12 février 2026

Test Eriksholm The Stolen Dream : une sacré claque

Un jeu d’infiltration/aventure en vue isométrique, développé par d’anciens membres des équipes de Battlefield et Mirror’s Edge, sous Unreal Engine 5 : il ne m’en fallait pas moins pour me hyper et la titre de River End Games — Eriksholm The Stolen Dream —a plus d’un tour dans son sac. Je dirais même qu’il s’agit d’une superbe surprise. La preuve qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une équipe de 200 personnes (ils sont 17) et des moyens démesurés pour sortir un titre réussi.

Eriksholm se déroule dans une ville du même nom, largement inspirée des pays nordiques et scandinaves du début du XXe siècle. Le joueur incarne Hanna, une jeune orpheline dont le frère, Herman, est recherché par la police. Elle se lance à sa poursuite , mais se retrouve prise dans une machination bien plus grande qu’elle ne le pensait, mettant en lumière un complot qui pourrait mettre en péril Eriksholm, voire plus. La narration jouit d’une qualité d’écriture qui nous régale, et le tout est accompagné de cinématiques de toute beauté, dignes d’un AAA et autres cadors du moment, tant la réalisation flatte la rétine et charme. Et que dire du casting, de l’intrigue en elle-même et de cet univers fictif en plein déclin, touché de plein fouet par une maladie mortelle ? Et quand on sait que tout cela a été réalisé par moins de 20 personnes… Narrativement parlant, Eriksholm nous transporte sans souci avec lui tout au long de son contenu.

Le gameplay n’est pas en reste, avec un savant mélange d’infiltration en vue isométrique (à la manière des Mimimi Productions, avec des jeux comme Shadow Tactics/Gambits ou les Commandos) et d’action, avec toute une phase de puzzle et d’enquête. La base du gameplay s’inspire de la célèbre licence militaire, avec un déplacement en temps réel de l’un ou l’autre de nos avatars, chacun disposant de compétences uniques propres à régler une situation donnée. Que ce soit Hanna avec sa sarbacane ou Sébastien, capable de bouger des objets lourds, on retrouve cette symbiose d’équipe, caractéristique de ce genre de titre. Comme souvent, on connaît le point de départ et la destination, et ensuite, libre à nous de trouver l’itinéraire qui nous convient le mieux. Il n’y a jamais une seule solution, mais une multitude de chemins possibles pour atteindre notre but.

Eriksholm, notre bac à sable

À nous d’expérimenter, de tester et de faire nos choix. Et là, une nouvelle fois, la complémentarité de nos personnages est mise à contribution pour se frayer un chemin quand celui-ci est bloqué par une troupe adverse. Entre diversion, mise hors d’état de nuire et cache-cache, d’autant que, comme toujours, les angles de vue nous permettent parfois de passer dans un petit coin discretos. Mais attention aux ombres, car l’IA fait preuve d’une très bonne réactivité et d’une grande intelligence. Si vous avez fait les derniers jeux de Mimimi Productions ou de Commandos, Eriksholm n’a clairement pas à rougir et tient tête sans sourciller à ces monstres de l’infiltration. Je ne suis pas un expert, mais assurément un fan de ce genre de jeu, et j’ai pris un réel plaisir à jouer à Eriksholm.

Mais ce qui différencie Eriksholm, c’est qu’il propose de nombreux passages qui mettent à l’épreuve nos méninges, avec pas mal d’énigmes à résoudre grâce à l’environnement, d’exploration pour analyser l’environnement et trouver la clé pour progresser . Pourquoi ne pas utiliser la grue non loin pour déplacer les caisses qui bloquent notre passage ? Déchiffrer un code pour trouver son chemin ? Allez, pourquoi pas ! Il y a plusieurs exemples de ce genre et j’admets que cela apporte un vent de fraîcheur au genre, en donnant un peu de peps à la progression et en permettant de se « reposer » un peu entre plusieurs phases plus tendues en termes d’avancement sur le terrain.

Que ce soit au clavier/souris ou à la manette, la prise en main est aisée, avec des tooltips précis, une interface bien pensée et une ergonomie réussie. Sur le plan technique, Eriksholm fait partie de ces petites claques inattendues tant le jeu éblouit par son esthétique léchée. Que ce soit la direction artistique nordique et industrielle du siècle dernier ou la technique brute, c’est validé à 200 %. Est-ce si étonnant quand on connaît le pedigree de l’équipe derrière Eriksholm ? Bien sûr que non ! En tout cas, l’Unreal Engine 5 est bien maîtrisé et utilisé pour nous en mettre plein la vue, et c’est réussi. Modélisation, charadesign, animations ? C’est du même acabit, une réussite totale d’un point de vue technique. La partie audio n’est pas en reste, avec un doublage plein de vie et une bande-son discrète mais efficace. La présence de STFR est assurément un gros plus pour ce jeu narratif.

Je ne m’attendais à rien et Eriksholm : The Stolen Dream m’a mis une claque. C’est beau, c’est soigné et optimisé, l’histoire est prenante et le gameplay combine les classiques du genre infiltration à une partie aventure/exploration/puzzle qui se démarque clairement. Pour 40 euros, avec une durée de vie bien supérieure à la dizaine d’heures, Eriksholm The Stolen Dream est assurément l’une des productions de l’été à ne pas louper, et je ne serais pas étonné de le voir figurer dans ma liste des meilleurs jeux de l’année d’ici décembre, tant j’ai apprécié y jouer.

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