Damon and Baby est une expérience orientée action où la coordination entre les deux personnages de ce binôme improbable est au cœur de l’expérience. Ce combo se révèle original, bien que parfois imprécis, mais le voyage vaut le détour, surtout pour un si petit prix.
Le joueur incarne Damon, un ancien démon chargé de protéger un enfant qui l’accompagne tout au long de son voyage. Véritable malédiction, Damon tente de briser cette dernière pour se libérer de cette garde forcée, se lançant alors dans un trip improbable. Sauf que Damon ne peut s’en sortir seul, nécessitant l’aide de l’enfant doté de certaines facultés : celui-ci devient un vrai camarade pour progresser avec sa faculté à faire des sauts en avant extraordinaires et à se téléporter (en embarquant Damon avec lui). Côté histoire, elle se dévoile doucement, mais sûrement, au gré de notre progression. Les dialogues entre les deux héros, bien que légers, permettent de voir le lien qui unit Damon et le bébé. Chaque nouvelle zone apporte son lot d’éléments scénaristiques, donnant envie de découvrir la suite (en plus de s’adonner à de nouvelles bastons). Sans être révolutionnaire, cela se laisse suivre correctement.
Le jeu débute par un bref tutoriel où l’on découvre les premières mécaniques et les fonctionnalités de base comme le déplacement ou le tir multidirectionnel de Damon, tout comme ce Baby Jump. La prise en main se fait assez rapidement, avec une offre alternant exploration et shooter isométrique. Très rapidement, il faut faire preuve de maîtrise pour alterner shoot, esquive, saut et se débarrasser des adversaires qui nous entourent, tout en traversant quelques zones mettant à rude épreuve nos capacités côté plateforme. Si les premiers pas paraissent simplistes, très vite, l’adresse et la bonne coordination des capacités du bébé et de Damon sont nécessaires.
Les différents niveaux alternent passages étriqués, étroits, et d’autres plus ouverts et amples, souvent assez verticaux, avec des espaces en hauteur inaccessibles sans le Baby Jump, rendant la maîtrise de cette capacité vite indispensable. L’exploration encourage à bien observer, se repérer et analyser le tout pour déceler quelques passages secrets, mais aussi à collecter un maximum de ressources pour améliorer aussi bien nos armes que nos capacités. Les combats, contre minions et ennemis classiques, sont assez fun, alors que les boss deviennent un peu plus exigeants, testant nos capacités à réagir rapidement et efficacement, en anticipant leurs attaques afin de prendre le moins de dégâts possible et trouver les bonnes fenêtres pour initier nos tirs.
Damon dispose de plusieurs armes, possédant chacune ses propres caractéristiques. Certaines sont axées distance, d’autres à courte portée, nécessitant de se rapprocher davantage et, forcément, d’adapter notre gameplay plus globalement, d’anticiper plus tôt les attaques pour amorcer le Baby Jump. La combinaison action / saut devient le cœur du gameplay, et surtout son alternance devient de plus en plus naturelle au fur et à mesure que l’on progresse. Si l’exigence monte elle aussi progressivement, cela ne devient jamais injuste. À noter l’existence d’un mode coop locale, où le second joueur contrôle un canidé, compagnon de Damon, modifiant de ce fait un peu la formule pour s’y adonner à deux.
La difficulté, déjà évoquée à demi-mot, nous offre une courbe dans les grandes lignes bien ficelée. Il y a quelques « pics », mais rien d’insurmontable, et l’exigence monte en même temps que Damon et le bébé gagnent en puissance. La répétition fait quoi qu’il en soit partie de l’apprentissage. Côté rythme, il est soutenu et fluide, avec une bonne alternance entre exploration, narration et combat. Chaque zone apporte à chaque fois une petite nouveauté, maintenant notre intérêt, avec pas mal de trésors cachés à déceler et de composants pour améliorer notre duo. Par contre, il arrive que parfois la partie plateforme / jump manque un chouïa de précision, avec des sauts presque millimétrés, sans quoi on se loupe. Ces passages ne sont pas réguliers, mais ils existent.
La direction artistique est assez colorée, mêlant mondes sombres et d’autres plus vifs, on va dire. Les environnements sont suffisamment variés, tout comme le bestiaire, pour donner une vraie identité à chaque niveau. Les animations sont plutôt fluides et l’interface reste claire et lisible. Côté son, les thèmes matchent bien à l’ambiance du moment, évoluant selon l’intensité des combats. Si, dans les grandes lignes, Damon and Baby se montre convaincant, j’ai tout de même fait face à quelques passages où les animations se sont montrées un poil rigides, et quand cela arrivait, c’était toujours dans un moment tendu, où je n’avais que peu de marge de manœuvre… il ne manque pas grand-chose pour être soigné, vraiment peu, mais quand on tombe dans cette tranche minime d’animations rigides, ça peut piquer.
Avec une offre jonglant habilement entre action nerveuse, exploration intéressante et une narration, bien que légère, assez engageante, Damon and Baby offre un voyage indé intriguant et sympathique à parcourir. Son mélange de shooter et de plateforme est original. Certes, le marché actuel croule sous les sorties, Damon and Baby nécessitant encore un chouïa (minime, vraiment) de polish sur l’un ou l’autre sujet, mais il mérite un petit coup d’œil. Il a ses forces, en tout cas, et son petit prix prévu en fait partie, entre autres.