Après Rise of New Champions en 2020, Captain Tsubasa revient avec un opus intitulé Captain Tsubasa 2: World Fighters. Derrière ce nom digne d’un VS Fighter se cache un nouveau jeu de foot arcade, au gameplay riche et extra. Les matchs gagnent davantage de techniques spéciales, de passes et de dribbles endiablés, avec une mise en scène fidèle à l’animé. Si sur le terrain la formule monte d’un petit cran, l’enrobage autour m’a semblé moins profond, moins généreux, manquant parfois d’ambition pour vraiment se donner à fond. Le titre reste plaisant, le gameplay séduisant, mais l’ensemble aurait pu aller un peu plus loin.
Olive et Tom, ils sont toujours en forme… Tom, Olivier, sont super entraînés ! Le quarantenaire que je suis a grandi avec ce dessin animé, une grande partie de mon enfance, avec ce mélange de foot, terrain de 16 km prenant 3 épisodes à être remonté et ces shoots signatures dignes de techniques de moines shaolin. Mais cette identité, on l’a kiffée durant des années, on adorait ça, et revoir cette licence iconique revenir dans le domaine du jeu vidéo, forcément, cela me parlait !
Cet opus 2026 propose une campagne reprenant l’arc World Youth, le championnat du monde junior. L’expérience reprend les bases de son prédécesseur avec une formule résolument arcade, des joueurs disposant de techniques spéciales, signatures, capables de transformer une construction en un véritable show, avec des règles du foot traditionnel reléguées au second plan. Le principe fonctionne toujours aussi bien pour retranscrire avec brio cette ambiance si particulière, mais cette suite doit trouver, ou plutôt montrer, les facteurs phares justifiant sa sortie, et pas exister juste pour proposer un nouveau casting mais le même fond, à 100 % identique.
Quand on arrive sur la pelouse, World Fighters apporte quelques évolutions intéressantes, à commencer par les techniques spéciales qui ne se limitent plus uniquement aux shoots, en prenant davantage de place aussi bien dans la construction des actions qu’en défense. Entre les dribbles, déjà présents mais encore plus mis en scène, et surtout maintenant les passes spéciales ou les tacles, cet aspect « compétences » gagne en profondeur. Les matchs sont toujours aussi dynamiques, avec encore plus d’options qu’avant, jonglant entre endurance et cette jauge spéciale avec encore plus d’attention qu’avant. Les face-à-face entre le joueur et le gardien participent également à l’évolution, avec toujours ces duels entre le shoot, où il est question de puissance, de frappe signature, de direction du tir, et le gardien qui doit anticiper la direction, avoir assez de PV, etc.
Néanmoins, même si la formule gagne en profondeur, cela reste un titre arcade, permissif sur le placement. Il n’y a pas de réel aspect tactique durant le match, l’ensemble est orienté action, fun immédiat et show. Il est impossible pour tout joueur ayant connu le manga ou l’animé de ne pas retrouver les techniques phares des personnages, les effets qui vont avec. L’effet immersion, nostalgique même, est une totale réussite, rendant chaque match fun et plaisant à jouer. Il faut cependant accepter une petite part de chaos durant ces confrontations, et comprendre que ces nouveautés approfondissent l’offre, mais n’en corrigent pas les « problèmes » historiques. Tsubasa 2 ne cherche jamais à faire plus réaliste, bien au contraire, il reste fidèle à l’animé.










La campagne reprend donc l’arc du parcours de la sélection nippone, autour de Tsubasa et ses coéquipiers durant la Coupe du monde jeune. Le scénario permet de retrouver des figures connues, plus ou moins historiques de la série, et de mettre en avant certaines rivalités et confrontations phares, avec une progression somme toute linéaire, s’adressant avant tout aux fans de l’animé, la connaissance des liens entre chaque avatar permettant de comprendre ces situations. Le réel problème à mes yeux est plus dans l’enrobage, le rythme général, dans la campagne. Les matchs sont interrompus par des cutscenes, cinématiques et autres passages scénarisés.
La volonté est de reproduire ce qu’on voyait dans les animés, nous faire ressentir la rivalité qui est un thème majeur de Tsubasa, mais aussi la camaraderie, la volonté de se dépasser, etc. Donc forcément, pour retranscrire tout cela, il faut du contenu narratif, mais cela casse l’équilibre gameplay / narration. Si certaines font leur effet et apportent du grain à moudre à l’histoire, impossible de ne pas ressentir un ralentissement du rythme, l’impression de casser l’entrain qui était en train de monter au travers du match. La quantité de dialogues entre et pendant les matchs m’a semblé trop élevée, avec une alternance entre longues phases narratives et séquences jouées brèves créant un vrai décalage. Le gameplay passe comme s’il n’était plus la composante phare.
La création de notre avatar apporte une petite dimension perso dans l’aventure, en créant puis incarnant notre propre joueur, pour l’intégrer à l’équipe, avec une progression visible. Si le principe fonctionne, face à Rise of the New Champions, j’ai ressenti comme une petite régression tout de même en termes de profondeur. L’aventure semble moins personnelle et plus « suis l’équipe ». Le contenu me donne une impression un peu similaire de régression, bon, ici c’est un peu fort, avec finalement, en dehors de la campagne, juste des matchs classiques, contre l’IA, contre un autre joueur en local ou en ligne. C’est ici que la comparaison avec Rise of the New Champion est frontale : World Fighters pousse le plaisir de jeu, les options en match bien plus loin, mais pour tout l’enrobage, il fait quelques pas en arrière.
Sur l’aspect technique, la réalisation est solide avec un rendu animé-like réussi, des animations et effets des capacités signatures au top, l’immersion est une réussite, avec une fluidité sur PS5 Pro irréprochable. La couche audio accompagne efficacement l’expérience avec des commentateurs déchaînés et une bande-son efficace.
Captain Tsubasa 2: World Fighters ne révolutionne pas à proprement parler l’expérience, mais il peaufine les matchs, pousse les mécaniques un peu plus loin, et nous en donne pour notre argent quand il est question de plaisir de jeu. C’est fidèle à l’animé, puissant et prenant, mais l’enrobage manque parfois de peps, le rythme de la campagne ne m’a pas paru le plus équilibré possible et finalement, en dehors de jouer en chaîne des matchs, il manque peut-être l’un ou l’autre mode alternatif pour pousser un peu la chose. Ne vous y méprenez pas, le cœur de l’expérience Captain Tsubasa 2: World Fighters reste de jouer des matchs, et sur ce sujet, le jeu ne déçoit jamais, mais tout ce qui est autour manque parfois de consistance.