Capcom, le studio en forme du moment, continue ses travaux sur Switch 2 avec le retour d’une licence iconique chez Nintendo au travers de Devil May Cry 5. On a bien eu sur la première Switch les premiers opus en portage, mais il manquait un épisode récent chez Nintendo et c’est désormais chose faite. Avec son gameplay léché, son contenu dantesque (pour le jeu de mot, j’en suis fier), sa formule solide et une technique convaincante, Dante et Nero font un retour fracassant !
Voilà un an (un peu plus) que la Switch 2 est disponible, et si je devais désigner un tiers qui sortirait du lot, ce serait sans hésiter Capcom. Le studio enchaine avec des arrivées cette année en day one (RE Requiem, Monster Hunter Stories 3, Pragmata), et d’autres à venir (Onimusha). Les portages se sont succédé (RE 7 et Village, Kunitsu, Street Fighter 6) alors que d’autres arrivent (MH Wilds). Et c’est sans compter de nouvelles éditions, genre de GOTY ++, à venir (Dragon’s Dogma II Dark Arisen). Capcom semble considérer la Switch 2 comme l’un de ses terrains de jeu majeurs, auquel s’ajoute désormais Devil May Cry 5. Si on pouvait percevoir la Switch 1 comme une console qui ne récupérait qu’une petite partie, infime, du catalogue, la Switch 2 apparaît plutôt comme un vrai maillon fort, principal, de l’éditeur dans une stratégie de pure multi plateforme et surtout autour de sorties simultanées. C’est dans ce contexte qu’arrivent les dernières péripéties de Dante et Nero sur la petite dernière de Nintendo.
RE Engine au rapport
Le moteur maison, le RE Engine, devient l’un des éléments phares de cette stratégie et surtout l’un des outils garants de la qualité de ces sorties Switch 2. Le moteur a prouvé sur plusieurs générations ses capacités, et la multitude de projets sur une gamme aussi large de machines démontre sa flexibilité et son niveau de maîtrise pour s’adapter à différents scénarios. L’arrivée de Devil May Cry 5 permet à la Switch 2 de compter dans son catalogue l’un des gros beat’em up modernes. Il y a bien Bayonetta 3 qui a vu son framerate débloqué, mais en termes de productions optimisées Switch 2, DMC fait un peu cavalier seul à ce jour, en plus de proposer un titre jusqu’alors indisponible chez Nintendo. Le contexte dépasse donc le simple portage d’un jeu existant sur cette nouvelle machine pour renforcer une catégorie encore peu représentée dans des versions pensées et optimisées pour la Switch 2.
Le cœur de l’expérience reste fidèle à la formule découverte sur PS4 / Xbox puis sur PS5 / Xbox Series. Dante, Nero et V proposent chacun une approche différente en termes de gameplay et de combat. Dante conserve sa dimension assez stratégique et technique grâce à ses nombreux styles et son arsenal, alors que Nero repose davantage sur son agressivité et ses bras mécaniques versatiles. Enfin, V se focalise sur l’utilisation d’invocations démoniaques particulièrement efficaces pour vaincre les hordes d’ennemis qui se dressent sur sa route. L’ensemble est solide, dynamique, avec une montée progressive de nos possibilités et capacités à en découdre. Manette en main, c’est un plaisir non stop, c’est explosif, frénétique, mais tout aussi technique pour maintenir les rangs maxi et scorer à blinde.
Un univers démoniaque
La narration débute lorsqu’un tout nouvel ennemi particulièrement puissant apparaît et provoque une catastrophe à grande échelle au travers d’un immense arbre démoniaque qui absorbe toute trace de vie humaine en se développant. Dante, le protagoniste historique de la licence, part affronter ce nouvel ennemi seul, mais les choses dérapent rapidement. Dante disparaît, laissant Nero et V seuls pour gérer cette crise, comprendre ce qui se cache derrière cette menace et sauver le monde. Le récit mêle une histoire relativement prenante, des affrontements à la mise en scène spectaculaire et des liens qui se dévoilent en faisant la connexion avec les autres opus de la licence. Sans avoir joué aux précédents DMC, il est tout à fait possible de se lancer dans le 5 et de suivre l’essentiel de l’intrigue, mais forcément le jeu semble débuter de but en blanc, avec des personnages que l’on ne connaît pas outre mesure, des liens subtils qui nous échappent ou des événements mentionnés auxquels on pourrait ne pas prêter attention. Faisable mais préférable d’avoir une petite base pour bien tout saisir.






Bien que Devil May Cry 5 soit issu de la génération PS4 / Xbox One, c’est une véritable surprise de le voir performer de la sorte sur Switch 2 : la définition d’affichage est élevée, le framerate de 60 fps est régulier et stable (et plus si vous avez une config 120hz compatible), et la qualité globale de ce que l’écran nous affiche est bonne, que ce soit en dock ou en nomade. Pour un titre orienté action où la réactivité est vitale pour survivre, avoir le droit à des performances élevées est toujours appréciable, et je dirais même essentiel. Concernant la qualité visuelle propre, l’utilisation du DLSS combinée à ce RE Engine diablement maîtrisé permet d’avoir un rendu moderne et une image propre, nette et sans (presque) bavure. On est un cran au-dessous des versions PS5 / Xbox Series en termes de qualité brute, mais j’approuve à 200 % le choix d’avoir privilégié le framerate quitte à sacrifier un peu de qualité pour maintenir ce sacro-saint 60 fps mini! Il y a bien l’un ou l’autre passage où l’on sent que la Switch 2 est un peu à l’étroit pour coupler qualité visuelle et fluidité, mais cela reste vraiment léger et peu fréquent.
Version Definitive ? Pas tout à fait.
Cette édition Switch 2 intègre pas mal de contenu additionnel historique comme Vergil jouable d’entrée de jeu, des musiques des anciens Devil May Cry, des éléments cosmétiques et j’en passe. Par contre, les Turbo Mode et Legendary Dark Knight Mode sont absents, éléments pourtant importants de la Special Edition sortie sur PS5 / Series justement.
Quoi qu’il en soit, Devil May Cry 5 Devil Hunter Edition permet de découvrir un beat’em up très solide dans des conditions optimales sur Switch 2, un genre finalement peu représenté sur la dernière console de Nintendo dans des versions dédiées et optimisées. Le gameplay n’a pas pris une ride, c’est toujours le même plaisir de se replonger dans cet univers et même si j’aurais apprécié avoir une sorte d’édition GOTY, Devil May Cry 5 Devil Hunter Edition vaut clairement le détour d’autant que son petit prix (39,99 euros, et en promo jusqu’au 7/7 à 29,99 euros) est clairement un plus. Un nouveau titre Capcom qui brille sur Switch 2, un !