11 mars 2026

Test Shadow Tactics Blades of the Shogun Aiko’s Choice : un retour apprécié dans cet univers solide

Le très regretté studio Mimimi Games proposait il y a quelques années (2016) l’excellent Shadow Tactics Blades of the Shogun, ainsi qu’un DLC-stand alone Aiko’s Choice en 2021. Cette aventure est de retour depuis quelques jours sur console de dernière génération pour notre plus grand plaisir. De quoi refaire une petite passe sur ce succulent DLC.

Comme son nom l’indique, le contenu se focalise sur Aiko, personnage connu de l’aventure originale et experte de l’art Kunoichi. Elle pensait son passé loin derrière elle ce n’est pas le cas. Son ancienne sensei, Lady Chiyo a eu pour mission de faire taire toute la bande d’Aiko. Accompagné de fidèles acolytes, elle reprend les armes au travers de trois missions complètes ainsi que trois interludes, de quoi nous occuper à minima quelques heures, et pour les adeptes de l’optimisation et du travail propre, un sacré moment.

On retrouve cette expérience exigeante (plus ou moins selon la difficulté choisi) avec un gameplay rappelant les anciens commandos, ou Desperados III / Shadow Gambits pour donner quelques exemples mais version Japon féodal. Aiko est une redoutable assassine, agissant dans l’ombre, pouvant revêtir l’apparence d’une geisha pour tromper ses adversaires. Ses amis ont tous leur particularité, comme Mugen son amour un puissant samurai privilégiant l’attaque direct en frontale, tandis qu’Hayao est un Ninja utilisant épée et shuriken. Yuki est une jeune voleuse utilisant divers pièges et leurres pour attirer les ennemis tandis que Takuma, sous son apparence de vieux sage, est une redoutable tireur d’élite accompagné de son fidèle tanuki, Kuma. Chacun d’eux dispose de forces et faiblesses, et comme toujours dans ce genre de jeux, il est nécessaire d’agir dans l’ombre, discrètement, afin de n’éveiller aucun soupçon, tout en faisant disparaître les traces et corps sous peine d’avoir des ennuis et pas qu’un peu.

Le level design est assurément maitrisé. Mimimi nous offre encore une fois un univers complet et blindé de détails. Ils nous montrent au passage qu’une carte étendue n’est pas nécessaire pour développer un monde complexe. Les approches et façons de faire sont multiples, mais le danger rôde partout et l’échec est vite arrivé. On retrouve les différentes types d’ennemis connus : le soldat basique faisant sa ronde et facilement déconcentré. Le chapeau de paille lui ne quitte pas sa place en gardant un œil partout et enfin les samurais, véritables remparts quasi invincibles. Chaque zone demande une attention propre et une stratégie différente. On use et on abuse des particularités de chacun de nos personnages pour arriver à nos fins. J’ai passé plus d’une heure sur la première mission principale à tenter plusieurs choses, en la jouant full furtif, le frontal étant quasi impossible. C’est un pure kiffe, analyse, stratégie, mise en place du plan et action !

Mimimi Games maitrise son sujet, et étale tout son savoir-faire. L’infiltration et la tactique en temps réel n’ont plus de secret pour eux. Ils mettent assurément la barre haut, et on se demande comment ils ont réussi à faire mieux plus tard (ou égale) avec Shadow Gambit par exemple. On voit l’angle de vue des ennemis, profitant alors d’un champ mort pour se déplacer. On cache les corps morts pour ne pas alerter un garde lors d’une ronde. L’IA est d’ailleurs de bonne facture, et ne se laisse pas duper au moindre prétexte. Réflexion qu’on vous dit!

À la manière d’un Desperados, on déplace nos unités une par une, lance les actions à tour de rôle, mais le mode Shadow, véritable découverte dans Blades Of Shogun, est toujours de la partie. Le jeu utilise alors une pause active, permettant de planifier toute une séquence d’action mêlant plusieurs protagonistes d’une simple pression sur le clavier. Top pour prévoir une embuscade et mise à mort discrète à l’avance parfaitement jouée. La durée de vie est toujours au rendez-vous, avec une énorme rejouabilité. Pour chaque objectif, il existe tant de façon de s’approcer. L’échec, comme déjà dit, n’est pas rare. On prend le temps d’analyser la situation, on assimile les rondes et fréquences d’ouverture pour se frayer un chemin, on élabore des stratagèmes de l’enfer pour mener à bien nos missions. Je me suis que trop pris au jeu et j’adore. Le moindre faux pas est souvent fatal.

Que ce soit sur PC, au clavier/souris, ou au pad (console ou pc), l’ergonomie est au rendez-vous et la prise en main ne pose aucune difficulté. Même la gestion de la caméra en 360 ne pose aucun souci avec le pad. On alterne les avatars en rien de temps, on a un visu assez rapidement sur l’ensemble de la map. Bref, un formule encore une fois solide. Sur la partie technique, on retrouve quelque chose de très similaire et dans la continuité du jeu de base pour la DA. C’est assez joli avec un rendu cellshading-like qui fait son effet, et une stabilité à toute épreuve. La mouture console fait honneur aux travaux de feu Mimimi Games, structure pour laquelle j’avais une affection particulière tant leurs jeux étaient soignées, prenant et méritaient clairement une meilleure reconnaissance. La partie sonore elle fait le boulot en proposant quelque chose qui se marie parfaitement à ce que l’écran affiche.

Après leurs précédentes productions, Mimimi Games maitrise son sujet et nous le montre. Je retrouve cette ambiance si particulière du Japon à l’époque des samurais et autres ninjas que j’avais apprécié par le passé avec une formule bien rodée qui claque. Vous avez kiffé Shadow Tactics/Desperados III / Shadow Gambits? Vous aimerez Aiko’s Choice. Sinon, je vous conseille très vivement de commencer par le jeu d’origine histoire de prendre vos marques, découvrir l’œuvre complète et appréhender les personnages en amont car le casting et l’histoire sur son ensemble mérite le coup d’oeil.

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