22 octobre 2026

It Takes Two : le GOTY 2021 retrouve une seconde jeunesse sur Switch 2

Sacré jeu de l’année lors des Game Awards 2021, It Takes Two reste l’une des références incontournables du jeu coopératif. Cinq ans après sa sortie, l’aventure créée par Hazelight Studios revient sur le devant de la scène grâce à une toute nouvelle mise à jour technique qui améliore sensiblement l’expérience avec une version Nintendo Switch 2. Plus fluide, plus agréable visuellement et toujours aussi inventif dans ses mécaniques, le titre du studio de Josef Fares conserve de solides arguments, même après l’arrivée de sa dernière production, Split Fiction, que j’avais d’ailleurs adorée avec ma femme.

Depuis plusieurs années, Hazelight Studios s’est spécialisé dans une formule assez particulière : proposer des aventures entièrement pensées pour être parcourues du début à la fin par deux joueurs. Après A Way Out en 2018, qui reposait sur une coopération narrative autour de l’histoire de deux prisonniers, le studio franchit un cap en 2021 avec It Takes Two. Le succès est immédiat, aussi bien critique que commercial, et le jeu décroche la récompense suprême des Game Awards. Une reconnaissance méritée pour une production qui fait de la coopération une véritable mécanique de gameplay plutôt qu’une simple option multijoueur.

Entre-temps, Josef Fares et ses équipes poursuivent leur travail avec Split Fiction, sorti l’an dernier, qui pousse encore un peu plus loin la diversité des situations et des univers. Pourtant, revenir aujourd’hui sur It Takes Two conserve un intérêt évident, d’autant que cette nouvelle version profite des capacités et de la puissance supplémentaires de la Switch 2 pour corriger certaines concessions techniques du portage original sur Switch. L’occasion rêvée de retrouver cette aventure particulièrement adaptée aux soirées entre amis ou, comme ici, en couple, avec une formule qui n’a finalement pas vieilli.

Une crise au coeur de l’aventure

Au cœur d’It Takes Two, on retrouve Cody et May, un couple au bord de la séparation. Leur fille Rose, bouleversée par cette situation, fabrique deux poupées censées représenter ses parents. À la suite d’un événement surnaturel, Cody et May se retrouvent enfermés dans ces poupées de fortune, contraints de traverser leur propre maison et ses alentours pour retrouver leur apparence humaine. Une situation absurde sur le papier, mais qui sert de point de départ à l’une des aventures les plus marquantes de ces dernières années, où les problèmes conjugaux deviennent le moteur de la progression. Le scénario aborde des thèmes comme la communication, les compromis et les difficultés du quotidien, ce qui nous fait traverser une succession d’épreuves imposant aux deux personnages de travailler ensemble. Le docteur Hakim, un livre particulièrement exubérant, intervient régulièrement pour guider notre couple dans cette thérapie improvisée. Son humour ne fonctionne pas toujours et certaines séquences narratives manquent de subtilité, notamment lorsque le jeu insiste lourdement sur certains messages. Les personnages peuvent également se montrer agaçants dans leurs échanges, mais c’est aussi ce qui rend cette dynamique cohérente et accentue leur évolution au fil de l’aventure.

L’intérêt principal reste cependant la manière dont Hazelight traduit toute cette histoire en mécaniques de jeu. Chaque chapitre introduit de nouvelles capacités, souvent différentes pour Cody et May, ce qui oblige les deux participants à bien coordonner leurs actions. Dans une séquence, par exemple, l’un manipule des clous tandis que l’autre utilise un marteau. Ailleurs, les personnages exploitent des pouvoirs liés au temps, à la gravité ou encore à des transformations loufoques. Les possibilités changent régulièrement et le gameplay se renouvelle sans laisser le temps à une mécanique de devenir réellement répétitive. C’est cette diversité qui constitue probablement l’une des plus grandes réussites d’It Takes Two. L’aventure passe de la plateforme traditionnelle aux énigmes environnementales, aux affrontements contre des boss, aux courses-poursuites ou même à des passages proches du jeu d’action. Certaines situations modifient temporairement la perspective ou les règles habituelles de déplacement. Le titre emprunte ses mécaniques à de nombreux genres, mais conserve surtout une cohérence grâce à son principe central : chaque personnage possède un rôle précis et aucun ne peut progresser sans l’autre.

Avancer plus loin, à deux

La coopération ne se limite d’ailleurs pas à déclencher deux mécanismes simultanément. Il faut régulièrement communiquer, observer ce que fait son partenaire et adapter sa progression à l’autre. Certaines séquences demandent une synchronisation précise, tandis que d’autres nous laissent davantage de liberté. Cette alternance permet de maintenir une progression accessible, même lorsque les deux participants ne possèdent pas forcément le même niveau d’expérience en jeu. Les nombreux points de contrôle et la possibilité de recommencer très rapidement après un échec contribuent également à limiter la frustration lorsque l’on se rate. Tout n’est pas parfaitement équilibré pour autant. Quelques passages imposent des manipulations plus exigeantes, notamment lors des affrontements ou des séquences de plateforme rapides et nerveuses. Les angles de caméra peuvent parfois compliquer la lecture de l’action, particulièrement lorsque les deux personnages évoluent dans des environnements chargés. Certains objectifs reposent aussi sur des mécaniques classiques malgré leur présentation originale. Enfin, la durée de vie, aux alentours d’une douzaine d’heures de jeu, peut donner lieu à quelques baisses de rythme.

La variété des environnements participe largement au plaisir de la découverte et de l’exploration. En adoptant la taille de petites poupées, Cody et May redécouvrent leur propre maison et des lieux familiers, mais sous un angle complètement différent. Leur jardin devient alors un immense terrain d’exploration, les objets du quotidien se transforment en obstacles parfois difficiles à franchir et certaines pièces de la maison accueillent des univers presque autonomes. Hazelight exploite constamment cette différence d’échelle pour renouveler ses décors, les situations, mais surtout les interactions proposées. Le jeu multiplie également les activités secondaires, avec quelques mini-jeux compétitifs et diverses distractions accessibles au fil de la progression. Ces petites parenthèses permettent de rompre avec les objectifs principaux et d’introduire une rivalité bon enfant entre les deux participants. Cela renforce surtout cette dimension conviviale qui caractérise l’expérience, particulièrement lorsqu’on découvre l’aventure à deux sur le même canapé.

Un univers incroyable

Cette philosophie se retrouve dans la présentation générale du jeu, avec une direction artistique privilégiant des environnements colorés, détaillés et surtout facilement identifiables. Les animations des personnages accompagnent efficacement les différentes mécaniques, tandis que la bande-son s’adapte aux changements d’ambiance. Le doublage participe aussi à donner de la personnalité à Cody, May et aux différents personnages secondaires rencontrés, même si l’humour et certaines prestations volontairement exagérées ne font pas toujours l’unanimité.

La sortie initiale sur Switch en 2022 avait néanmoins nécessité plusieurs concessions, à commencer par une fréquence d’images limitée à 30 FPS, une définition d’image réduite, des textures simplifiées, mais aussi des effets visuels revus à la baisse. Des compromis compréhensibles à l’époque compte tenu du matériel, mais particulièrement visibles dans une aventure reposant autant sur la lisibilité de ses environnements que sur la précision de son gameplay. La mise à niveau Switch 2 apporte des améliorations importantes et notables, à commencer par le passage à 60 FPS. Cette fluidité supplémentaire présente un intérêt direct dans les passages de plateforme, notamment lors des déplacements rapides ou des séquences nécessitant une coordination précise. Le gain en confort est particulièrement appréciable, surtout lorsque l’écran est partagé entre les deux participants. La nouvelle version bénéficie également d’une définition d’image en 1080p natif, de textures bien plus détaillées, d’un éclairage retravaillé et d’ombres de meilleure qualité. Ces améliorations permettent de mieux restituer les environnements imaginés par Hazelight, sans modifier leur direction artistique. Les chargements profitent aussi des capacités supplémentaires de la console, avec des transitions bien plus rapides entre les différentes séquences.

L’aspect coopératif profite enfin de plusieurs possibilités de connexion, notamment grâce au Pass ami, qui permet de partager l’aventure avec une personne ne possédant pas nécessairement son propre exemplaire. La compatibilité entre les différentes plateformes et les fonctionnalités de partage propres aux consoles Nintendo renforcent cette accessibilité. Les possesseurs de la version Switch originale peuvent également bénéficier d’une mise à niveau gratuite, ce qui constitue un avantage appréciable pour retrouver le jeu dans les meilleures conditions. Si tout le monde pouvait en faire autant et éviter de nous faire repasser à la caisse…

It Takes Two conserve l’essentiel de ses qualités cinq ans plus tard, avec une aventure toujours aussi inventive, généreuse et entièrement construite autour de la coopération. Malgré une narration parfois maladroite et quelques séquences un peu moins inspirées, la variété des mécaniques et le plaisir de progresser à deux restent remarquables. Cette mise à niveau Switch 2 apporte des améliorations techniques bienvenues et attendues, notamment le passage à 60 FPS. Une excellente occasion de découvrir ou redécouvrir ce titre phare, qui reste une référence du genre malgré les évolutions apportées depuis par Split Fiction.

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