Le monde impitoyable du VS Fighting compte un nouveau challenger depuis quelques semaines avec Invincible VS, qui adapte l’univers du comics et de la série animée en jeu de baston par équipe, nerveux et spectaculaire. Derrière son aspect facile d’accès afin d’attirer un public large se cache une formule exigeante qui vise les adeptes de la discipline, du compétitif. Avec un système 3v3, son rythme agressif, et sa fidélité à l’œuvre d’origine, Invincible VS trouve sa place sans difficulté.
L’univers de la licence se prête à la perfection au VS fighting violent et explosif, retransrivant à la perfection la brutalité aussi bien du comics que de l’animé. Le jeu mise énormément sur le respect et la fidélité de l’œuvre. Le roster en reprend les personnages majeurs avec un véritable soin, que ce soit les animations, les postures, ou les attaques. Chaque combattant cherche à refléter ce qu’on voit dans la série, pour privilégier l’immersion, et que les joueurs ayant pu voir l’animé s’y retrouvent immédiatement.
Invincible VS conserve cette violence de tous les instants, avec des finishers brutaux, des super excessifs, en reprenant certains moments iconiques de la licence durant quelques affrontements précis. Chacun d’eux dégagent un sentiment de puissance démesuré, avec les corps projetés avec violence dans des parties du décor, des projections de sang, et des transitions spectaculaires lors de certaines attaques spéciales. Qu’on se le dise, Invicinble VS mise beaucoup sur sa mise en scène XXL. Même lorsque le chaos règne, que les capacités s’enchainent, se superposent, la lisibilité reste au top, essentiel dans un titre qui vise le dynamisme, la rapidité d’exécution.
Baston sans concession
Cette action frénétique est d’ailleurs l’un des premiers éléments qui marquent dans le gameplay. Invincible VS adopte une philosophie axée vers l’offensif, avec des matchs nerveux, des moves rapides, des ouvertures à gogo pour balancer des combos. Le système accentue cette dynamique avec des assists constants, de relais / assistances / intervention des coéquipiers, de quoi maintenir une pression constante sur l’adversaire. La moindre erreur peut faire basculer le déroulé du combat, le dominant devenant dominé et celui qui pensait perdre qui remporte le round.
Invincible VS tente de rester accessible pour les nouveaux arrivants, tout en donnant une réelle profondeur pour ceux cherchant l’aspect compétitif : easy to use, hard to master comme on dit. Les premières heures, le jeu donne l’impression d’un titre relativement simple à prendre en main avec des commandes qui répondent bien, des auto-combos rapides à prendre en main afin de balancer des séquences spectaculaires et impressionnantes. C’est un des nouveautés plus que bienvenue que pas mal de cador adoptent, cette dualité de gameplay permettant au plus grand nombre de profiter du jeu, et ce même sans connaissance élevée ou poussée dans le genre.
Cependant, au gré des combats, on remplace les auto-combos par des actions manuelles, et on découvre la réelle exigence qui était cachée par ce mode auto. La structure se révèle bien plus technique que pensée, et la gestion des assists devient une composante centrale et majeure du jeu. Les timings des relais demandent de la précision, et certains avatars nécessitent une vraie compréhension de leur portée, et le rythme devient tel qu’on n’a pas d’espace pour respirer, contrer. La réelle courbe de progression se dévoile, et elle est plus abrupte que certains autres titres concurrents, pas insurmontable loin de là, mais un peu plus raide.
Débutant? Vétéran ? Pas le même combat
Ce contraste entre les deux façons de jouer à Invincible VS constitue d’ailleurs l’un des aspects les plus intéressants du jeu : ni réservé aux vétérans, mais pas non plus un simple jeu de baston dédié aux fans de la licence. Il cherche un équilibre entre les deux publics où les débutants prennent rapidement du plaisir hors ligne notamment, alors que ceux voulant du compétitif y trouveront leur compte avec une montée en compétence, en puissance via les modes en ligne.
Le contenu solo donne les outils pour justement monter en niveau avec notamment le mode histoire qui reprend certains évènements majeurs de l’universe, avec une mise en scène réussien dynamique. L’écriture reste fidèle à ce qu’Invincible propose aussi bien en comics qu’en animé, avec ce mélange de tension, violence et conflits familiaux. Le scénario ne révolutionne pas ce qu’on connait mais il remplit parfaitement son rôle en donnant du contexte à chaque baston. Entre ce mode histoire, l’arcade, les défis de personnage, l’entrainement et le mode online, il y a de quoi faire durant de longues heures. Petite mention au tuto d’ailleurs qui mérite d’être souligné tant il est bien ficelé, expliquant correctement les bases, les mécaniques, en y allant doucement, sans nous noyer sous les infos trop vite, et surtout en donnant vraiment les billes pour s’en sortir quand on débute dans le genre. Ce travail pédagogique aide vraiment à entrer dans le bain les plus néophytes.








Le roster de lancement est solide avec des personnages suffisamment distincts et différents à prendre en main. Certes, à la vue de la richesse de la licence, certains auraient pu attendre un peu plus, mais l’ensemble est satisfaisant et cela permet de composer des équipes de trois variées, avec de bonnes synergies. En combat, on constamment l’impression que le jeu cherche à mettre en avant la puissance des coups, et la puissance brute des personnages. Entre les projections qui envoient valser un personnage à travers le décor, les finishers qui explosent littéralement à l’écran, le tout dégage une réelle violence marquée. Le style visuelle reste fidèle à la série animée et la technique rend hommage à l’ensemble avec une fluidité remarquable, irréprochable. La partie son va dans le même sens avec des sons renforçant l’impact des coups.
IA ? Online ?
Les premiers pas sont facilités avec la complétude du mode histoire, couplée à du VS IA et le mode training afin de bien prendre en main les combattants, se créer notre équipe préférée, et assimiler les bons combos, les combinaisons et synergies maximales avant de nous lancer en ligne et débuter le vrai périple. On y rencontre très vite des joueurs capables d’exploiter maximum les mécaniques avancées, de tirer partie de tout ce qu’offrent son équipe. Et c’est un peu ici qu’on perçoit la limite entre les deux publiques car très vite le niveau grimpe et les joueurs expérimentés se retrouvent face à des joueurs moins à l’aise, pouvant générer un peu de frustration car une fois pris dans un combo diaboliquement effectué, il est (très) difficile de s’en sortir. Bien que le matchmaking tente de contenir un maximum ces situations, il arrive qu’on tombe sur un adversaire clairement un niveau au-dessus de nous, et là, difficile de tenir la cordée. Et c’est là que ceux venus juste car attiré par la licence risque de ressentir le plus ce delta. L’ADN reste, dans l’ombre, du compétitif.
Enfin, pour conclure ce test, parlons de la couche réseau, essentielle pour un bon jeu de baston online, et Invincible VS coche toutes les cases : la fluidité des affrontements est assurée par un netcode rollback soigné, et le matchmaking m’a lui aussi semblé répondre aux attentes. Tout est stable, ce qui permet d’assurer des sessions rapides et surtout d’avoir la capacité de les enchaîner. Du point de vue du contenu, il existe des éléments de personnalisation ainsi que des récompenses de progression venant ponctuellement récompenser les joueurs, même si l’ensemble reste assez léger. Quelques microtransactions payantes sont également présentes à ce jour, limitées cependant à des skins purement esthétiques.
Une fois qu’on sait où on met les pieds, Invincible VS dévoile tout son potentiel. On transpire par moment, la montée en puissance se fait parfois dans le dur mais l’investissement en vaut la chandelle quand on kiffe le VS Fighting compétitif. Invincible VS propose une adaptation fidèle à la licence, qui comprend son univers et qui sait le retranscrire avec brio à l’écran. Le jeu impressionne par son rythme, la violence de ses joutes, et son système par équipe dynamique. Son accessibilité est réelle, quand on débute et qu’on se limite à du VS IA, mais dès lors qu’on fonce en ligne, soit il faut être à l’aise avec le VS Fighting ou accepter (comme beaucoup de jeux de baston en fait) qu’on risque de se faire démonter pas mal de fois, avec une montée en compétence parfois difficile. EN tout cas, le jeu propose une base solide, et possède des atouts pour en faire un vrai challenger dans le monde du VS Fighting compétitif.