Alors que j’initie mes enfants à Fairy Tail avec l’animé depuis quelque temps, je me suis dit que m’essayer à l’un des jeux « spin-off » de la licence, après les très bons JRPG sortis sur console, pourrait combler ce petit vide… Je me suis donc intéressé à Fairy Tail: Dungeons, où la guilde se retrouve projetée dans un labyrinthe mystérieux, mais où, au passage, leurs pouvoirs sont transformés en… cartes.
Avec Fairy Tail: Dungeons, exit le RPG traditionnel et le gameplay au tour par tour (plus ou moins) dynamique proposé par les titres de Gust, pour faire face à un deck building, rogue sur les bords, stratégique, où chacune de nos décisions façonne la suite du donjon et la survie de notre équipe. On retrouve avec plaisir la célèbre guilde de mages, dont Natsu, Lucy, Gray et les autres, confrontés à de multiples ennemis et pièges en tout genre afin de leur barrer la route vers la sortie de ces donjons mystérieux. Les premières rencontres nous laissent un peu de marge, mais très vite, Dungeons nous pousse déjà à utiliser au maximum les capacités de nos cartes. La situation oblige le joueur à composer un deck efficace et polyvalent où, comme souvent dans le genre, chaque action a un impact direct. Chaque choix de carte joué module la partie, avec une mécanique nouvelle appelée Magic Chain, basée sur des enchaînements spécifiques. Cette fonctionnalité devient l’un des points centraux du gameplay, nous poussant à chercher les meilleures combinaisons et, quand on arrive à les mettre en place, bingo.
Une histoire de carte
Comme dans tout rogue, il y a des récompenses qui tombent régulièrement et, ici, se posent les questions d’améliorer une carte que l’on apprécie et que l’on utilise souvent, ou de diversifier nos options via le déblocage de nouvelles cartes, par exemple. Du point de vue de la progression sur le terrain, c’est un peu la même chose, avec une gestion du risque et cette dualité entre vouloir en finir avec un boss ou aller engranger un peu plus d’expérience avant pour optimiser le deck et notre jeu, quitte à se mettre réellement en danger. La partie combat nécessite un équilibre entre la planification de l’ordre dans lequel on joue nos cartes et une observation attentive des ennemis, afin d’analyser leurs forces, leurs faiblesses et leurs patterns. Le bestiaire est suffisamment varié pour pousser le joueur à repenser sa façon de jouer régulièrement, tout comme les boss, assez exigeants, nous incitent à chercher l’optimisation de notre deck pour maximiser les Magic Chain. Il y a une forme de plaisir à investiguer sur le fonctionnement de chaque carte, sur la manière de les combiner efficacement afin de trouver de meilleures synergies en permanence, mais, forcément, comme dans tout jeu de cartes, il en ressort parfois une certaine frustration lorsque tout dépend de la main de départ et des pioches régulières, quand les bonnes cartes ne tombent pas, car la part de hasard entre toujours un minimum en jeu.
Je parlais de rogue un peu plus haut, et c’est lié au fait que chaque run est unique, avec sa part de génération aléatoire entre la composition des donjons, leur agencement, les monstres présents, etc., mais aussi au fait que l’échec n’est pas juste un recommencement à zéro. On accumule des objets et des compétences à effet permanent, boostant notre troupe sur la durée. À chaque nouveau run, on tente une nouvelle approche, de nouveaux combos, et ainsi de suite. Il y a un petit effet addictif dans ce genre de jeu, pour peu que l’on aime les jeux de cartes de base, renforcé par cette dynamique rogue et la nécessité d’enchaîner les runs pour atteindre l’objectif. La courbe de progression m’a semblé bien calibrée dans l’ensemble, même si j’ai fait face à quelques passages très corsés, avec des combats exigeants nécessitant de donner le meilleur de soi-même. Cela n’est toutefois jamais punitif inutilement ou à outrance, avec des murs infranchissables poussant au farming. Il faut certes un peu de chance, mais avant tout utiliser au maximum les capacités des cartes de notre deck et maîtriser chaque effet, chaque capacité et leurs imbrications.
Une licence forte
Au final, Fairy Tail: Dungeons est un deck builder/rogue avec ce système de combo en surplus sur le papier, mais ce qui en fait la force est l’utilisation de l’univers Fairy Tail, qui bénéficie ici d’un superbe travail. On retrouve avec plaisir les figures emblématiques de la licence, avec un vrai respect du matériau d’origine, que ce soit dans la personnalité de chaque héros, leurs pouvoirs emblématiques ou la reproduction fidèle des sorts. L’humour léger typique de Fairy Tail est bien présent, et de nombreuses petites saynètes ponctuent l’aventure afin de lui donner vie sur le plan narratif, tout en permettant de souffler entre deux phases d’action. Les fans reconnaîtront sans peine ce qui caractérise Fairy Tail, renforçant la crédibilité de l’ensemble. En revanche, il ne faut pas s’attendre à un mode campagne ou à un scénario au sens classique du terme : on est bien sur un contenu de type rogue, avec une histoire qui se distille au compte-gouttes, en toile de fond, au service du gameplay.
L’aspect visuel contribue fortement à l’ambiance, avec un rendu 2D coloré, assez original et inattendu, loin de ce à quoi les deux RPG de Gust nous avaient habitués. Le style capte bien l’essence de l’animé, malgré une approche différente, et le charme opère rapidement. La bande-son enfonce le clou, rythmant l’action avec subtilité. Les animations des cartes et des sorts donnent une vraie sensation de dynamisme, et les effets visuels accentuent le punch des affrontements. L’ensemble génère un spectacle satisfaisant à l’écran, rappelant l’énergie que dégage l’animé.














La nouvelle mise à jour majeure renforce encore davantage l’expérience, avec de nouvelles figures emblématiques rejoignant le casting, accompagnées de leurs compétences signatures, qui se traduisent en jeu par de nouvelles cartes. S’y ajoutent de nouvelles quêtes, de nouveaux monstres et donjons. À cela s’ajoutent également quelques correctifs, des améliorations de qualité de vie et surtout un mode plus accessible, gommant les légers problèmes de difficulté et les pics connus avant cette mise à jour. Encore plus de contenu, plus de rejouabilité, et davantage de fan service et de fun. Chaque ajout trouve une vraie résonance dans le contenu existant et ne donne jamais l’impression d’être plaqué artificiellement. Tout s’imbrique de manière cohérente, rendant l’ensemble plus riche et plus généreux.
Fairy Tail: Dungeons fait plus que simplement proposer un nouveau deck builder. Il offre une expérience riche pour les fans de la licence, tout en restant de bonne facture quoi qu’il arrive. Les quelques défauts constatés initialement, notamment les pics de difficulté, s’atténuent fortement avec cette nouvelle mise à jour, rendant l’ensemble plus fluide, avec une montée en puissance plus régulière. Il reste nécessaire de bien maîtriser son deck, ses cartes, leurs effets et le Magic Chain pour remporter la victoire, mais la progression apparaît désormais plus maîtrisée. L’univers d’origine est respecté, le contenu est dense, le gameplay soigné et généreux, rendant l’expérience addictive, avec un plaisir renouvelé à chaque run et une excellente rejouabilité. Si vous n’aviez pas encore franchi le pas, c’est clairement le bon moment.