Cela faisait un moment qu’on l’attendait et j’avoue qu’après la première prise en main l’an dernier, je l’attendais de pied ferme et pour la faire courte : j’ai accroché, déjà pour son gameplay et surtout pour ce duo et l’iconique petite Diana ! Pragmata est une claque !
Pragmata s’inscrit dans un décor sci-fi, où l’exploration d’une station lunaire d’une unité spatiale devient le théâtre central d’une aventure de survie vécue au travers d’un binôme composé de l’un des seuls survivants de l’unité et d’une jeune IA à la forme humaine rencontrée par surprise dans les décombres : une identité bien marquée, et une ambiance particulière réussie. Entre isolement total imposé par cette station sans vie en orbite, et le gameplay basé sur un mélange de shooter TPS / hacking, la formule surprend, fédère et impose un bilan plus que positif.
Et pourtant Pragmata revient de loin. Son annonce lors d’un State of Play PlayStation en 2020, des sorties pressenties en 2022 puis 2023, un « silence » radio jusqu’en 2025 avec un « 2026 » en fin de trailer pour au final même voir sa sortie avancée d’une semaine, passant du 24 au 27 avril ! Et si l’expérience nous a déjà montré qu’un jeu ayant des péripéties de la sorte ne finissait jamais (rarement) sur une note positive… Pragmata est l’exemple parfait que quand les équipes se donnent à fond, l’attente en devient plus que justifiée.
Une mission banale
Le joueur incarne Hugh Williams, un astronaute envoyé sur une méga station orbitale, dans le cadre d’une mission banale. Cette station n’abrite pas de vie mais de nombreux droïdes automates, une sorte de main-d’œuvre à la pointe de la techno, capable de remplir d’innombrables rôles et activités ingrates, remplaçant les humains pour ce travail à la chaîne par exemple, mais peu de temps après l’arrivée, un évènement inattendu se produit, avec un grave accident où Hugh se retrouve seul, isolé, après une chute vertigineuse et c’est là qu’il fait la rencontre d’une petite fille, un enfant elle aussi seule, qui se présente comme étant une Pragmata, IA à l’apparence humaine, de haute technologie.

Forcément, ce qui nous interpelle c’est de savoir ce que fait un enfant / robot à forme humaine, seule, ici… qui est-elle vraiment ? pourquoi est-elle là ? que fait-elle ici ? Tant de questions, parmi tant d’autres, apparaissent sans le moindre répit, et là c’est le drame car un des automates de la base nous prend pour cible et nous attaque. Pourquoi ces bots deviennent-ils vindicatifs ? Et le pire est que notre arme est sans effet sur eux ! Par chance, Diana possède des talents innés lui permettant de rompre les défenses hors pair des droïdes agressifs, rendant nos armes efficaces !
Une simple mission d’inspection devient très rapidement un voyage périlleux, où notre survie est mise à mal. Hugh se lance dans une aventure avec sa nouvelle coéquipière de choc avec comme mission de réussir à initier à nouveau un contact avec la Terre mais notre nouveau duo improbable n’est pas au bout de ses peines avec de nombreuses menaces qui se dressent sur leur route, devant tout d’abord remettre le courant en marche, pour débloquer l’accès à la seconde section où se trouverait la tour relais, et ainsi de suite.
Pragmata de haute technologie
Très vite, on comprend que Diana est plus qu’un élément narratif, mais aussi plus qu’une mécanique de gameplay. Il y a tout un mystère, épais, autour de cette petite personne, elle est une entité autonome, qui interagit avec tout ce qui l’entoure, elle est 50 % de notre « personnage ». Elle a un réel intérêt dans l’histoire, elle trouve sa place dans la narration mais aussi sur le terrain où elle nous sert de boussole via son sonar, elle déverrouille des serrures électroniques, casse les boucliers des robots de combat et ainsi de suite. Pragmata, sans Diana, ce ne serait pas Pragmata. La rencontre entre les deux protagonistes se fait brutalement, sans préparation, c’est du direct, franc, et c’est là le vrai point de départ de l’expérience, dont l’ensemble repose sur la complémentarité entre Hugh et notre IA.

Et toute la forme repose autour de cette dualité : Hugh est la « locomotive », celui qui se déplace, détruit des caisses, tire, grimpe, se bat, alors que Diana intervient dans une couche parallèle en piratant, débloquant, déchiffrant, réactivant des systèmes informatiques etc. Et tout le gameplay tourne autour de voir comment l’un peut compléter l’autre, qui doit agir en premier, qui doit maintenir une action, il y a des cas réguliers où il faut réussir à combiner les deux capacités en même temps. Cela nous crée un subtil mélange entre exploration, action, et puzzle, où chaque avatar trouve sa place dans l’équation. En ciblant l’adversaire, une grille de taille variable apparaît. Il y apparaît notre curseur actuel, la porte de sortie.
Hacking
Chaque bouton du pad permet de déplacer le curseur (haut, bas, gauche, droite) dont l’objectif est de l’amener sur la sortie pour initier le piratage : effet immédiat, l’adversaire prend quelques dégâts en one shot mais surtout il devient sensible à nos tirs. On trouve différentes cases colorées pour améliorer les dégâts générés par le hacking, et parfois des cases jaunes qui boostent encore les dégâts avec un multiplicateur, voire la possibilité de hacker plusieurs cibles proches en un seul coup et ainsi de suite.
Mais pendant qu’on se focalise sur le piratage effectué par Diana, la vie ne s’arrête pas : les ennemis nous ciblent, les dégâts de zone ne sont pas loin, et ainsi de suite. Il est donc nécessaire de garder un œil sur l’environnement pour continuer à avancer, passer au-dessus d’obstacles, esquiver des attaques et ainsi de suite. La base est solide, prenante, et le tout s’agrémente et gagne en profondeur avec les nouvelles armes acquises au fil de l’eau, les nouvelles cases pour altérer le piratage et ainsi de suite. Si j’avais la crainte que cela soit redondant sur la durée, cela s’est très vite effacé avec une certaine richesse et variété dans l’offre.
À de nombreuses reprises, on débloque un TP pour retourner à notre hub central où sont disponibles plusieurs mécaniques comme celle permettant, contre composants récoltés durant l’aventure, d’augmenter notre résistance, les dégâts des armes, ou du piratage, de débloquer les plans des armes lootés en cours de route, de nouvelles compétences (effets passifs par exemple), l’esquive parfaite et j’en passe. C’est aussi un moment où on accède aux défis chronométrés donnant un peu de variété au jeu par exemple.
Délice 2026
La formule fonctionne à merveille, c’est bien rythmé, les environnements sont variés (cela me faisait un peu peur en étant confiné à cette station mais n’ayez crainte, c’est top), avec un bestiaire travaillé, des boss épiques pour certains avec des mécaniques fraîches, originales, venant encore se greffer à cette formule déjà robuste mais surtout, l’écriture globale m’a paru plus que solide et j’ai un vrai coup de cœur pour Diana. Elle me rappelle ma fille de 6 ans, avec la même curiosité, innocence, les mêmes mimiques, la même vie. J’ai trouvé ce personnage si touchant, si humain, et on voit bien que Hugh, surpris au début, voyant en elle une solution pour avancer et pas forcément plus, change son regard et lui aussi s’attache à cette IA.
Si les premiers instants présentent cette cohabitation comme forcée, non désirée, la situation évolue progressivement pour devenir une vraie équipe ! Leur lien, d’abord périphérique, en devient même l’un des sujets centraux du périple. En tout cas, j’ai adoré ce duo, la façon dont ils trouvent leur manière d’avancer ensemble, et les liens qui se tissent entre eux. Je le redis, Pragmata, sans cette Diana, il n’aurait pas la même saveur.
































RE Engine, encore
D’un point de vue visuel, sur PC, Pragmata envoie du lourd entre sa direction artistique solide mais surtout sa technique XXL. En activant toutes les options au max, Path Tracing et Ray Tracing inclus, il faut une sacrée config mais le rendu est costaud. Sur ma 4070 Ti, en combinant le preset « maxi », au DLSS Quality (avec framegen), le compteur s’approche des 60 fps en 4K, et dépasse les 80 (proche de 90) en 1440p. C’est dans cette config que j’ai fait 75 % du jeu profitant de textures propres, d’effets de lumière / ombres / reflets extra et d’une fluidité à toute épreuve.
Comme Resident Evil Requiem il y a peu, c’est une petite claque que je me suis prise. Et quid du ROG Ally X ? Au preset maximal (sans ray / path par contre), en 1080p, avec FSR Quality et AMD Framegen, le compteur fps descend rarement sous les 50 fps et chatouille les 60 ! La couche audio enfonce le clou avec une OST sobre mais propre, et un doublage intégral disponible dans plusieurs langues.
Je ne pense pas que j’ai besoin d’insister davantage, je pense que vous avez compris que j’ai adoré Pragmata, déjà pour son duo de choc, le lien qui se tisse et évolue entre eux, la technique XXL aussi bien sur PC que mon ROG, mais aussi le gameplay et la recette globale. Ce mélange de shooter et la partie hacking, la richesse des mécaniques, l’arsenal évolutif, améliorable, ayant forces et faiblesses pour chaque pétoire et cette feature piratage qui ne cesse d’évoluer. J’aime toujours voir de nouvelles IP débarquer sur la scène, et si l’attente fut longue pour Pragmata, cela valait clairement le coup. Capcom ne cesse d’enchaîner les cartons et se positionne clairement à mes yeux comme l’un des studios / éditeurs phares de ces derniers mois et même dernières années. Rien que cette année on a déjà eu MH Stories 3 et RE Requiem en plus de Pragmata ! Et cela parle d’Onimusha encore pour 2026!
Quelques pics de Pragmata sur ROG Ally X pour finir.



















