Risen : une nouvelle sortie pas si utile

Piranha Bytes est un nom connu des adorateurs de RPG oldschool comme Gothic (dont un remake est attendu) ou encore Risen qui s’offre une nouvelle sortie sur Playstation 4, Xbox One et Switch. Sorti initialement en 2009 sur PC puis Xbox 360, le choix d’un simple portage de la mouture PC d’époque semble une stratégie plus qu’étrange, amenant avec lui ses forces, mais aussi ses faiblesses d’il y a 13 ans. Il y avait la place pour une vraie réédition, mais non. Dommage ! 

Si on devait résumer Risen en un seul mot, ce serait surement classique tant la production de Piranha Bytes reste dans les clous à de nombreuses reprises. L’histoire débute à notre réveil sur une plage, après que notre navire ait fait naufrage. Alors qu’on part à la recherche de secours, on découvre que cette ile est le lieu d’un affrontement entre l’inquisition et des rebelles voulant renverser le pouvoir en place. Alors que des ruines étranges apparaissent un peu partout, le clan aux commandes veut y découvrir des artefacts magiques pour se renforcer alors que les pirates voient plutôt la richesse devant eux. Malgré nous, on se retrouve au beau milieu de cette lutte avec une prise de position attendue pour l’une ou l’autre faction !

À la manière de bon nombre de titres « ouverts », Risen ne propose pas de réelle création d’avatars d’entrée de jeux avec les choix de classe ou autre. À nous de forger notre histoire, notre destin et de faire évoluer notre personnage comme bon nous semble avec l’absence de classe à proprement parler d’ailleurs. Risen ne connait pas vraiment de limite de ce côté, et nous laisse partir dans le sens qu’on désire. La construction de notre épopée prend la même direction. La progression de Risen ne propose que de rares paliers impératifs à atteindre, nous laissant là aussi le champ libre de faire ce qu’on veut comme on le veut. L’histoire est pleine de liberté et cela on kiff. Certes, les joueurs habitués aux UI surchargées d’indicateurs de progression, qu’on prend par la main pour aller d’un objectif à un autre risque fort d’être dépaysés.

La progression principale, comme annexe, pose des buts là aussi classiques durant notre voyage, mais assez variés pour ne pas qu’on tombe dans une lassitude bien trop récurrente des RPG plus modernes. Concernant le contenu secondaire d’ailleurs, on est loin du Fedex sans lien avec l’histoire, bien au contraire. C’est superbement bien intégré et jamais inutile. On flâne sans cesse dans un coin ou un autre, à discuter avec des PNJ, leur rendre service quand on ne se perd pas dans une exploration toujours plaisante avec d’innombrables recoins à fouiller. Comme dit, on est loin de la quête popcorn présent juste pour gonfler artificiellement la durée de vie du jeu, on voit que Piranha Bytes a cherché à tout bien imbriqué dans son monde pour lui donner vie, et une logique. Il faut facilement 30-35h pour aller à l’essentiel et forcément, nos choix ayant des impacts plus ou moins forts (ne serait-ce que le camp qu’on soutient), la rejouabilité est forte ! On touche surement la vraie force de Risen qui nous amène dans une contrée lointaine dans un contexte difficile où chaque acte à ses conséquences. La construction est bonne, l’histoire fédère assez bien sur la durée même sur le rythme en fin de partie pêche un peu, et l’écriture est loin d’être mauvaise.

L’univers créé est complet, mais dommage que la technique et la réalisation ne suivent pas et c’est encore plus voyant avec un simple portage PC aujourd’hui. Alors oui, cette version est supérieure à la version 360 (encore heureux), on gomme le framerate irrégulier ou le popping passé mais le moteur, la modélisation des avatars et leurs animations et les textures plus généralement accusent le coup et pas qu’un peu. On sent que le titre approche de ses 15 ans ! C’est dans ces conditions qu’un remaster à minima aurait été le bienvenu en rehaussant quelques curseurs afin de rendre une copie plus en adéquation avec l’époque. Certes, Risen ne coute que 25e sur console ce jour, mais cela ne change rien à ma pensée. En l’état, on aurait voulu plus.

Risen possède toujours aujourd’hui quelques atouts dans sa manche. Ce qu’il nous raconte est toujours béton, mais l’emballage manque clairement de solidité. Ressortir un jeu quasi 15 ans plus tard sans quasi aucune retouche (hormis un support manette remise au gout du jour surtout), c’est un exercice périlleux. Pas convaincu que cela suffise aujourd’hui à faire passer à la caisse les joueurs surtout dans une période aussi chargée qu’actuellement. C’est dommage, car il y avait une carte à jouer en se donnant un peu plus les moyens. En l’état, on se pose la question sur la pertinence de cette réédition.

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