3 septembre 2026

The Lord of the Rings War in the North Legacy Edition : une résurrection entre nostalgie et imperfections

The Lord of the Rings War in the North ressurgit du Mordor pour revenir nous hanter 15 ans après sa sortie initiale. Son édition Legacy conserve l’essentiel du jeu de Snowblind Studios, avec d’un côté sa lourdeur historique, quand on le regarde avec des yeux de 2026, tout en conservant sa griffe d’antan : si l’arrivée du 60 fps ou du split-screen fait du bien, on n’efface pas les origines du jeu, qui date aujourd’hui.

Lors de sa sortie en 2011, War in the North n’eut pas forcément le destin souhaité, avec un marché actif démentiel et une période particulièrement chargée. Pourtant, c’est un titre qui aurait mérité plus de visibilité, car son offre était loin d’être commune, bien au contraire. Plutôt que de rejouer l’histoire canonique que l’on connaît avec les personnages majeurs que l’on a tous en tête, War in the North nous amène dans les terres bien plus au nord de la Terre du Milieu, où l’on découvre une histoire nouvelle, en compagnie d’Eradan, un rôdeur humain, Farin, un nain, et Andriel, une elfe. Ce trio doit faire face à une toute nouvelle menace : contenir les forces de Sauron qui tentent une percée menée par Agandaûr. Le scénario reste assez simple, mais cette branche parallèle à la trame centrale nous permet un nouveau voyage dans ce monde épique, pour une histoire inconnue, et de visiter des régions bien moins exploitées dans le lore de Tolkien. Quelques figures historiques connues font tout de même une apparition rapide, sans jamais donner l’impression que ce nouveau trio vient remplacer celui que l’on connaît, mais bien le compléter.

L’univers du Seigneur des Anneaux est suffisamment présent pour donner envie d’avancer. Le jeu se démarque par cette nouvelle aventure, qui conserve sa propre identité, sans jamais donner l’impression d’une simple réédition ou autre. La narration manque cependant parfois d’ampleur et surtout, la mise en scène accuse clairement son âge. Les dialogues et le doublage restent solides, mais on est loin des standards actuels. Forcément, pour un jeu de 2011, et dans une réédition qui tient davantage du portage remasterisé que de la refonte, cela peut se ressentir. Le cœur de l’expérience est incontestablement le gameplay. Eradan mise sur la mobilité et les attaques à distance, Farin privilégie la puissance brute et la résistance, tandis qu’Andriel s’appuie davantage sur la magie et le soutien. La complémentarité prend tout son sens en coopération, lorsque chacun peut réellement jouer son rôle, et là, c’est le kiff absolu.

En solo, le principe reste agréable, mais l’intelligence artificielle rappelle rapidement que nous sommes face à un jeu ancien : les compagnons se positionnent parfois mal, prennent des risques inutiles et exploitent leurs capacités de façon assez aléatoire. Le système de combat lui-même reste efficace sans être particulièrement profond. Attaques, esquives, compétences et équipement permettent d’enchaîner les affrontements avec un certain plaisir, mais la répétition finit par se faire sentir sur la durée. Les mêmes ennemis reviennent régulièrement et certaines séquences étirent artificiellement la progression en multipliant les vagues.

La Legacy Edition ne cherche pas à transformer cette formule, mais plutôt à peaufiner, ajuster et corriger ce qui dérange avant toute chose. Le changement de personnage à la volée est particulièrement appréciable en solo, puisqu’il permet de profiter plus facilement des spécificités des trois héros sans devoir relancer un nouveau run. L’interface gagne également en clarté et les systèmes de sauvegarde sont mieux adaptés aux habitudes actuelles. Ce sont de petits ajustements, mais ils rendent la progression nettement plus confortable aujourd’hui, et notre expérience plus agréable. Le passage à un objectif de 60 fps apporte une vraie différence dans les combats. Les déplacements sont plus fluides, les esquives répondent mieux et l’ensemble paraît nettement moins lourd. Même lorsque plusieurs ennemis sont présents simultanément, la console s’en sort correctement. Il reste quelques mini-saccades dans certaines situations sur Switch 2, notamment en coopération, mais le gain par rapport à l’expérience d’origine est immédiatement perceptible : pas foncièrement plus joli, mais clairement mieux fini. Même si c’est perfectible, en toute transparence, le jeu devrait tourner comme sur une horloge. Cela reste un portage ++ d’un titre sorti initialement sur la génération PS360. Les textures restent celles d’un jeu de cette époque, idem pour les animations. Voyez cette version comme un gros lifting, mais pas beaucoup plus.

La vraie force de cette version reste cependant le jeu à plusieurs. La Switch 2 permet de jouer à deux en écran partagé, tandis que la coopération en ligne peut réunir jusqu’à trois joueurs. Et c’est précisément là que War in the North retrouve une partie de son intérêt. Les trois personnages ont été conçus pour fonctionner ensemble et les affrontements deviennent plus amusants dès lors que chacun exploite ses compétences. Déjà à deux, le plaisir est immédiatement au rendez-vous. Petit « plus » de cette itération Switch 2 : la visée gyroscopique pour les attaques à distance.

Reste le prix, et c’est finalement là que War in the North trouve son meilleur argument : 19,99 euros. À ce prix-là, les défauts paraissent plus pardonnables et le portage paraît plus acceptable. À ce tarif, je considère cette Legacy Edition comme une résurrection pertinente et en valide l’existence. Les amateurs de Tolkien et les joueurs qui cherchent un action-RPG coopératif accessible peuvent y trouver leur compte, mais il faut accepter que le jeu affiche son âge, même si cela reste agréable d’un point de vue gameplay pur. Sympa en solo, c’est en coop que le plaisir est au max.

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