1 juin 2026

Test Lumentale Memories of Trey : un Pokémon-like ambitieux

Disponible depuis le 26 mai dernier, Lumentale est l’un des nouveaux titres de collecte et de combats de monstres façon Pokémon, que ce dernier domine globalement depuis des décennies. Il existe bien l’un ou l’autre jeu venant bousculer cet équilibre, comme en témoigne le dernier Digimon, mais les réels challengers se font rares. Certains misent sur l’aspect nostalgique, d’autres sur des mécaniques plus complexes, et Lumentale tente une approche hybride en reprenant à la fois les bases du genre tout en essayant une structure plus proche d’un JRPG classique. Le résultat est ambitieux, original et globalement réussi même si certains aspects peuvent se montrer un peu plus irréguliers.

Le premier contact laisse transparaître cette identité old-school, jouant sur la carte nostalgique tout en injectant une touche de modernité. Lumentale arbore une direction artistique solide mêlant pixel art détaillé et environnements 3D, rappelant certains remakes d’anciens JRPG sortis récemment. Les villages sont colorés, les zones sauvages délivrent une certaine richesse visuelle tandis que les différents Animon possèdent un chara design suffisamment travaillé pour éviter l’impression d’une simple imitation, mais plutôt d’une production disposant de sa propre identité. Cette direction fonctionne bien grâce à son ambiance générale et à une volonté d’aller plus loin qu’une copie directe, bien au contraire.

L’histoire suit le jeune Trey dans un monde où les Animon occupent une place importante dans la société. La structure reste relativement classique avec un voyage qui nous amène à parcourir différentes régions du monde, où l’on fait plusieurs rencontres importantes, tandis qu’une menace plus large se dessine en arrière-plan au fil des heures de jeu. L’écriture semble vouloir donner davantage de profondeur à tout ce qui tourne autour de cette trame principale, développant les liens entre Trey et ses nouvelles connaissances ainsi que les différents personnages secondaires. Dans les faits, Lumentale adopte davantage les traits d’un JRPG classique que d’un Pokémon-like. Certains passages tirent parfois un peu en longueur, tout n’est pas toujours parfaitement calibré, mais dans le genre du monster collecting, Lumentale tente d’aller plus loin du côté de l’écriture, donnant au jeu une approche différente qui se révèle plutôt agréable.

Le gameplay repose sur des combats au tour par tour en équipe de quatre, et c’est probablement ici que se trouve le principal point fort de Lumentale. Là où beaucoup de monster collectors restent sur un système très proche de ce que la licence de Game Freak a posé pendant des années, Lumentale s’appuie davantage sur la synergie au sein de l’équipe, les bonnes combinaisons pour maximiser les dégâts, les effets de zone permettant d’engranger quelques bonus, mais aussi les capacités de soutien à l’image d’un RPG. Certaines créatures sont là pour renforcer le reste du groupe, d’autres pour appliquer des altérations à l’équipe adverse, tandis que certaines privilégient les dégâts purs. Les combats prennent une dimension tactique plus profonde, nécessitant de jouer sérieusement lors des affrontements de boss ou des rencontres les plus difficiles. Si cela ajoute une certaine dynamique, cela rend également la formule plus exigeante que la moyenne du genre.

À cela s’ajoute le traditionnel système de résistances et de faiblesses, mais sans reposer sur un schéma figé et simple du type eau contre feu. Chaque Animon possède des sensibilités propres qui poussent à observer son comportement et à s’adapter régulièrement. Cela nécessite une bonne analyse ainsi qu’une capitalisation des informations récoltées afin de composer les bonnes équipes et mettre en place les stratégies adaptées. Au gré de l’avancée, les combats gagnent doucement mais sûrement en richesse mécanique grâce aux nouvelles compétences débloquées par le leveling des monstres, à la découverte de nouveaux rôles, etc. Là où le début de l’aventure reste relativement accessible, la suite demande davantage de réflexion pour composer la bonne équipe et jongler entre les profils offensifs, défensifs, supports et assists, où chacun trouve son utilité. Cela pousse et encourage à revoir régulièrement nos plans plutôt que de se constituer une équipe de tueurs capable de nous accompagner durant la majeure partie de l’aventure.

La capture reste en revanche assez classique et proche des standards du genre. D’ailleurs, la boucle de gameplay conserve un socle connu entre exploration, combats et progression ou évolution de nos monstres sans pour autant donner l’impression d’un simple copié-collé grâce à de nombreuses petites modifications ou touches maison, comme les compétences passives qui modifient les affrontements ou encore la position des monstres au sein de l’équipe qui conserve son importance. Le crafting joue également une petite part avec la fabrication de potions ou l’amélioration de notre équipement via la récolte de ressources durant l’exploration. Cette dernière se révèle particulièrement plaisante grâce à un monde riche, varié, dans un univers où les Animon sont omniprésents.

Entre la campagne principale, la pléthore de contenu secondaire et les créatures rares à trouver puis capturer, Lumentale nous occupe durant de nombreuses heures. Tout ce qui est annexe trouve son utilité et donne surtout envie de s’y intéresser : entre le lore approfondi autour de certains compagnons, de nouveaux Animon rares à découvrir et tout un ensemble de récompenses, Lumentale valorise réellement le temps passé à explorer ce contenu supplémentaire.

La technique affiche une direction artistique, comme déjà évoqué, très solide, mais quelques bugs apparaissent par moments et montrent un léger manque de finition. Quelques ralentissements ou problèmes de collision peuvent ainsi survenir, rien d’insurmontable de mon côté, même si certains joueurs ont déjà rencontré des soucis de sauvegarde plus embêtants. L’interface manque parfois d’ergonomie, certaines actions pourtant simples demandant davantage de manipulations qu’elles ne le devraient, notamment pour modifier notre équipe. La couche audio reste classique avec une OST plutôt réussie. Enfin, l’équilibrage demeure discutable sur certaines portions de l’aventure avec quelques pics de difficulté marqués mais, au vu du plaisir procuré par le jeu, cela passe relativement bien.

Malgré ces quelques accrocs, Lumentale conserve sa capacité à nous accrocher sur la durée. Derrière ces imperfections apparaît un jeu porté par une vision claire et une volonté réelle de se démarquer de Pokémon sans se limiter à un simple reskin. Lumentale tente, et réussit dans les grandes lignes, à proposer une aventure plus dense, plus tactique voire un peu plus mature dans sa structure. L’expérience ressemble à celle d’un jeu qui possède des bases solides mais nécessite encore quelques ajustements pour déployer pleinement ses ailes. Quoi qu’il en soit, il sait donner envie de poursuivre l’aventure malgré les défauts constatés. Lumentale emprunte sa propre voie dans le monde du monster collecting, et il le fait plutôt bien.

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