Après une sortie Vita, puis PS4/Switch, le JRPG The Caligula Effect Overdose revient sur scène pour une mouture PS5. Avec un socle relativement solide, on espérait voir une version profitant de la dernière génération, mais il ne s’agit que d’une réédition de l’opus PS4 sur dernière génération, sans pousser à fond les possibilités que cela engendre. C’est dommage, mais cela n’entache pas les qualités et atouts que The Caligula Effect Overdose propose.
Notre personnage (dont le choix du sexe est libre), à peine débarquer dans son nouveau lycée, s’aperçoit de phénomènes étranges comme si les personnes autour de lui se pixellisaient et que des textures disparaissaient. Pris de panique, il s’enfuit de la cérémonie de rentrée scolaire et tombe sur le Go-Home-Club, un groupe d’étudiants luttant contre Mu. Ce dernier est un programme malveillant proposant un monde utopique, virtuel, où soi-disant tout le monde vit dans le bonheur, mais on voit bien que ce n’est qu’une illusion ! Utilisant le Catharsis, les membres du Go-Home-Club se font passer pour des créatures de Mu et peuvent donc entrer dans ce monde et lutter contre l’ennemi. Pas le temps de tergiverser qu’on est embarqué direct dans l’action et dans l’intrigue. On découvre des thèmes comme la mort, le deuil ou le rejet tout au long d’une trame assez sombre durant 18 arcs narratifs (et une petite 30aine d’heures) où notre bande doit vaincre les différents sbires de Mu avant de prétendre l’atteindre et mettre fin à ses plans.
Il en faut peu pour apercevoir quelques similitudes entre la licence de FuRyu et celle d’Atlus, Persona : on incarne un groupe de lycéens dotés de capacités spéciales, luttant contre des ennemis dans un monde alternatif, le tout sur un fond de tour par tour, une narration bien écrite, des relations entre personnages ayant des impacts sur la progression, etc. Est-ce étonnant quand le producteur de The Caligula n’est autre que celui ayant œuvré par le passé sur Persona ?
La narration et la façon dont sont abordées chaque thématique et ambiance liée au boss du coin, sont satisfaisantes. Cette plume couplée à une mise en scène soignée (tout comme le chara design ou la direction artistique tout simplement) permet d’effacer quelque peu une réalisation un cran en dessous de ce que propose les JRPG du moment. Car c’est un peu ici que le bât blesse : on fait face ni plus ni moins qu’à la version PS4 qui était déjà une sorte de remaster amélioré de l’opus Vita. Je n’ai pas eu l’impression d’un graphisme plus soigné entre les deux générations Playstation, ou d’un apport quelconque ressentie vis-à-vis des fonctionnalités de la console. Cela passait encore en 2019, mais en 2023 sur PS5, c’est déjà un peu plus piquant.
On apprécie de voir les deux côtés de la balance par alternance, ce qui s’apparente au bien et au mal, tout au long de notre aventure. De la sorte, on découvre un maximum de protagonistes et leurs histoires au travers de contenu annexe permettant d’en apprendre plus en plus de tisser des liens entre eux (cela a une importance dans la quête de libération des 500 étudiants prisonniers). La progression globale impressionne moins de par sa linéarité et un schéma récurrent d’un chapitre à l’autre. On est clairement face à un jeu couloir à l’ancienne, où on se contente d’avancer en direction du signe bien distinctif indiquant l’objectif à atteindre. Le level design manque parfois de claret, rendant l’expérience par moment plus laborieuse qu’amusante ou fun.
Le système de combat au tour par tour est assez efficace avec un fonctionnement en mode ATB en ajoutant une fonction permettant de voir l’avenir. Le but ? Simuler ce qui se passe si on procède à telle ou telle action plutôt qu’une autre. De quoi revoir notre stratégie si besoin, pour éviter une mort prématurée par exemple. On construit, via cet ATB, des combos dévastateurs en conjuguant des capacités pour optimiser les bonus qu’elles offrent. On prend rapidement la formule en main, dévoilant l’une des forces de The Caligula Effect Overdose d’une bien belle façon. Du fait que le décor disparait lors du déclenchement du combat, on ne connait aucun problème d’angle de vue ou de caméra, rendant l’action fluide et irréprochable d’un point de vue ergonomie. The Caligula Effect Overdose inclut une notion de risque, rendant la situation plus ou moins périlleuse selon le cas, mais ce qui est un inconvénient à un moment devient une force, car certaines de nos techniques (fortes qui plus est) ne sont disponibles qu’en cas de menace haute !
Même si la réalisation pêche aujourd’hui, la faute à un passif héritée de sa sortie initiale sur PS Vita, The Caligula Effect nous délivre une narration prenante couplée à un gameplay solide. Certes, la progression se montre assez répétitive, mais si on arrive à outre passer cela, on vit un voyage passionnant, et ce même avec une demi-décennie passée depuis sa sortie originale. On regrette surtout ne pas profiter de la mouture Playstation 5 pour donner un petit coup de neuf à cette œuvre aujourd’hui.