12 octobre 2026

Avis Resident Evil 2, 3 et 4 Remake : trois classiques de l’horreur réunis sur Nintendo Switch 2

Capcom poursuit le déploiement de sa task force Resident Evil sur Switch 2 avec l’arrivée des remakes des opus numérotés 2, 3 et 4. Trois titres emblématiques, trois approches différentes du survival horror et autant de revisites qui ont marqué leur époque. Après les arrivées récentes de Resident Evil 7, Village et Requiem, cette nouvelle vague permet de retrouver toute une partie essentielle de la saga sur la petite dernière de Nintendo. Le résultat se montre des plus convaincants, avec trois adaptations solides, malgré quelques petites concessions techniques plus visibles sur RE4.

Capcom continue d’enrichir le catalogue de la Nintendo Switch 2 avec ses productions majeures. L’éditeur japonais poursuit sur sa lancée avec l’arrivée de trois remakes couvrant une période particulièrement importante de la licence. L’occasion de revenir sur des épisodes qui ont contribué à faire évoluer le survival horror et à faire grandir Resident Evil, mais également sur le travail réalisé pour leur offrir une seconde jeunesse.

Seconde brique

C’est en 1998, sur la première PlayStation, que Resident Evil 2 apparaît pour la première fois. L’histoire nous conduit à Raccoon City, frappée par une épidémie transformant ses habitants en zombies. Leon Kennedy, jeune policier venant de prendre ses fonctions, et Claire Redfield, partie retrouver son frère Chris, se retrouvent tous deux plongés dans cette catastrophe. Le remake de 2019 reprend cette aventure en reconstruisant intégralement ses environnements grâce au RE Engine et en adoptant notamment une caméra à l’épaule, sans sacrifier son identité survival horror. Les munitions restent précieuses, les ennemis toujours aussi résistants et l’exploration conserve une place prépondérante.

Le commissariat bénéficie d’une refonte remarquable, avec de nouveaux raccourcis, des énigmes et des passages à débloquer progressivement. La présence de Mr. X, l’imposant Tyrant capable de nous poursuivre dans une grande partie du bâtiment, renforce considérablement la tension. Ses déplacements nous obligent à improviser et à modifier régulièrement nos itinéraires, même si cette mécanique peut parfois devenir frustrante sur la durée. Tout n’est cependant pas parfait. Les campagnes de Leon et Claire partagent de nombreux passages et le système de scénarios alternatifs perd une partie de sa complémentarité avec l’arrivée du remake. Certaines incohérences narratives subsistent, tandis que la seconde moitié de l’aventure se montre un peu moins marquante que l’exploration du commissariat. Malgré cela, Resident Evil 2 Remake conserve une atmosphère remarquable, des éclairages travaillés et une excellente spatialisation sonore, avec des affrontements particulièrement brutaux.

Jill, le retour

Un an plus tard, Resident Evil 3 : Nemesis nous ramène une nouvelle fois au cœur des événements de Raccoon City. Cette fois, nous retrouvons Jill Valentine, l’une des survivantes du manoir Spencer du premier opus, qui cherche à quitter la ville avant sa destruction. Cependant, Umbrella lance à ses trousses une arme biologique particulièrement dangereuse, Nemesis, programmée pour éliminer les membres des S.T.A.R.S. Déjà plus orienté action que son prédécesseur, Resident Evil 3 bénéficie en 2020 d’un remake accentuant encore un peu plus cette philosophie. Les affrontements deviennent plus nerveux, les séquences spectaculaires se multiplient et, surtout, l’esquive devient une mécanique essentielle. Jill profite d’animations plus souples, tandis que Carlos Oliveira occupe une place un peu plus importante.

La réalisation bénéficie elle aussi du passage au RE Engine, avec une ville particulièrement réussie, des éclairages travaillés et de nombreux effets pyrotechniques. Les courses-poursuites avec Nemesis renforcent encore ce sentiment d’urgence, même si leur mise en scène apparaît parfois plus dirigiste que lors de nos rencontres avec Mr. X. C’est surtout sur son contenu que Resident Evil 3 divise. Plusieurs passages de l’original disparaissent, notamment le beffroi, tandis que d’autres sont profondément remaniés. L’aventure ne propose qu’une campagne et une seule fin, avec une durée de vie particulièrement courte. Lors de notre test initial du remake, quatre heures m’avaient suffi pour atteindre le générique en prenant mon temps. Les difficultés supplémentaires et les défis apportent certes un peu de rejouabilité, sans totalement compenser les coupes effectuées dans le contenu historique.

Orientation action

En 2005, Resident Evil 4 marque une rupture majeure. Leon Kennedy fait son retour, désormais agent spécial chargé de retrouver Ashley Graham, la fille du président américain, dans une région rurale espagnole contrôlée par une secte nommée Los Illuminados. Capcom abandonne alors les caméras fixes au profit d’une véritable vue derrière l’épaule, transformant profondément le gameplay. Son remake, sorti en 2023, conserve cette orientation très action, tout en modernisant ses mécaniques et en renforçant un peu plus sa dimension horrifique. Leon gagne en mobilité et dispose surtout d’un couteau beaucoup plus polyvalent, lui permettant de parer certaines attaques, mais également d’éliminer discrètement un adversaire.

Le level design évolue, particulièrement dans le château, tandis que l’écriture gagne en maturité. Les personnages sont bien plus développés et l’ambiance devient surtout beaucoup plus sombre, portée par des éclairages remarquables et une excellente partie sonore. Les affrontements restent nombreux et variés, avec une campagne bien plus longue que celle de RE3. La version Gold aujourd’hui disponible comprend également le DLC Separate Ways, une extension entièrement consacrée à l’indémodable Ada Wong. Son scénario complète plusieurs éléments narratifs du jeu principal, tandis que son grappin lui apporte davantage de verticalité et surtout de nouvelles options en combat. Le système IRIS ajoute quelques séquences d’investigation. Une campagne complémentaire particulièrement réussie, qui corrige l’une des principales absences relevées lors de la sortie initiale du remake.

Nouveau support

Sur Nintendo Switch 2, ces trois jeux bénéficient d’une adaptation native, contrairement aux anciennes versions cloud proposées sur la première Switch. Resident Evil 2 s’en sort particulièrement bien, avec une réalisation convaincante, des environnements détaillés et surtout une ambiance lumineuse fidèle aux précédentes versions. La fluidité se montre satisfaisante, aussi bien pendant l’exploration que les combats, sans ralentissements majeurs venant perturber l’expérience. Resident Evil 3 profite d’un résultat comparable, avec une ville de Raccoon City qui conserve une grande partie de ses qualités visuelles, tandis que les poursuites face à Nemesis et les nombreuses explosions ne compromettent jamais la fluidité. Quelques très légères concessions apparaissent sur certains détails graphiques, notamment le rendu des cheveux et la finesse de certains éléments, mais elles restent relativement discrètes dans le feu de l’action. Des différences que l’on relève surtout en cherchant à comparer précisément les versions.

Resident Evil 4 représente logiquement le portage le plus exigeant du trio, étant le plus récent et surtout le plus ambitieux techniquement. Il affiche quelques concessions davantage perceptibles, notamment une image légèrement moins nette, une reconstruction visuelle parfois plus visible sur les détails fins, ou encore certaines ombres et textures qui perdent légèrement en précision. Cependant, le mode portable constitue l’un des principaux intérêts de ces adaptations et l’écran de la Switch 2 atténue ces concessions graphiques. En mode docké, les différences de netteté deviennent un peu plus visibles, mais rien d’alarmant non plus. La visée gyroscopique apporte une alternative aux commandes traditionnelles, même si elle nécessite quelques réglages pour trouver une sensibilité convenable.

Les remakes de Resident Evil 2, 3 et 4 trouvent une place cohérente dans le catalogue de la Nintendo Switch 2. Les deux premiers bénéficient d’adaptations particulièrement convaincantes, tandis que Resident Evil 4 demande quelques petites concessions graphiques, sans sacrifier l’essentiel de son expérience. Les trois jeux conservent leur identité historique et leurs défauts, avec un contenu particulièrement généreux pour le quatrième lorsqu’on prend en compte Separate Ways. Capcom nous propose ici trois versions portables solides de ces remakes, permettant de profiter pleinement de ces aventures dans de superbes conditions sur Switch 2. L’éditeur signe une nouvelle fois des productions soignées, stables et efficaces sur la nouvelle console de Nintendo.

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