Sniper Dan, c’est un concept efficace, pourtant simple. On transforme un jeu dans lequel on doit trouver des objets cachés en expérience de tir de précision. On contrôle Dan, un tireur d’élite, mais son but n’est jamais de tuer. Que ce soit dans les rues, les fermes, un parc ou un aéroport, Dan tente toujours de résoudre des énigmes, de trouver des objets cachés, tout ça à l’aide de son sniper. Que ce soit un robinet rouillé, une machine capricieuse, un objet mal placé ou toute autre situation absurde, ce sont autant de petites énigmes à régler depuis sa lunette. Le concept est fun, amusant et surtout avec une prise en main immédiate. Le projet confirme que Denki sait exploiter une mécanique au-delà d’une simple démo. On parle ici de 160 missions réparties dans six environnements regorgeant de secrets, d’activités annexes et de plusieurs modes complémentaires. Si on pouvait prendre Sniper Dan pour un petit jeu sans prétention, on se retrouve finalement à enchaîner les missions, à tenter de résoudre un maximum d’énigmes, et il répond à une demande simple : s’amuser dans le jeu.
Il faut d’abord comprendre la base de Sniper Dan. C’est un jeu qui repose uniquement sur l’observation. Chaque mission nous donne un certain nombre d’indices permettant de comprendre chaque problématique. Il faut ensuite parcourir visuellement l’intégralité du décor pour trouver les éléments qui nous permettront de les résoudre. Une fois la cible identifiée, le gameplay devient simple. Il suffit de tirer pour valider un indice, et ainsi de suite. L’amusement ici ne vient pas uniquement de l’action, mais vraiment du moment où le regard accroche ce petit détail qui était pourtant sous nos yeux depuis le début, mais qu’on a mis quelques minutes à trouver, avant de comprendre pourquoi c’est ici qu’il faut tirer.
Cette approche originale donne au jeu une identité immédiate. Le fusil sniper n’est pas un outil radical. Il sert plutôt à réparer, libérer quelque chose ou déplacer un objet, sans transformer les scènes en champs de bataille, bien au contraire. Les erreurs, par contre, ne provoquent pas de véritable punition, si ce n’est de perdre un peu d’argent. Cette absence totale de violence permet au titre de conserver une ambiance familiale, rigolote et amusante, malgré son vocabulaire qui parle de sniper et de cible, alors que les situations rencontrées sont entièrement basées sur l’humour et surtout l’absurde.
Les environnements jouent du coup un rôle central dans l’expérience. On parle de six lieux, mais ils ne servent pas seulement de décors. Ils constituent finalement l’espace dans lequel chaque mission prend forme et chaque défi doit être complété, là où la vie continue d’avancer pendant que nous, on bosse! Des villages, des parcs, des fermes, des aéroports et d’autres zones urbaines proposent tout un tas de scènes suffisamment chargées et variées pour donner envie d’observer et pas uniquement de tirer. Les personnages vaquent à leurs occupations, on voit tout un tas de situations se dérouler sous nos yeux et de nombreux petits secrets nous encouragent à prendre le temps d’observer. Comme déjà dit, c’est plus de 160 missions, 200 histoires et 45 opportunités. Ça donne à peu près une idée de la densité de tout ça sur six cartes.
C’est là finalement que Sniper Dan trouve son meilleur équilibre, car les décors sont suffisamment riches pour donner envie de fouiller et la direction artistique cartoon conserve une bonne lisibilité, en plus d’être efficace. Les décors sont simples, les couleurs sont franches et les éléments importants restent identifiables lorsqu’on passe à la lunette. Mais pour ça, comme déjà dit, il suffit d’observer et de prendre son temps. Parfois, le détail est vraiment sous nos yeux, mais à force de passer devant, on remarque un petit mouvement qui n’avait pas fait tilt avant. On regarde les indices, on met en corrélation et, paf, la cible est sous nos yeux, le tir est fait et le défi est validé! Le zoom permet justement de vérifier ces détails ou de préparer un tir précis pour éviter de toucher un civil. Bien entendu, le résultat technique n’a pas vocation à rivaliser avec une grosse production AAA. On parle ici d’un petit jeu indépendant et, justement, cette réalisation correspond parfaitement au fonctionnement du jeu et à ce ton décalé et humoristique.
Sniper Dan contient également une petite couche de progression, car dans chaque mission, on gagne de l’argent et ça nous permet de développer l’activité de Dan. De retour au bureau, celui-ci sert de point de passage et c’est ici qu’on gère l’entre-contrat. On peut décorer notre bureau, mais c’est également ici qu’on va s’occuper de l’amélioration et de la personnalisation de notre fusil sniper. On parle aussi de costumes, d’objets à collectionner et d’autres récompenses qui viennent compléter cette couche de progression. Le système n’est pas vraiment révolutionnaire, mais il donne une raison supplémentaire d’enchaîner les missions et d’accomplir des tâches optionnelles plutôt que de suivre une simple trame principale.
Il y a d’ailleurs pas mal de contenu annexe, suffisamment développé pour éviter l’impression d’une simple succession de puzzles. Sniper Dan propose notamment le mode Time Attack ou Snapshot, par exemple, avec plusieurs mini-jeux comme du bowling, du tennis ou du hockey. Ces activités secondaires ne remplacent évidemment pas la trame principale, mais ça permet de casser un peu le rythme et de s’amuser de façon variée.

















Le principal défaut de la formule vient surtout de sa simplicité au final. Ce qui est sa force devient l’un de ses principaux défauts. Comprendre le problème, chercher une cible et tirer reste finalement une boucle de gameplay qu’on reprend de contrat en contrat. S’il existe bien quelques petits événements dynamiques qui permettent de renouveler certaines situations, les missions principales apportent parfois quelques variations, mais finalement, dans le principe, on reste toujours sur la même chose : observer, comprendre, analyser, tirer. En petites sessions, il n’y a pas de problème là-dessus. Par contre, c’est lorsqu’on fait des sessions un peu plus longues, qu’on enchaîne les heures, que la répétition et le sentiment de déjà-vu se font un peu plus ressentir. La difficulté joue également sur cette sensation et se montre parfois déséquilibrée. Les indices sont assez cryptiques pour rendre les recherches intéressantes, mais il arrive qu’on interprète mal le seul indice qu’on nous donne ou qu’on comprenne mal comment résoudre une énigme. Ça peut alors partir dans une séance d’observation et de recherche plus longue qu’il n’aurait fallu.
Si on parle à présent de l’aspect technique, difficile d’aller vraiment très loin dans le débat. La direction artistique est fun, avec ce côté un peu dessiné et cette ambiance jeune. Ça pourrait faire penser à des jeux comme Roblox et compagnie, par exemple. Sniper Dan ne cherche pas à impressionner par sa technique ou la complexité de ses systèmes. C’est plutôt une idée cohérente, avec une direction artistique qui matche bien avec l’ambiance et le principe du sniper utilisé comme outil de dépannage pour gérer plusieurs contrats.
À l’heure de faire le bilan, Sniper Dan transforme finalement son outil principal, son sniper, en une sorte de pointeur et construit tout son jeu autour de cette idée. Le résultat ne révolutionne pas forcément les jeux à objets cachés, mais ça apporte une mécanique suffisamment claire, et surtout drôle, qui porte toute l’expérience. Si on peut sentir quelques répétitions ou des mécaniques parfois un peu simples, l’ensemble reste cohérent, généreux et permet surtout à Sniper Dan de se démarquer sur un marché qui manque parfois d’originalité.