Among the Trolls mêle enquête familiale, folklore finlandais et une touche de survie dans une aventure à la première personne.
La recherche d’un grand-père, l’envie d’explorer des forêts et d’en comprendre les mystères constituent son socle.
Mais la fabrication, les combats et les interactions présentent encore quelques défauts qui compliquent l’aventure.
Un premier avis réservé, malgré une histoire et un cadre qui méritent, à mes yeux, de retenir votre attention.
Voilà quasiment cinq ans que j’ai pu découvrir le projet, et aujourd’hui, il est enfin là. Among the Trolls trouve tout son intérêt dans une idée simple : donner une raison personnelle de parcourir une forêt sauvage où la survie occupe une place importante. On incarne Anna, qui ne cherche pas seulement de quoi manger ou fabriquer le meilleur outil. Elle veut avant tout retrouver son grand-père et comprendre ce qui se passe autour de sa cabane. Cette recherche donne une direction à l’aventure. C’est entre deux découvertes que celle-ci nous convainc le moins. Le récit commence par le retour d’Anna sur sa terre natale, en Finlande, après un voyage depuis les États-Unis. Elle vient rendre visite à son grand-père dans un endroit associé aux étés de son enfance, mais découvre à son arrivée une cabane totalement abandonnée. La disparition du grand-père entraîne notre personnage dans une recherche où les souvenirs familiaux rejoignent progressivement le surnaturel. Le point de départ fonctionne parce qu’il donne immédiatement un objectif identifiable : retrouver un être cher. Explorer les environs sert à retrouver ce proche, avec la possibilité de découvrir aussi d’autres éléments du passé d’Anna.
Le folklore finlandais apporte une identité convaincante à ce voyage. Les références au Kalevala et les créatures surnaturelles s’inscrivent dans des croyances précises, au-delà d’une simple forêt peuplée de quelques créatures. Un corbeau parlant nous accompagne durant les débuts du périple et intervient comme un guide. Il nous présente les lieux, les dangers, mais également certaines tâches nécessaires à la progression. Ce mélange entre histoire familiale et mythologie constitue une base narrative solide. Cette recherche donne une vraie raison de poursuivre, même lorsque les activités de survie retardent quelque peu notre progression.
Cette survie intervient avant tout dans les préparatifs : récolter des matériaux, fabriquer de l’équipement, chasser et trouver de la nourriture font partie des activités qui accompagnent l’intégralité de notre aventure. Ces tâches ont toutes une utilité bien précise. Il faut pouvoir survivre dehors et disposer des outils nécessaires pour continuer la recherche. La présence de ces mécaniques n’est donc pas un problème en soi. En revanche, elles occupent suffisamment de place pour que leur exécution compte autant que leur fonction. Une fabrication peu pratique devient assez vite gênante, surtout lorsqu’elle concerne des objets dont le besoin est réel. L’artisanat montre les limites de cette approche. La fabrication nous demande de manipuler des composants et de consulter un journal pour obtenir les recettes. L’idée donne une présence concrète aux matériaux, mais les différents clics deviennent vite laborieux pour des besoins courants. Les flèches, par exemple, se fabriquent uniquement par petites quantités. Il faut donc revenir régulièrement à la fabrication pour alimenter une activité aussi élémentaire que le tir à l’arc. Le problème tient moins au principe de fabriquer soi-même son équipement qu’au nombre de manipulations nécessaires avant de pouvoir reprendre l’exploration.
L’exploration demande également une participation assez active. La carte ne signale pas la position d’Anna. Il faut se repérer dans les lieux et utiliser les indications disponibles pour savoir où nous sommes précisément. Ce choix peut convenir à une aventure qui accorde de l’importance à l’observation. Encore faut-il reconnaître facilement un chemin, une construction ou un relief, puis faire le lien entre le terrain devant nous et la carte. Le manque de repères suffisamment distincts rend cependant certains déplacements plus confus que nécessaire. Se perdre parce qu’on interprète mal une carte peut faire partie du jeu. Tourner en rond faute d’éléments réellement distinctifs devient plus difficile à accepter. Les combats sont sûrement la partie la moins convaincante. Les attaques manquent d’impact, la distance avec les ennemis reste difficile à apprécier et la défense ne donne pas vraiment confiance. À cela s’ajoutent des comportements irréguliers de l’IA, notamment dans sa manière de se déplacer et de gérer son positionnement parmi les nombreux obstacles. Pour une aventure qui demande de préparer des armes et des munitions, ces différentes imprécisions deviennent vite gênantes. Un affrontement doit permettre de comprendre pourquoi une attaque touche ou non. Ici, la lecture reste incertaine. Les ressources dépensées donnent surtout l’impression de compenser les maladresses du système de combat.
Les interactions les plus simples demandent aussi davantage de fiabilité et de visibilité. Ramasser certains objets demande parfois de chercher l’angle exact pour déclencher l’action, alors que la ressource est juste devant soi. Ce détail a des conséquences dans un jeu fondé en partie sur la collecte. Ramasser une branche ne devrait pas demander plusieurs tentatives et devrait être très intuitif. La chasse connaît également des problèmes de comportement, avec des animaux qui restent bloqués dans le décor ou dans l’incapacité de se déplacer pour s’échapper. Ces incidents gênent une activité que le jeu demande de répéter pour préparer les prochaines sorties. La construction, au moins, semble un peu plus claire. Fabriquer un pont permet de rejoindre une autre île et donne une utilité immédiate aux nombreux matériaux récupérés. Les abris nous servent à organiser les prochaines expéditions et à sauvegarder. Ce dernier point mérite d’être connu : aucune sauvegarde automatique ne prend le relais. Il faut donc enregistrer manuellement sa progression lors de nos passages dans des abris ou lorsqu’on trouve un lit.
Among the Trolls possède une histoire intéressante qui nous donne envie d’avancer et de découvrir ce folklore qui apporte une réelle identité à l’aventure. Mais l’artisanat parfois laborieux, les combats imprécis, ainsi qu’une ergonomie et des interactions peu fiables rendent des tâches courantes et basiques inutilement pénibles. Ces défauts compliquent la collecte et les préparatifs des prochaines expéditions, tout en gênant les affrontements qui ponctuent la recherche du grand-père d’Anna. L’avis est donc assez mitigé aujourd’hui : la base narrative donne envie de s’y plonger, mais le cadre autour demande encore du travail pour soutenir cette histoire. En espérant des correctifs rapides pour améliorer le jeu, car Among the Trolls possède assurément un potentiel ; encore faut-il l’exploiter pleinement.