L’ambiance de Norgan est tout bonnement glaciale et extra, ce qui promet à nouveau un plaisir sans limite. Disponible le 9 octobre 2026, Dark Arisen s’impose comme la meilleure façon de prolonger le plaisir original de Dragon’s Dogma, tout en lui insufflant assez de sang neuf pour ne pas se retrouver face à « juste » une nouvelle région, mais une boucle 100 % similaire. Bien au contraire. Norgan est hostile, ce dragon corrompu en impose, et l’appel à l’exploration est plus fort que jamais. De mon point de vue, tous les feux sont au vert pour ce nouveau chapitre du RPG de Capcom.