1 juin 2026

Test Infinity Strash Dragon Quest The Adventure of Dai : un portage mitigé

La licence Dragon Quest existe depuis pas loin de 40 ans et est un vrai mastodonte au japon au travers de différents médias, que cela soit le jeu vidéo ou des animés. Connue sous le nom de « Fly » chez nous dans les années 90 (ça ne nous rajeunit pas hein ?), la série a été rebootée il y a 2-3 ans, et c’est sur cette version que se base Infinity Strash : DRAGON QUEST The Adventure of Dai. Après avoir parcouru le titre sur PC et Steamdeck, il est temps de livrer notre bilan.

Dès les premiers instants, on reconnait la patte visuelle des Dragon Quest et le coup de crayon d’Akira Toriyama à qui l’on doit également Dragon Ball avec ce chara design si particulier et familier. On sait où on est et à qui on a à faire. On est immédiatement mis dans le bain avec un affrontement entre Baran, le chevalier draconique imposant, et Dai, notre avatar. Alors que la bataille fait rage, un évènement inattendu se produit nous propulsant dans le passé afin de nous faire remonter toute la chronologie des aventures de Dai, nous laissant (re) vivre et (re) découvrir cette légende.

Infinity Strash nous dessine les contours de son aventure et nous présente les trois éléments qui composent son contenu et son histoire, sur fond de carte du monde et d’un logo associé à chaque composante : des saynètes nous contant le voyage de Dai et ses amis, les combats principaux ainsi que les objectifs secondaires. On alterne subtilement cinématiques et combats, le tout saupoudré d’annexe selon nos envies. Sur le papier la formule semble convenable, mais la réalité diffère et peut frustrer au moins autant que le plaisir procuré. 

On entrain en retrait

Commençons par le rythme, avec les éléments de narration via un lecteur vidéo basique qui affiche une suite de vignettes. Impossible d’accélérer la lecture, on lit les ST au rythme imposé par le jeu ou on zappe la séquence complète. C’est dommage d’autant que ces saynètes tirent souvent en longueur. On finit la première séquence de quelques minutes que la prochaine étape est du même format. Alors certes, on se régale visuellement avec une qualité excellente et un doublage original du plus bel acabit, mais on se retrouve englué dans une trame qui prend trop de temps à se mettre en place, partant souvent sur du superflu, ralentissant la formule sur sa globalité. À se demander si on n’est pas sur un pur visual novel du coup par moment.

L’histoire qui nous est contée est fidèle au média d’origine. Infinity Strash s’adresse aux fanas du manga en suivant à la ligne le scénario, mais du coup, cette clientèle étant en terrain connu va aller à l’essentiel. Les autres risquent de subir ce rythme en dent de scie, et lâcher prise potentiellement. L’idée de ces scènes n’est pas mauvaise en soi, mais c’est plus la construction qui est remise en cause, et la façon dont est montée la progression.

Ready ? Fight !

On part enfin sur le terrain se coller des mandales avec une expérience rappelant les Dragon Quest Heroes ou les Musô en général dans l’approche du combat, sans réussir à insuffler la dimension épique (bien que redondante sur la durée) de ces jeux. On troque les xx dizaines d’ennemis par des vagues moins imposantes, mais composées de monstres plus résistants ou simplement un boss. Le gameplay reprend les codes du genre pour le reste et conserve une ligne directrice connue, mais qui fonctionne toujours aussi bien. Par contre, on ne rencontre pas de réel challenge de ce côté, ce qui est différent avec les boss peuvent se montrer retord et puniront les joueurs bien trop prétentieux ou surs d’eux. Une certaine vigilance est nécessaire pour éviter les attaques de zones. 

On dispose d’un combo en trois attaques basiques, un coup puissant en guise de finisher (si exécuté dans le bon tempo), trois compétences spéciales et un ultime sans oublier l’esquive et la parade. Selon l’avatar du moment, le socle offre quelques légères variations. La formule ne révolutionne rien, mais elle comporte les valeurs sures du genre. La base est solide, mais en même temps, elle se sabote elle-même par un game design étrange à commencer par l’inertie de nos héros. Quand on déclenche une attaque, il faut attendre la fin de l’animation pour poursuivre. Impossible de lancer un contre ou une parade en plein combo. Je ne sais pas trop comment le décrire, mais manette en main vous devriez rapidement comprendre de quoi je parle. Le tout est quelque peu rigide et manque de grâce, de finesse. 

Une grande partie de notre survie repose sur notre capacité à enchainer parades et esquives parfaites, nécessitant un timing au poil. En plus de mitiger ou annuler une partie de dégâts ennemis, chacune de ces facettes nous offre un avantage au combat. Tout le système mis en place nous force à un certain degré à jouer défensif au maximum de ne pas foncer tête baissée. Sur le papier, j’approuve un gameplay plus fin que du spam attaque sans réflexion, mais on passe ici plus de temps à courir pour fuir le contact avant de charger à nouveau et ceci en boucle, et on peste quelque peu sur la justesse millimétrée de l’esquive pour la réussir parfaitement.

Il est dommage de voir le contenu secondaire se contenter dans la très grande majorité des cas à ne faire que du recyclage que ce soit sur les environnements, les objectifs ou le bestiaire. Pire encore, on ne voit aucun des piliers du (J) RPg débarquer : inventaire, boutique pour les consommables, etc. C’est le néant total, au point qu’on se demande si on ne serait pas sur un jeu mobile.

Un mode alternatif palpitant ?

Heureusement, les sanctuaires font leur apparition et viennent rehausser l’expérience et même devenir LA composante phare d’Infinity Strash avec une composante axée rogue inattendue. Chaque étage se compose de plusieurs arènes/vagues de monstres à combattre. Dès lors qu’on clean la place, on choisit parmi trois bonus celui qu’on désire activer, et on continue. Là aussi, deux portes se dressent face à nous indiquant comme souvent dans le genre le type de gain potentiel derrière. Plus on progresse dans la trame principale et plus ce sanctuaire s’agrandit lui aussi et donc le nombre d’étages disponible et implicitement la qualité des récompenses également.

La technique est surement l’un des points forts du titre avec une direction artistique rendant hommage au média d’origine, que cela soit lors des cinématiques ou en jeu. Que ce soit sur PC, ou Steamdeck, c’est propre et fluide avec une optimisation à 110 %. Le doublage (EN ou JP) fait son office et la bande-son tout autant. De ce côté, difficile de reprocher quoi que ce soit au titre.

Infinity Strash : DRAGON QUEST The Adventure of Dai affichait des ambitions mesurées et des arguments qui semblaient solides, mais la réalité est différente et le bilan assez mitigé. Ce Dragon Quest nous montre de bonnes idées, mais leur réalisation pêche. On alterne plaisir et frustration à de nombreuses reprises pour des petits errements ci et là. On revit une histoire forte, d’une licence historique solide, mais pas dans les meilleures conditions espérées. Le gameplay manque parfois d’ambition et d’épique pour nous tenir en haleine des heures durant. La composante rogue remonte un peu l’intérêt, mais est-ce suffisant ? Il y avait surement moyen de rendre un meilleur hommage à cette licence iconique.

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